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§ 07 · Carrosserie

Les pare-chocs « caoutchouc » de 1974-1975 — anatomie technique d'une mise en conformité forcée

MG B · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Aucune évolution de la carrière de la MGB n'a suscité autant de commentaires, de moqueries et, plus tard, de réhabilitations que le nouveau nez adopté à partir de 1974-1975 pour continuer à être vendue aux États-Unis. Cette fiche en retrace le déroulement technique et chronologique précis ; le débat communautaire qu'elle a suscité — purisme esthétique contre nécessité réglementaire — fait l'objet d'une fiche dédiée, Le débat « rubber bumper » — purisme esthétique contre nécessité réglementaire, un débat non tranché, et d'un statut « débat non tranché » dans sources/verification-croisee.md.

Le contexte réglementaire américain

À partir de 1973, la réglementation fédérale américaine impose aux pare-chocs de résister sans dommage à un choc frontal à 8 km/h (5 mph) et arrière à 4 km/h (2,5 mph) ; dès l'année suivante, l'exigence est portée à 8 km/h à l'avant comme à l'arrière, et en 1975, les pare-chocs doivent absorber ce choc sans le moindre dommage à la structure de caisse — une exigence redoutable pour une architecture de caisse conçue plus de dix ans auparavant, bien avant que ces normes n'existent seulement à l'état de projet.

L'étape intermédiaire des « Sabrina » (début 1974)

Face à l'urgence, Abingdon opte d'abord pour une solution transitoire : dès le début de l'année 1974, d'imposants blocs de caoutchouc noir chanfreinés sont boulonnés sur les pare-chocs chromés existants, en lieu et place des surtouts (« overriders ») d'origine. Ces pièces reçoivent rapidement le surnom de « Sabrina », en référence à une actrice britannique des années 1950 réputée pour sa plastique généreuse — un trait d'humour de l'époque qui a traversé les décennies dans le vocabulaire des passionnés. Cette solution provisoire, souvent désignée par les collectionneurs sous l'appellation de millésime « 74,5 », tient jusqu'à l'arrivée de la norme définitive de 1975.

La refonte complète de la fin 1974

Dans le courant du second semestre 1974, les pare-chocs chromés disparaissent entièrement, remplacés par un ensemble entièrement nouveau à l'avant comme à l'arrière : une structure en acier renforcé, dimensionnée pour absorber effectivement le choc réglementaire, habillée d'une coque en polyuréthane moulé noir mat intégrant également la zone de calandre à l'avant (les indicateurs de direction étant eux aussi repris dans cet ensemble). Contrairement à ce que suggère leur surnom, ces pare-chocs ne sont donc jamais en caoutchouc à proprement parler, mais bien en polyuréthane rigide dissimulant une ossature métallique porteuse — une confusion sémantique restée durablement attachée à cette génération de MGB.

Cette nouvelle protection ajoute, selon les estimations disponibles, environ 32 kg au poids de la voiture, et environ 13 cm à sa longueur hors tout. Pour respecter par ailleurs les nouvelles normes américaines de hauteur minimale des phares, la caisse elle-même est rehaussée d'environ 25 mm — une conséquence mécanique aux effets plus durables que l'esthétique des pare-chocs eux-mêmes sur le comportement routier de la voiture (voir Suspension et direction de la MGB — de l'essieu Hotchkiss à la caisse rehaussée de 1974).

Une solution jugée honorable par la profession... en habillage noir uniquement

Selon l'ingénieur carrosserie d'Abingdon Jim O'Neill, qui supervise ce développement (contrairement à la calandre encastrée de 1970, imposée par la direction British Leyland — voir La caisse monocoque de la MGB — conception, aluminium abandonné et évolutions de calandre —, cette fois-ci le projet reste piloté par Abingdon elle-même), la solution retenue reste techniquement supérieure aux énormes pare-chocs en acier chromé apparus à la même époque sur de nombreuses voitures américaines. Un projet de peindre ces pare-chocs dans la teinte de caisse — à la manière des boucliers « Elastometric » utilisés par Chrysler sur les Plymouth Barracuda et Dodge Challenger de 1970-1974 — est étudié par Abingdon, mais aucune peinture suffisamment flexible et durable n'est identifiée à temps ; seul un projet de restylage plus ambitieux, l'ADO76 (voir Les remplaçantes avortées de la MGB — EX234, ADO21 et ADO76), aurait permis des teintes assorties, mais il ne verra jamais le jour.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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