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§ 04 · Moteur

Le moteur Tritec — une coentreprise industrielle inattendue entre BMW et Chrysler

MINI moderne — BMW (R50 à F56/J01, 2001-2026) · 2001–2026 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

L'un des faits les moins connus du grand public sur la première génération de Mini moderne est que son moteur n'a jamais été un produit BMW à proprement parler : le quatre cylindres qui équipe les R50 et R53 de 2001 à 2006 naît d'une coentreprise conclue en 1997 entre le constructeur américain Chrysler Corporation et le Rover Group, alors filiale de BMW — soit trois ans avant même que BMW ne se sépare de Rover. La structure commune ainsi créée, baptisée Tritec Motors, construit dès 1998 une usine entièrement nouvelle à Campo Largo, dans l'agglomération de Curitiba (État du Paraná, Brésil), d'une surface de 40 000 m² et dimensionnée pour une capacité annuelle pouvant atteindre 400 000 moteurs.

L'origine du nom « Tritec »

Le nom Tritec n'est pas un simple néologisme marketing : il désigne littéralement l'union de trois pays impliqués dans le projet — l'Allemagne (BMW, alors maison mère de Rover), le Royaume-Uni (Rover, où le moteur devait initialement être assemblé) et le Brésil (site de fabrication effectif). Le moteur porte également, de façon moins répandue, le nom de code interne « Pentagon ».

BMW hérite seul du moteur lors du démantèlement de Rover (2000)

Lorsque BMW se sépare de la majeure partie de Rover Group en 2000 (voir Le démantèlement de Rover Group en 2000 — Phoenix, Ford et BMW se partagent l'héritage), la participation dans Tritec Motors — contractée à l'origine par Rover et non par BMW directement — reste logiquement entre les mains de BMW, puisque le moteur continue d'équiper exclusivement la gamme Mini que le groupe allemand vient de conserver. Cette situation crée une configuration industrielle singulière : pendant plusieurs années, le moteur qui anime la voiture la plus emblématique de BMW est coproduit avec un rival direct de l'industrie automobile américaine.

Une critique interne persistante sur la modernité du moteur

Selon les propos rapportés par la publication professionnelle Ward's Auto, un responsable de BMW, Erich Sonntag, qualifiait ouvertement le Tritec de conception dépassée, peu convaincante en fonctionnement, en performance comme en consommation. Le constat n'est pas nouveau pour les ingénieurs de l'ex-Rover Group ayant travaillé sur le projet : ceux-ci auraient préféré, dès l'origine, utiliser le moteur maison K-Series de Rover — plus ancien mais aux performances et à la consommation comparables, déjà amorti en recherche et développement, et produit dans une usine directement voisine de la future chaîne de montage Mini à Longbridge — un choix finalement écarté au profit de la solution Tritec.

La fin de la coentreprise (2007)

En 2007, BMW cède sa participation de 50 % dans Tritec Motors à DaimlerChrysler et met un terme à son contrat d'approvisionnement en moteurs Tritec, leur préférant désormais le tout nouveau moteur Prince développé avec PSA Peugeot Citroën (voir Le moteur Prince — la coentreprise franco-allemande entre BMW et PSA Peugeot Citroën). L'usine de Curitiba, dont la production annuelle avait atteint environ 200 000 unités en 2006, cesse la fabrication du Tritec en juin 2007. En mars 2008, Fiat Powertrain Technologies rachète le site et les licences de fabrication pour 83 millions d'euros, avant d'y développer dès 2010 son propre moteur maison, l'E.torQ.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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