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§ 12 · Culture documentation

La Plymouth Duster (1970) — le succès commercial que la Barracuda n'a jamais connu, sur une recette quasi identique

Plymouth Barracuda · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une même idée, appliquée six ans plus tard avec un tout autre résultat

En 1970, alors que Plymouth mise l'essentiel de ses ambitions sportives sur la toute nouvelle 'Cuda E-body (voir La troisième génération (1970) — naissance de l'E-body, une plateforme B raccourcie et élargie pour loger les gros blocs), la division lance en parallèle, sur la base compacte Valiant, un tout autre modèle appelé à connaître un destin commercial radicalement opposé : la Plymouth Duster. Ate Up With Motor souligne l'ironie de la situation : la recette de la Duster (une carrosserie fastback sportive greffée sur la compacte Valiant existante, pour un budget de développement minimal) est presque exactement celle qui avait présidé à la naissance de la toute première Barracuda en 1964 (voir Une genèse dans l'urgence — comment Chrysler-Plymouth a réagi aux rumeurs du projet Mustang) — à la différence près que la Duster réussit, commercialement, précisément là où la Barracuda avait échoué six ans plus tôt.

Un projet mené en six semaines, dans le dos de la hiérarchie

Le projet naît de l'initiative du responsable produit A-body Gene Weiss, qui obtient un budget de seulement 15 millions de dollars — insuffisant, selon les standards habituels de Détroit, pour un remaniement de carrosserie ambitieux. Weiss confie le nouveau toit semi-fastback au styliste Neil Walling (sous la supervision de Milt Antonick, déjà crédité de la première et de la deuxième génération de Barracuda, voir Antonick, Herlitz, Samsen — une paternité stylistique partagée entre trois générations), et doit même, selon Ate Up With Motor, recourir à une forme de subterfuge pour obtenir l'aide technique nécessaire de l'ingénieur John Worthy — ce dernier n'étant informé qu'après coup qu'il travaillait sur un authentique projet de série plutôt que sur une simple étude de style. Le nom « Duster » lui-même est proposé par l'agence de publicité Young & Rubicam, après que deux autres pistes de licence (un « C.K. » façon Superman, puis un partenariat avec le personnage de dessin animé du Diable de Tasmanie) ont été écartées, la seconde pour des raisons de coût de licence jugé excessif par la direction.

Un carton commercial qui dépasse toutes les attentes

Selon Ate Up With Motor, la Duster s'écoule à 217 192 exemplaires dès sa première année de commercialisation en 1970 — un chiffre qui, à lui seul, dépasse le total cumulé de toutes les Barracuda vendues entre 1964 et 1967, et qui surclasse la Mustang de la même année de près de 20 000 unités, tout en vendant environ quatre fois plus que la toute nouvelle 'Cuda E-body sur ce même millésime. Les ventes totales de la lignée Duster, jusqu'à la fin de la plateforme A-body en 1976, atteignent 1 328 377 exemplaires selon la même source.

Un nom réutilisé bien après la fin de la Barracuda elle-même

Le nom Duster survit d'ailleurs largement à la disparition de la Barracuda en 1974 (voir Fin de production le 1er avril 1974 — dix ans jour pour jour après le lancement, et un projet 1975 sabordé) : il est repris comme simple option d'habillage sur la Plymouth Volaré jusqu'en 1980, puis brièvement ressuscité entre 1992 et 1994 sur une version sportive de la Plymouth Sundance à moteur V6 Mitsubishi — deux réincarnations bien plus tardives et discrètes que le succès fulgurant du modèle original de 1970.

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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