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§ 01 · Histoire et genèse

Un intérieur spartiate et lavable au jet d'eau — le Range Rover avant le luxe

Range Rover Classic · 1970–1996 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un cahier des charges pensé pour le travail, pas pour le salon

Il est facile d'oublier, à la vue d'un Range Rover Classic tardif en cuir et bois verni, que le véhicule est né avec un habitacle délibérément spartiate. Les ingénieurs à l'origine du programme « 100-inch Station Wagon », Spen King et Gordon Bashford, conçoivent avant tout un outil pratique (voir La genèse du Range Rover — du « Road Rover » avorté au programme « 100-inch Station Wagon ») : le sol est recouvert de caoutchouc plutôt que de moquette, les sièges sont garnis de vinyle plutôt que de tissu ou de cuir, et l'ensemble de l'habitacle est pensé pour pouvoir être nettoyé au jet d'eau après une utilisation salissante — un usage agricole, de chasse ou de chantier étant explicitement anticipé au même titre que l'usage routier. Le coffre, notamment, est dimensionné pour accueillir aussi bien une balle de foin qu'un mouton, contrainte pratique revendiquée dès la conception.

La planche de bord « Airfix » comme symbole de cette origine utilitaire

Cette philosophie se retrouve jusque dans la planche de bord dessinée par David Bache, moulée dans un plastique dur et bon marché plutôt que dans des matériaux nobles — une pièce que les passionnés surnommeront plus tard, non sans affection, la « Airfix Dashboard » (voir La carrosserie du Range Rover — quand l'habillage fonctionnel des ingénieurs devient le design de série et De la planche « Airfix » au « soft dash » — l'évolution du tableau de bord en cinq étapes). Le Range Rover de 1970 n'a par ailleurs ni direction assistée — celle-ci n'apparaît qu'en 1973 — ni vitres électriques, ni climatisation : des équipements alors réservés aux versions personnalisées des carrossiers spécialisés comme Wood & Pickett (voir Wood & Pickett — du break de chasse au six-roues, la haute couture du Range Rover), avant de devenir progressivement de série au fil des années 1980.

Un contraste qui deviendra l'histoire du véhicule lui-même

C'est précisément ce contraste de départ — un habitacle lavable au jet d'eau à l'origine — qui rend la trajectoire ultérieure du Range Rover si remarquable : moquette et sellerie cuir apparaissent en option dès 1981 avec l'édition In Vogue (voir De la séance photo du magazine Vogue à la finition permanente — la genèse de l'édition « In Vogue »), les boiseries en ronce de noyer et la climatisation de série suivent au cours des années 1980, jusqu'à un dernier « soft dash » en matériaux moussés en toute fin de carrière (1994). Le Range Rover n'est donc pas né comme un véhicule de luxe : il l'est devenu, par étapes documentées, au fil de vingt-six années de carrière (voir 1970-1994 — du deux-portes unique à la montée en gamme méthodique).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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