La « Chicken Tax » de 1964 : une guerre commerciale du poulet qui a marqué le Transporter
Une brouille sur le poulet, une taxe sur les camionnettes
Au début des années 1960, la France et l'Allemagne de l'Ouest imposent des droits de douane sur le poulet américain importé, pénalisant les exportateurs avicoles des États-Unis. Faute d'accord diplomatique, le président Lyndon B. Johnson, en janvier 1964, riposte en instaurant une taxe de 25 % — près de dix fois le tarif douanier moyen américain de l'époque — sur une liste de produits européens choisis pour leur valeur équivalente aux ventes de poulet perdues : fécule de pomme de terre, dextrine, brandy... et camions légers.
Un règlement de comptes syndical déguisé
Des enregistrements de la Maison Blanche, déclassifiés bien plus tard, révèlent un autre ressort à la décision : Johnson cherchait, au même moment, à convaincre Walter Reuther, président du syndicat automobile UAW, de renoncer à une grève avant l'élection de 1964 et à soutenir sa plateforme sur les droits civiques. Reuther, en retour, poussait le gouvernement à réagir contre la percée commerciale de Volkswagen aux États-Unis. Le motif officiel (le poulet) et le motif réel (protéger l'industrie automobile américaine, en particulier face à Volkswagen) coexistent donc dans cet épisode.
Un impact ciblé et durable sur le Transporter
La taxe frappe spécifiquement les Type 2 importés en configuration de véhicule utilitaire léger — fourgons tôlés et pick-up — mais épargne les versions de tourisme (Kombi et Microbus à vitrage complet), classées comme véhicules de passagers. Les importations américaines de camions ouest-allemands chutent d'environ deux tiers dès 1964 ; après 1971, les fourgons et pick-up Type 2 pratiquement disparaissent du marché américain. Tout exemplaire de fourgon ou de pick-up Type 2 postérieur à 1971 aujourd'hui présent aux États-Unis y a, en principe, été importé après coup avec acquittement séparé du tarif.
Une taxe toujours en vigueur, et contournée par... ses bénéficiaires
Remarquable retournement de situation : la « Chicken Tax » n'a jamais été abrogée et continue de s'appliquer aujourd'hui. Elle est désormais couramment contournée par une pratique d'ingénierie tarifaire consistant à importer des véhicules en configuration passagers avant de les reconvertir en utilitaires une fois sur le sol américain — une méthode ironiquement pratiquée par Ford lui-même pour son fourgon Transit Connect, alors que la taxe avait initialement été pensée pour protéger les constructeurs américains face à des concurrents comme... Volkswagen.
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Volkswagen_Type_2 ↗
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