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§ 01 · Histoire et modèles

La fin de la carrière sportive de l'A110 face à la Lancia Stratos (1974-1975)

Alpine A110 (Berlinette) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le titre mondial de 1973 est aussi, paradoxalement, le chant du cygne compétitif de l'A110 (voir 1973 — Alpine, premier champion du monde des rallyes constructeurs) : l'année suivante, l'arrivée d'une rivale conçue dès l'origine pour le rallye rebat entièrement les cartes.

Un symbole : Andruet, vainqueur du Monte-Carlo 1973 sur Alpine, passe chez Lancia dès la fin du rallye

Le Rallye de Monte-Carlo 1973, remporté par Jean-Claude Andruet et sa copilote Michèle « Biche » Espinosi-Petit sur A110, marque un tournant symbolique : selon le récit détaillé de ce rallye, il s'agit précisément de la dernière course d'Andruet au volant d'une Alpine, celui-ci rejoignant l'écurie Lancia dès la fin de l'épreuve. Un an plus tard, c'est ce même Andruet qui, sur Lancia Stratos, met fin à la domination des berlinettes sur le Tour de Corse.

La Lancia Stratos, première voiture pensée pour le rallye

Contrairement à l'A110, dérivée d'un modèle de route conçu à l'origine pour la compétition sur base d'une architecture déjà ancienne au début des années 1970 (voir De l'A106 à l'A108 puis à l'A110 — la filiation technique des berlinettes Alpine), la Lancia Stratos est la toute première automobile de l'histoire conçue dès le départ spécifiquement pour le rallye. Homologuée pour la saison 1974, elle est équipée d'un moteur V6 Ferrari (dérivé du V6 Dino) nettement plus puissant que le quatre-cylindres Mignotet de l'A110 — un écart de puissance estimé à plus de 50 ch en défaveur de l'Alpine lors des dernières saisons de comparaison directe.

Le Tour de Corse, symbole du basculement

Le Tour de Corse, terrain d'élection des berlinettes agiles sur les petites routes sinueuses corses, avait vu l'A110 s'y imposer à quatre reprises entre 1968 et 1973. En 1974, la Lancia Stratos d'Andruet y met un terme définitif à cette domination.

En 1975, l'A110 y livre néanmoins un dernier baroud d'honneur : en net déficit de puissance face à la Stratos leader du championnat, l'équipage Jean-Pierre Nicolas parvient à terminer à seulement 32 secondes de la Lancia victorieuse — une performance saluée comme l'un des tout derniers exploits de la berlinette au plus haut niveau. Sur l'ensemble de la saison 1975, Lancia et sa Stratos HF dominent le championnat du monde avec quatre victoires, devançant finalement Alpine-Renault, seconde du championnat des constructeurs à un seul petit point d'écart.

Les ultimes évolutions techniques de l'A110 de compétition

Face à ce décalage de conception, l'usine tente de prolonger la compétitivité de l'A110 par plusieurs évolutions techniques portées par le préparateur Marc Mignotet (voir Le moteur 1800 Groupe 4 de Marc Mignotet — la mécanique du titre mondial 1973) : une injection à guillotine, puis, sur un nombre très limité de voitures d'usine, une culasse à quatre soupapes par cylindre portant la puissance à 220 ch sur la version dite « A110 bis » — l'ultime développement technique de la berlinette de compétition. Sur le plan du châssis, l'usine expérimente également en 1973-1974 les trains triangulés de l'A310 sur certaines A110 d'usine, ainsi que l'injection Mignotet, mais ces évolutions ne suffisent pas à compenser l'écart de conception avec la Stratos.

Une suprématie qui reste incontestée en rallycross et sur le plan symbolique

Malgré la perte de sa suprématie internationale en rallye classique, l'A110 1600S demeure, aux yeux des passionnés, la version « la plus glorieuse en palmarès » de toute la lignée — le titre mondial de 1973 restant à ce jour le seul de l'histoire d'Alpine en Championnat du monde des rallyes constructeurs.

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Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0) et lesalpinistes.com, recoupés avec des synthèses de presse anglophone spécialisée
Date d'extraction
12 sept. 2026
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