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§ 12 · Culture documentation

1973 — Alpine, premier champion du monde des rallyes constructeurs

Alpine A110 (Berlinette) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

L'année 1973 reste, dans l'histoire d'Alpine, le sommet absolu de sa carrière sportive : la marque dieppoise devient le tout premier constructeur sacré champion du monde des rallyes, un an seulement après avoir officiellement rejoint le giron de Renault (voir Le rachat d'Alpine par Renault (1972-1978) — de la grève à la prise de participation majoritaire).

Un nouveau championnat, succédant au Championnat des Marques

Le Championnat du Monde des Rallyes 1973 prend la suite du Championnat International des Marques, disputé de 1970 à 1972 et remporté successivement par Porsche, Alpine (1971, voir Rallye de Monte-Carlo 1971 — la première victoire mondiale d'Alpine) et Lancia. Ce nouveau championnat exclut les prototypes purs (Lancia Stratos non encore homologuée, Ford GT40). Sur les 13 épreuves au calendrier mondial, seules 9 comptent pour le classement final ; Alpine fait le choix stratégique de n'en disputer que 8, écartant délibérément la Suède et la Finlande (terrains de spécialistes nordiques), le Kenya (rallye très destructeur), les États-Unis (éloignement) et la Pologne — afin de limiter les coûts et les risques de casse mécanique.

Les principaux rivaux d'Alpine sont Lancia et ses Fulvia HF (championnes en titre), Fiat et ses 124 Abarth, les Ford Escort RS, les Datsun 240Z et les Volvo.

Une équipe au complet

L'équipe Alpine-Renault 1973 réunit les meilleurs pilotes français du moment — Jean-Claude Andruet, Bernard Darniche, Jean-Pierre Nicolas, Jean-Luc Thérier et Jean-François Piot — épaulés par le Suédois Ove Andersson, vainqueur du Monte-Carlo 1971 (voir Les « Mousquetaires d'Alpine-Renault » — Andruet, Darniche, Nicolas et Thérier pour le détail de ces parcours). À sa tête, Jacques Cheinisse, manager du service course, orchestre la stratégie ; Marc Mignotet prépare les moteurs (voir Le moteur 1800 Groupe 4 de Marc Mignotet — la mécanique du titre mondial 1973) ; Gilbert Harivel dirige l'équipe de mécaniciens sur le terrain (voir L'équipe d'assistance du titre mondial 1973 — les mécaniciens de l'ombre).

Huit rallyes, six voitures d'usine

Les A110 1800 Groupe 4 engagées par l'usine disputent, dans l'ordre du calendrier : Monte-Carlo (victoire Andruet/« Biche »), Suède (non prévue initialement, 3ᵉ place surprise de Thérier), Portugal-TAP (victoire Thérier/Jaubert), Maroc (victoire Darniche/Mahé), Pologne (hors calendrier initial, épreuve tournant à la catastrophe organisationnelle), Acropole (victoire Thérier/Delferrier), Autriche des Alpes (victoire Darniche déclassée sur réclamation BMW), San Remo (victoire Thérier/Jaubert), Grande-Bretagne (5ᵉ Nicolas, titre déjà assuré), Tour de Corse (victoire Nicolas/Vial) et Bandama (abandon Jabouille). Le détail rallye par rallye, avec équipages, numéros de châssis et péripéties de course, fait l'objet d'une fiche dédiée : Championnat du monde des rallyes 1973 — chronique rallye par rallye de la saison Alpine.

Le palmarès final

PiloteRésultat 1973
Jean-Luc Thérier3 victoires (Portugal, Acropole, San Remo) · 3ᵉ (Suède, Tour de Corse) · 5ᵉ (Monte-Carlo) · 7ᵉ (Maroc)
Bernard Darniche1 victoire (Maroc) · 2ᵉ (Autriche) · 10ᵉ (Monte-Carlo)
Jean-Claude Andruet1 victoire (Monte-Carlo)
Ove Andersson2ᵉ (Monte-Carlo)
Jean-Pierre Nicolas1 victoire (Tour de Corse) · 2ᵉ (Portugal) · 3ᵉ (Monte-Carlo, Acropole, San Remo) · 4ᵉ (Autriche) · 5ᵉ (Maroc, Grande-Bretagne)
Jean-François Piot2ᵉ (Tour de Corse) · 6ᵉ (Monte-Carlo)

Selon Wikipédia, l'A110 1800 Groupe 4 remporte au total six des treize courses inscrites au programme mondial cette saison-là, permettant à Alpine de devancer Fiat (89 points) et Ford (76 points) avec 155 points. Les quatre pilotes vainqueurs d'épreuve — Andruet, Darniche, Nicolas et Thérier — sont alors surnommés par la presse anglo-saxonne « les Mousquetaires d'Alpine-Renault » (voir Les « Mousquetaires d'Alpine-Renault » — Andruet, Darniche, Nicolas et Thérier).

Un titre déjà crépusculaire

Ce triomphe survient au moment précis où l'A110, déjà en fin de développement technique, s'apprête à être dépassée par une rivale conçue dès l'origine pour le rallye, la Lancia Stratos, homologuée dès l'année suivante (voir La fin de la carrière sportive de l'A110 face à la Lancia Stratos (1974-1975)). Le titre mondial 1973 reste à ce jour l'unique titre mondial des rallyes constructeurs de l'histoire d'Alpine.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
lesalpinistes.com (auteur Fabien Cuvillier) et fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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