1970-1994 — du deux-portes unique à la montée en gamme méthodique
Onze années en deux portes seulement
De son lancement en juin 1970 jusqu'en 1981, le Range Rover n'existe qu'en carrosserie deux portes. Ce choix n'est pas accidentel : les ingénieurs de l'époque estiment que la résistance structurelle de la caisse impose de limiter le nombre d'ouvertures découpées dans les flancs. Concrètement, l'accès aux places arrière — particulièrement pour y monter — reste malaisé, les portes étant à la fois très grandes et très lourdes. Pour compenser partiellement cet inconvénient, chaque porte reçoit deux poignées d'ouverture intérieures bien distinctes : une pour le conducteur ou le passager avant, une seconde tout aussi visible à l'arrière de la porte, à hauteur des places arrière, permettant aux passagers arrière de sortir de façon autonome en rabattant simplement le dossier du siège avant.
Les conversions non officielles précèdent l'usine
Dès la fin des années 1970, plusieurs carrossiers indépendants proposent des conversions quatre portes sur base de Range Rover deux portes — une demande du marché que l'usine n'a pas encore satisfaite. La plus notable est celle du carrossier suisse Monteverdi, dont la conversion est jugée d'une qualité suffisante pour être officiellement approuvée par Land Rover — fait suffisamment rare pour être signalé — sans remise en cause de la garantie constructeur. Elle est présentée au Salon de Genève 1980.
Le quatre-portes de série (juillet 1981)
Deux ans après sa restructuration en filiale autonome de British Leyland (1978), Land Rover Limited lance en interne sa propre version quatre portes en juillet 1981, en s'inspirant directement de la conversion Monteverdi. L'accueil du public est immédiat et déséquilibre rapidement la gamme au profit de la nouvelle carrosserie : le deux-portes est retiré de la vente au Royaume-Uni dès 1984, même s'il continue d'être fabriqué pour certains marchés d'exportation, notamment la France, jusqu'en janvier 1994.
Une montée en gamme méthodique, année après année
À partir du milieu des années 1980, chaque millésime apporte son lot d'améliorations, documentées avec une précision inhabituelle par les passionnés du modèle :
- 1984 : sellerie cuir disponible, plaque d'immatriculation arrière non fixe, nouvelle boîte automatique ZF à 4 rapports.
- 1985 : nouveau combiné d'instruments inspiré de celui de l'Austin Maestro, nouvelles garnitures de porte à inserts en ronce de noyer (poignées reprises de l'Austin Metro).
- 1986 : restylage de la face avant (calandre en plastique à lames horizontales, plus respectueuse des piétons), sellerie abaissée, commodos repris de l'Austin Montego, premier diesel de série (voir Le premier diesel de série — le 2,4 puis 2,5 litres VM Motori « Turbo D » (1986)).
- 1989 : passage du V8 3,5 litres au 3,9 litres.
- 1992 : arrivée de l'empattement long LSE/County LWB et du V8 4,2 litres (voir 1992 — l'empattement long LSE/County LWB, sommet de la gamme Classic), airbags conducteur, suspension pneumatique en fin d'année pour les versions haut de gamme (voir 1992 — la suspension pneumatique électronique (EAS), une première mondiale sur un 4x4).
- 1994 : tableau de bord « soft dash » de nouvelle génération, dernière évolution avant l'arrivée du modèle P38A (voir 1994-1996 — l'arrivée du P38A, le nom « Classic » et la fin de carrière).
Land Rover elle-même qualifiera à l'époque cette succession de mises à jour d'« évolution plutôt que révolution » — une formule qui résume bien la stratégie produit du Range Rover pendant les deux décennies suivant son lancement : conserver la silhouette d'origine quasiment intacte tout en modernisant en continu la mécanique et le niveau de finition.
Voir aussi
- Un intérieur spartiate et lavable au jet d'eau — le Range Rover avant le luxe
- De la séance photo du magazine Vogue à la finition permanente — la genèse de l'édition « In Vogue »
- 1992 — l'empattement long LSE/County LWB, sommet de la gamme Classic
- 1994-1996 — l'arrivée du P38A, le nom « Classic » et la fin de carrière
- De la planche « Airfix » au « soft dash » — l'évolution du tableau de bord en cinq étapes
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Range_Rover_Classic ↗
- 1994-1996 — l'arrivée du P38A, le nom « Classic » et la fin de carrièreRange Rover Classic · Histoire et genèse
- 1992 — l'empattement long LSE/County LWB, sommet de la gamme ClassicRange Rover Classic · Suspension châssis carrosserie
- Le premier diesel de série — le 2,4 puis 2,5 litres VM Motori « Turbo D » (1986)Range Rover Classic · Moteur
- De la planche « Airfix » au « soft dash » — l'évolution du tableau de bord en cinq étapesRange Rover Classic · Suspension châssis carrosserie
- 1992 — la suspension pneumatique électronique (EAS), une première mondiale sur un 4x4Range Rover Classic · Suspension châssis carrosserie
- Un intérieur spartiate et lavable au jet d'eau — le Range Rover avant le luxeRange Rover Classic · Histoire et genèse
- De la séance photo du magazine Vogue à la finition permanente — la genèse de l'édition « In Vogue »Range Rover Classic · Editions speciales et conversions
- Monteverdi — le carrossier suisse dont la conversion quatre portes a inspiré l'usineRange Rover Classic
- Un intérieur spartiate et lavable au jet d'eau — le Range Rover avant le luxeRange Rover Classic
- De la LT95 à la LT77 — l'évolution des boîtes de vitesses et l'arrivée de l'automatiqueRange Rover Classic
- 1994-1996 — l'arrivée du P38A, le nom « Classic » et la fin de carrièreRange Rover Classic
- 2011 : le plus petit Range Rover jamais produit, un pari commercial assuméRange Rover Evoque
- Le Land Rover Discovery (1989) — un Range Rover repensé pour un budget plus serréRange Rover Classic
- De l'outil de contremaître à la voiture de la gentry — la bascule sociale du Range RoverRange Rover Classic
- De la séance photo du magazine Vogue à la finition permanente — la genèse de l'édition « In Vogue »Range Rover Classic