Aller au contenu
§ 02 · Moteur

Le OM 617 — le cinq-cylindres Diesel légendaire de la 300 D

Mercedes-Benz W123 · 1976–1986 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une architecture inhabituelle née d'un besoin fiscal et pratique

Le OM 617 est un Diesel à cinq cylindres en ligne, une configuration rare dans l'automobile de l'époque, choisie par Mercedes-Benz pour obtenir un moteur intermédiaire entre le quatre-cylindres OM 616 et un hypothétique six-cylindres trop lourd et trop cher pour ce segment. Sa cylindrée initiale de 3 005 cm³ développe 80 ch à 4 000 tr/min sur la 300 D lancée en 1975 ; en septembre 1979, Mercedes-Benz réduit très légèrement l'alésage du bloc (-0,1 mm) pour ramener la cylindrée à 2 998 cm³, sous le seuil des 3 000 cm³ à partir duquel s'appliquait une taxation plus lourde dans plusieurs pays européens — la puissance en profite au passage pour grimper à 88 ch (85 ch pour les versions coupé, berline et break vendues aux États-Unis).

Un son et une identité reconnaissables entre tous

Le déséquilibre inhérent à une architecture à cinq cylindres produit une sonorité et des vibrations très caractéristiques, immédiatement identifiables par les amateurs — un « bruit de diesel » devenu quasiment une signature sonore de la marque à cette époque, au point d'être cité comme un critère d'achat à part entière par une partie des passionnés actuels.

Les raisons techniques d'une fiabilité devenue proverbiale

Plusieurs choix de conception concourent à expliquer pourquoi le OM 617 est aujourd'hui considéré par une large partie de la presse spécialisée et des mécaniciens comme l'un des moteurs Diesel les plus fiables jamais produits en grande série :

  • Distribution par chaîne double rangée (et non par courroie) : l'entraînement par chaîne, plus coûteux à produire mais bien plus résistant à l'usure et à la rupture qu'une courroie crantée, est identifié comme l'un des facteurs déterminants de sa longévité exceptionnelle.
  • Simplicité mécanique volontaire : arbre à cames en tête unique (SACT/SOHC), absence de distribution variable ou de tout dispositif électronique complexe pouvant constituer un point de défaillance.
  • Surdimensionnement structurel (« over-engineering ») : bloc en fonte épaisse, pièces internes forgées plutôt que coulées, avec des marges de résistance mécanique très supérieures à ce qu'exigeait strictement la puissance délivrée.
  • Injection mécanique (pompe à injection en ligne, sans électronique de gestion moteur), insensible aux pannes électriques et réputée pour sa durabilité propre.

La combinaison de ces choix permet couramment au OM 617 de dépasser le million de kilomètres sans intervention lourde sur le bas moteur, à condition d'un entretien régulier (vidanges fréquentes, qualité du gazole) — une performance rarissime pour un moteur de cette époque, essence ou Diesel.

Le moteur de tous les records

C'est très directement grâce au OM 617 (et à son petit frère quatre-cylindres OM 616) que la W123 doit sa réputation mondiale de longévité extrême, entretenue par plusieurs records documentés de kilométrage atteints par des exemplaires utilisés en taxi de façon intensive pendant des décennies — voir La légende de longévité de la W123 — le taxi qui ne meurt jamais et Grigorios Sachinidis et sa 240 D — 4,6 millions de kilomètres à Thessalonique pour le détail de ces cas emblématiques.

Une version suralimentée pionnière

À partir de septembre 1979, le OM 617 sert également de base à la première version turbocompressée montée sur un break de série au monde (300 TD Turbodiesel) — l'architecture avait été inaugurée un peu plus tôt sur la 300 SD (Classe S W116) réservée aux marchés nord-américain et japonais. Le détail de cette évolution fait l'objet d'une fiche séparée : Le OM 617 Turbodiesel — 300 D/TD/CD Turbo, une carrière tournée vers l'export.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
classicmercedesparts.co.uk
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci