L'héritage caché du nom — les quatre concept-cars à turbine « Firebird » de GM (1953-1964)
Une aventure de la turbine à gaz, pas encore une voiture de série
Avant de désigner la pony car de Pontiac, « Firebird » est déjà, depuis 1953, le nom d'une lignée de quatre concept-cars expérimentaux présentés aux salons Motorama de General Motors, sous la houlette du légendaire styliste Harley Earl. Leur but n'est jamais la production en série mais la démonstration technologique pure, dans un contexte de fascination d'après-guerre pour l'aviation à réaction — au point que les trois premières Firebird portent le badge de la section transport aérien interne de GM plutôt qu'un logo de marque.
Firebird I, II, III, IV : quatre laboratoires roulants
La Firebird I (1953, nom de code XP-21) est littéralement un avion de chasse sur roues : carrosserie en fibre de verre en forme de fuselage, verrière bulle, empennage vertical, propulsée par une turbine à gaz Whirlfire de 370 ch qui éjecte ses gaz à plus de 675°C. Le pilote d'essai Mauri Rose la teste sur le Speedway d'Indianapolis ; une version miniature couronne aujourd'hui le trophée Harley J. Earl remis au vainqueur des 500 Miles de Daytona. La Firebird II (1956) mue en concept familial quatre places à carrosserie de titane, dotée de freins à disque aux quatre roues (une première chez GM) et d'un système expérimental de guidage automatique par fil enterré dans la chaussée. La Firebird III (1959) pousse l'esthétique aéronautique à son comble avec sept ailerons, une direction au joystick, une clé « ultrasonique » et des aérofreins empruntés à l'aviation. La Firebird IV, enfin, apparaît à l'Exposition universelle de New York de 1964 dans le cadre du pavillon Futurama de GM, avant d'être recyclée pour les salons sous le nom de « Buick Century Cruiser » — l'exemplaire aurait été détruit dans les années 1980.
Un nom recyclé, aucune parenté mécanique
Lorsque Pontiac cherche un nom pour sa pony car de 1967, l'équipe de John DeLorean reprend directement cette appellation déjà déposée par General Motors (voir Pourquoi « Firebird » ? Un nom de repli après le rejet superstitieux de « Banshee ») — un choix de facilité après l'abandon du nom « Banshee ». Mais au-delà du nom, aucune filiation technique ou stylistique réelle ne relie les concept-cars à turbine des années 1950 à la voiture de grande série : Wikipédia le souligne explicitement, et Bill Porter, styliste en chef de la Firebird de deuxième génération (voir La deuxième génération (1970-1975) — la « 1970½ », le paquet Trans Am consolidé et une annulation évitée de justesse), confirme dans un entretien direct avoir lui-même travaillé sur le concept-car Firebird III en tout début de carrière chez GM, sans qu'aucun lien de conception n'existe entre ce concept et la Pontiac de série qu'il dessinera quinze ans plus tard — une coïncidence biographique amusante plutôt qu'un fil rouge technique.
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- La deuxième génération (1970-1975) — la « 1970½ », le paquet Trans Am consolidé et une annulation évitée de justessePontiac Firebird (et Trans Am) · Histoire et modèles
- Pourquoi « Firebird » ? Un nom de repli après le rejet superstitieux de « Banshee »Pontiac Firebird (et Trans Am) · Histoire et modèles
- La genèse de la Firebird — le lot de consolation d'une Pontiac Banshee refusée par la direction (1966-1967)Pontiac Firebird (et Trans Am) · Histoire et modèles