Aller au contenu
§ 04 · Marché americain bricklin

Le verdict de Consumer Reports (avril 1969) — « Not Acceptable », la critique qui a marqué le modèle

Subaru 360 · 1958–1971 · 3 min de lecture · extraite le 16 sept. 2026

Un jugement sans appel

En avril 1969, le magazine américain Consumer Reports, édité par l'organisation de défense des consommateurs Consumers Union, publie un test de la Subaru 360 dont le verdict global est « Not Acceptable » (« inacceptable ») — la note la plus sévère de son échelle d'évaluation. Selon les comptes rendus disponibles, la publication va jusqu'à qualifier le véhicule de « véhicule le plus dangereux d'Amérique », un jugement dont la sévérité du ton contribuera fortement à la portée médiatique de l'article.

Des griefs précis, pas une simple impression générale

Le test documente plusieurs défauts concrets plutôt qu'un jugement d'ensemble impressionniste :

  • Performances jugées dangereusement insuffisantes : le véhicule testé met environ 37,5 secondes pour atteindre 50 mph, contre 14,5 secondes pour une Coccinelle Volkswagen contemporaine — un écart jugé incompatible avec une insertion sûre dans la circulation autoroutière américaine.
  • Consommation très inférieure aux annonces commerciales : entre 25 et 35 mpg mesurés en usage réel, loin des 66 mpg mis en avant par la campagne publicitaire « Cheap and Ugly » (voir « Cheap and Ugly » — la campagne publicitaire qui assume les défauts de la 360 (1968)).
  • Sécurité passive très fragile : pare-chocs jugés « pratiquement inutiles contre autre chose qu'une pastèque », ceintures ventrales qui se desserraient avec le temps, sièges avant susceptibles de glisser vers l'avant sans prévenir.
  • Comportement routier remis en cause : lors de manœuvres d'urgence, la roue arrière extérieure aurait tendance à se dérober tandis que l'arrière du véhicule se soulève, provoquant un survirage brutal — un comportement attribué à la suspension à essieu oscillant (swing axle) associée à des amortisseurs avant trop souples.
  • Portes suicide problématiques : jugées non conformes aux normes anti-éclatement, et rapportées comme claquant contre la carrosserie sous l'effet du vent pendant les essais routiers (voir Portes « suicide » et silhouette arrondie — un design qui a valu son surnom à la 360).
  • Désembuage insuffisant, ne couvrant selon le test qu'une petite portion du pare-brise, incapable de dégager efficacement neige et givre.
  • Confort du poste de conduite jugé source d'inconfort « psychologique et physique » pour les essayeurs.

Le rapport souligne également que le véhicule testé pesait seulement sept livres sous le seuil réglementaire de 1 000 livres qui l'exemptait des normes fédérales de sécurité (voir La faille des 1 000 livres — comment la légèreté de la 360 lui a permis d'échapper aux normes de sécurité américaines) — un argument que la publication utilise explicitement pour dénoncer, au-delà du seul modèle, la faille réglementaire elle-même.

Un précédent que Malcolm Bricklin connaissait déjà — et reproduira

Point notable documenté par ce corpus : cette mésaventure n'est pas un cas isolé dans la carrière d'importateur de Malcolm Bricklin. Son aventure ultérieure avec la Yugo, quinze ans plus tard, suivra un schéma frappant de similitude — un verdict sévère de Consumer Reports en 1986, jouant à nouveau un rôle pivot dans le retournement de réputation d'un modèle bon marché qu'il importe (voir Le verdict de Consumer Reports (1986) — le vrai déclencheur médiatique du retournement de réputation dans le dossier yugo, qui documente explicitement ce parallèle).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
motorbiscuit.com
Date d'extraction
16 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci