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§ 01 · Histoire et modèles

1975 — une troisième génération sur base Fury, à mi-chemin entre muscle car et voiture cossue

Plymouth Road Runner · 1968–1980 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un changement de nom qui n'est qu'administratif

Pour 1975, l'ensemble de la gamme intermédiaire B-body de Chrysler abandonne le nom Satellite au profit de Fury (le grand modèle pleine grandeur jusque-là baptisé Fury prenant lui-même le nom de Gran Fury) — un simple jeu de chaises musicales dans la nomenclature qui n'empêche pas le Road Runner de continuer d'exister comme déclinaison sportive de cette nouvelle Fury intermédiaire, sur la même plateforme B-body qu'il occupe sans discontinuer depuis 1968. Wikipédia EN qualifie cette troisième génération, cantonnée au seul millésime 1975, de transition un peu mal à l'aise entre l'héritage musclé du modèle et le style désormais plus formel imposé par le reste de la gamme Fury.

Un habillage sportif sur une base résolument plus cossue

Le Road Runner 1975 se distingue de la Fury de base par une calandre noircie, un jeu de bandes spécifique, une suspension renforcée à barres antiroulis avant et arrière et des jantes Rallye de 14 ou 15 pouces. L'intérieur peut désormais recevoir un tableau de bord « Rallye » complet, des sièges et vitres à commande électrique — des équipements qui, quelques années plus tôt, auraient semblé en contradiction totale avec l'esprit dépouillé du modèle d'origine (voir La genèse de 1966-1968 — le mémo de Brock Yates et le concept d'« econo-racer »), mais qui traduisent surtout l'évolution générale du marché américain vers des standards d'équipement plus élevés.

Une gamme motrice éclatée par la réglementation californienne

Le 318 reste le moteur de base, mais avec un simple échappement et seulement 145 ch. Au-delà, l'offre se complexifie fortement sous l'effet des normes d'émissions californiennes, plus strictes que le standard fédéral : le même bloc 360 existe ainsi en plusieurs déclinaisons de puissance selon qu'il est vendu ou non en Californie, de 170 à 230 ch, et le 400 décline pareillement jusqu'à quatre versions distinctes (160 à 235 ch). Le 440, désormais réservé aux flottes de police, n'équiperait qu'une poignée de Road Runner 1975 commandées via l'option spéciale « Police Package » — un fait avancé par Muscle Car Club sous forme de rumeur non confirmée plutôt que de certitude établie. Toutes les motorisations sont désormais associées exclusivement à la boîte automatique TorqueFlite trois rapports.

Des performances sans commune mesure avec l'âge d'or du modèle

Un essai de Car and Driver portant sur un exemplaire à moteur 400 haute performance (code E68, 235 ch) relevé par Muscle Car Club situe le 0 à 100 km/h à 8,1 secondes, le quart de mile fermement dans la zone des 16 secondes, et la vitesse de pointe observée à 195 km/h — des chiffres honorables pour l'époque, mais très loin des standards de la Road Runner Hemi de 1969-1970 (voir Ce que chronométrait la presse d'époque — du 383 de série au Hemi 426).

Une production confidentielle qui clôt le chapitre du « vrai » Road Runner

La production de ce millésime unique s'établit à 7 183 exemplaires selon Wikipédia EN, un chiffre que confirme trait pour trait Muscle Car Club (7 183 également, sourcé sur le « Standard Catalog of American Cars » de Ron Kowalke) — une rare confirmation exacte entre deux sources indépendantes sur ce dossier. Plus de la moitié de cette production reçoit le modeste moteur 318. Ce millésime 1975 constitue la dernière apparition du Road Runner comme modèle autonome à part entière : dès 1976, le nom bascule sur une base compacte entièrement différente, sous forme de simple option d'habillage (voir 1976-1980 — quand le Road Runner devient un simple habillage sur la compacte Volaré).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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