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§ 02 · Moteur

Le lent étiolement des motorisations, 1971-1980 — du gros bloc au Slant Six

Plymouth Road Runner · 1968–1980 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une chronologie chiffrée sur treize ans

Le tableau technique dressé par Muscle Car Club à partir des ouvrages de référence de Mike Mueller et John Gunnell permet de suivre, année par année, l'érosion continue de la puissance disponible sous le capot d'un Road Runner — un déclin dont les grandes causes (surprimes d'assurance, normes d'émissions fédérales et californiennes, chocs pétroliers) sont déjà documentées de façon transversale pour l'ensemble du segment muscle car dans declin-marche-muscle-cars-1971-1974-assurance-antipollution-choc-petrolier (dossier plymouth-barracuda/). La présente fiche s'attache aux seuls chiffres et jalons propres au Road Runner.

1971 : le dernier feu d'artifice avant la chute

En 1971, la gamme moteur reste large — 340 (275 ch), 383 détendu (300 ch), 440 Six Barrel (385 ch) et 426 Hemi (425 ch) coexistent encore au catalogue — mais 1971 est justement la toute dernière année du Hemi et du 440 Six Barrel sur ce modèle (voir Le 426 Hemi sur Road Runner (1968-1971) — l'option qui contredit la philosophie « econo » et Le 440 Six Barrel (option A12) — le « Hemi du pauvre » de 1969-1970).

1972 : la bascule vers les chiffres nets, la disparition des gros blocs

À partir de 1972, Chrysler adopte la norme de mesure SAE net plutôt que SAE brut, ce qui fait mécaniquement chuter les chiffres de puissance affichés sans que cela ne traduise une baisse de performance réelle équivalente — un simple changement de méthode de mesure qu'il convient de ne pas confondre avec une baisse de puissance physique, même si les deux phénomènes se cumulent bel et bien cette année-là. Le 383 cède la place à un 400 de plus gros alésage (255 ch) et le 440 Six Barrel disparaît après seulement cinq exemplaires (voir Le 440 Six Barrel (option A12) — le « Hemi du pauvre » de 1969-1970), remplacé par un 440 à carburateur quatre corps unique de 280 ch.

1973-1974 : l'arrivée du petit-bloc 318 comme moteur d'entrée

Le 318 rejoint la gamme en 1973 (170 ch), rapidement suivi par un 360 inédit en 1974 (245 ch) qui vient combler l'espace laissé vacant par le 383 disparu. Le 440 subsiste jusqu'en 1974 (275 ch) mais n'est plus proposé qu'avec la seule boîte automatique TorqueFlite après 1972, la boîte manuelle quatre rapports restant réservée aux motorisations 340 et 400.

1975 : l'éclatement de l'offre sous la pression des normes californiennes

Le millésime 1975, traité plus en détail dans 1975 — une troisième génération sur base Fury, à mi-chemin entre muscle car et voiture cossue, voit l'offre motrice se démultiplier en versions parallèles « 49 États » et « Californie » aux puissances sensiblement différentes pour un même déplacement — jusqu'à quatre déclinaisons distinctes du seul bloc 400 selon la destination commerciale de la voiture. Selon Muscle Car Club, plus aucun Road Runner ne dépassera 200 ch de série à partir de ce millésime.

1976-1980 : la retraite sur les petits blocs, jusqu'au six-cylindres

Une fois le nom transféré sur la compacte Volaré (voir 1976-1980 — quand le Road Runner devient un simple habillage sur la compacte Volaré), l'offre se réduit aux seuls 318 et 360, avant que ce dernier ne reçoive un quatre corps en 1978-1979 (jusqu'à 195 ch) puis ne disparaisse totalement en 1980. Le moteur de base devient, pour le seul millésime 1979, le six-cylindres « Slant Six » de 225 pouces cubes — une motorisation économique sans aucun rapport avec la vocation initiale du nom Road Runner, symbole ultime de la distance parcourue depuis le cahier des charges d'un « econo-racer » à gros moteur formulé une décennie plus tôt (voir La genèse de 1966-1968 — le mémo de Brock Yates et le concept d'« econo-racer »).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
musclecarclub.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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