Les « Mousquetaires d'Alpine-Renault » — Andruet, Darniche, Nicolas et Thérier
Les quatre pilotes français vainqueurs d'au moins une épreuve lors du championnat du monde des rallyes 1973 (voir 1973 — Alpine, premier champion du monde des rallyes constructeurs) sont surnommés par la presse anglo-saxonne les « Mousquetaires d'Alpine-Renault » — un quatuor aux styles de pilotage très différenciés, tels que les décrivent les chroniques d'époque.
Jean-Claude Andruet, le sprinteur du Monte-Carlo
Vainqueur du Rallye de Monte-Carlo 1973 avec sa copilote Michèle Espinosi-Petit, dite « Biche » (dont le témoignage — « Je n'ai jamais vu une voiture aller aussi vite, on volait littéralement » — reste l'un des mots les plus cités de cette victoire), Andruet quitte Alpine dès la fin de cette épreuve pour rejoindre Lancia. L'année suivante, c'est lui qui, au volant d'une Lancia Stratos, met un terme à la domination des berlinettes sur le Tour de Corse (voir La fin de la carrière sportive de l'A110 face à la Lancia Stratos (1974-1975)) — une bascule de carrière qui fait de lui, malgré lui, le symbole du changement d'époque entre l'A110 et sa rivale italienne.
Bernard Darniche, « le pistard doué sur la terre »
Copiloté par Alain Mahé, seul copilote de l'équipe sous contrat permanent en 1973, Bernard Darniche s'illustre par une régularité et une combativité sur terrains difficiles qui lui valent, dans les récits d'époque, le surnom de pistard. Vainqueur du Rallye du Maroc 1973 avec 19 minutes d'avance, il est ensuite privé sur réclamation d'une victoire méritée au Rallye Autrichien des Alpes, à la suite d'une contestation du règlement par BMW tranchée en sa défaveur un an plus tard. Déjà victorieux de la Coupe des Alpes en 1971 (épreuve alors non qualificative faute de concurrents suffisants), Darniche est aussi, selon le récit du Monte-Carlo 1971, coutumier des rencontres avec des animaux errants sur les routes de rallye.
Jean-Pierre Nicolas, « l'endurant »
Copiloté principalement par Michel Vial puis Claude Roure, Jean-Pierre Nicolas est décrit comme le pilote de la régularité : à l'aube du Tour de Corse 1973, il a jusque-là terminé toutes les épreuves auxquelles il était inscrit cette saison sans jamais en remporter une seule. Il se fixe alors cette victoire comme objectif personnel et l'atteint, malgré un tête-à-queue dès la première spéciale, une panne d'essence liée à un oubli des mécaniciens au Monte-Carlo, et un différentiel autobloquant manquant à l'Acropole après une casse au Portugal. Il avait déjà été de l'aventure victorieuse du Monte-Carlo 1971 (3ᵉ place, voir Rallye de Monte-Carlo 1971 — la première victoire mondiale d'Alpine).
Jean-Luc Thérier, « l'improvisateur acrobate »
Le plus prolifique en victoires de la saison 1973 (Portugal, Acropole, San Remo — trois succès), Jean-Luc Thérier est décrit comme un pilote capable de brillantes improvisations, ayant « usé » plusieurs copilotes au fil de sa carrière (dont Marcel Callewaert, Christian Delferrier et Jacques Jaubert). Sur le Rallye de Suède 1973, engagé en cadeau de mariage par son directeur sportif deux jours après ses noces, il court sans connaître le parcours et s'appuie sur les notes d'un autre pilote pour terminer 3ᵉ malgré quatre sorties de route. Sur le Tour de Corse 1973, il est l'un des seuls pilotes de l'équipe capable de surmonter en course un câble d'accélérateur bloqué en position ouverte — un épisode qui, ajouté à sa régularité sur l'ensemble de la saison, lui vaut d'être considéré comme officieusement champion du monde des pilotes 1973.
Ove Andersson, le précurseur suédois
Sans être français, le Suédois Ove Andersson appartient à la même génération de pilotes Alpine et en est, chronologiquement, le précurseur des grandes victoires internationales : c'est lui qui offre à la marque sa première victoire majeure au Monte-Carlo 1971 (voir Rallye de Monte-Carlo 1971 — la première victoire mondiale d'Alpine), avant de terminer 2ᵉ du Monte-Carlo 1973, copiloté cette année-là par un certain Jean Todt.
Voir aussi
- 1973 — Alpine, premier champion du monde des rallyes constructeurs
- Championnat du monde des rallyes 1973 — chronique rallye par rallye de la saison Alpine
- Rallye de Monte-Carlo 1971 — la première victoire mondiale d'Alpine
- La fin de la carrière sportive de l'A110 face à la Lancia Stratos (1974-1975)
- L'équipe d'assistance du titre mondial 1973 — les mécaniciens de l'ombre
- Site source
- fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0) et lesalpinistes.com (auteur Fabien Cuvillier)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- La fin de la carrière sportive de l'A110 face à la Lancia Stratos (1974-1975)Alpine A110 (Berlinette) · Histoire et modèles
- Rallye de Monte-Carlo 1971 — la première victoire mondiale d'AlpineAlpine A110 (Berlinette) · Culture documentation
- 1973 — Alpine, premier champion du monde des rallyes constructeursAlpine A110 (Berlinette) · Culture documentation
- L'équipe d'assistance du titre mondial 1973 — les mécaniciens de l'ombreAlpine A110 (Berlinette) · Culture documentation
- Championnat du monde des rallyes 1973 — chronique rallye par rallye de la saison AlpineAlpine A110 (Berlinette) · Culture documentation
- La fin de la carrière sportive de l'A110 face à la Lancia Stratos (1974-1975)Alpine A110 (Berlinette)
- Rallye de Monte-Carlo 1971 — la première victoire mondiale d'AlpineAlpine A110 (Berlinette)
- L'Alpinche (« Realpor ») — une A110 espagnole greffée au flat-six Porsche 911Alpine A110 (Berlinette)
- Championnat du monde des rallyes 1973 — chronique rallye par rallye de la saison AlpineAlpine A110 (Berlinette)
- 1973 — Alpine, premier champion du monde des rallyes constructeursAlpine A110 (Berlinette)