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§ 12 · Culture documentation

« Toutes les Alpine sont bleues » — la réalité chiffrée des teintes de la berlinette

Alpine A110 (Berlinette) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le cliché a la vie dure : « une Alpine, ça doit être bleu. » Dans l'imaginaire collectif, la berlinette n'aurait été disponible que dans la livrée Bleu Alpine (RE331/RE341). Si cette teinte a bien été la plus demandée, les chiffres de production internes à la marque racontent une histoire nettement plus nuancée.

Dès l'origine, une gamme multicolore

En juillet 1955, lorsque Jean Rédélé présente la toute première A106 dans la cour de l'usine Renault de Boulogne-Billancourt (voir Jean Rédélé, concessionnaire Renault et pilote — la genèse d'Alpine (1922-1955)), les trois exemplaires alignés ne sont pas bleus mais bleu de France, blanc et rouge — un choix cohérent avec le climat d'après-guerre français, désireux d'effacer le souvenir du vert-de-gris militaire. Entre fin 1956 et début 1957, la production d'A106 se répartit ainsi : 9 rouges, 5 blanches, 1 marron, 2 bleues, 1 bicolore rouge/crème et 3 jaunes — le bleu est donc, dès l'origine, largement minoritaire.

Même sur l'A110, le bleu ne domine pas la production

En janvier-février 1966, alors que l'A110 s'est substituée à l'A108 et que la marque entre dans une nouvelle dimension commerciale (voir L'A110 1500 VA (1967-1968) — la berlinette de série la plus rare), les chiffres de production montrent : 8 bleues, 6 rouges, 8 grises, 3 vertes et 6 sable — le bleu n'arrive là encore pas nettement en tête, à égalité avec le gris.

Un avantage tarifaire qui explique en partie le mythe

Une explication concrète au mythe du « tout-bleu » : le Bleu Alpine métallisé était, en 1976, facturé 360 francs en option, contre 1 040 francs pour les autres teintes métallisées disponibles au catalogue — un écart de prix qui a mécaniquement orienté une partie de la clientèle vers cette teinte moins onéreuse. Au global, sur l'ensemble de la carrière de la berlinette, le bleu atteint tout de même jusqu'à 30 % des commandes — suffisant pour forger la légende, sans jamais constituer une majorité absolue.

La dernière A110 de série... verte

Pied de nez ultime à cette réputation : la toute dernière A110 sortie des chaînes françaises en 1977 (voir Chronologie de l'Alpine A110 (1962-1977) — millésimes et évolutions), propriété de Jean-Pierre Limondin, n'est pas bleue mais peinte en vert normand métallisé (teinte 813). Son propriétaire confiera regretter après coup de ne pas avoir su, au moment de la commander, qu'elle serait la dernière de la lignée — il aurait alors envisagé un Bleu Alpine, pour clore la lignée des berlinettes sur une note symbolique.

Après l'A110 : une palette en expansion continue

Les modèles suivants élargissent progressivement le nuancier Alpine : teintes Algue, Beige Cornaline et Bleu Lagon sur l'A310 dès 1978, puis noir irisé, gris galaxie, vert jade et un nouveau bleu Alpine en 1979. La GTA (1985) s'associera plutôt au rouge et au blanc nacré (une teinte développée pour l'A310 puis déclinée sur la Renault 5 GTT), tandis que l'A610 (1991) verra son nuancier de nouveau resserré. Depuis 1969, Alpine a développé un savoir-faire reconnu en matière de teintes spécifiques, prolongé plus tard par les versions Renault Sport (Jaune Sirius, Orange Sanguine).

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Provenance de cette fiche
Site source
lesalpinistes.com (auteur Fabien Cuvillier)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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