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§ 12 · Culture documentation

Rallye de Monte-Carlo 1971 — la première victoire mondiale d'Alpine

Alpine A110 (Berlinette) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Deux ans avant le titre mondial de 1973 (voir 1973 — Alpine, premier champion du monde des rallyes constructeurs), c'est au 40ᵉ Rallye de Monte-Carlo, en janvier 1971, qu'Alpine remporte sa toute première grande victoire internationale — la voiture n°28 d'Ove Andersson et de son copilote Stone restant depuis l'une des Alpine les plus reproduites en modèles réduits de toute l'histoire de la marque.

Le cadre : le Championnat International des Marques 1971

Le Rallye de Monte-Carlo 1971 ouvre le Championnat International des Marques (1970-1972, ancêtre du championnat du monde), qui compte 9 épreuves dont 8 seulement comptent réellement pour le classement final. Sur ce Monte-Carlo, 254 concurrents sont engagés, partis de dix villes différentes d'Europe (Oslo, Reims, Athènes, Almeria, Glasgow, Bucarest, Francfort, Marrakech — en remplacement de Lisbonne —, Monaco et Varsovie). Face aux six berlinettes officielles engagées par Jacques Féret, assisté de Jacques Cheinisse, patron du service compétition Alpine-Renault-Elf, se dressent les lourdes mais puissantes Porsche 914/6 et les Lancia Fulvia. Porsche, pourtant victorieuse l'année précédente avec sa 911S, est cette année officiellement absente.

L'équipe Alpine aligne une « Dream Team » : Andruet, Darniche, Nicolas, Thérier, Vinatier et le Suédois Ove Andersson, tout juste arrivé dans l'équipe, complétée par les semi-officiels Neyret et Jacquemin. Parmi les engagés figure également une rare Bulgaralpine (voir Interlagos, Bulgaralpine, Dinalpin — les A108/A110 sous licence au Brésil, en Bulgarie et au Mexique).

Un parcours de concentration mouvementé

Alpine choisit stratégiquement de partir de Marrakech, pour éviter les aléas météorologiques européens de l'hiver — un choix qui se retourne néanmoins en partie contre l'équipe lorsqu'il se met à neiger sur le Rif marocain, contraignant les organisateurs à abaisser la moyenne horaire de 90 à 80 km/h. Jacquemin connaît un serrage moteur au Maroc. La traversée de l'Espagne franquiste n'est pas de tout repos non plus : à la frontière, Jean-Luc Thérier, ayant doublé une file d'attente par la droite, se fait frapper par un douanier tandis que son copilote Marcel Callewaert est mis K.O. d'un coup à l'estomac — l'incident ne se calme qu'à l'intervention d'un gradé. Ove Andersson, plus expérimenté sur cette frontière, emprunte un poste-frontière de contrebandiers où le douanier, endormi, laisse passer sa berlinette sous la barrière.

La neige, alliée des Alpine

Le centre névralgique de l'équipe, installé comme chaque année à l'hôtel de l'Ermitage à Monaco, subit une mésaventure cocasse : une coquille dans le numéro de téléphone transmis aux équipages redirige tous les appels vers un couvent. Sur le terrain, la neige tombée autour de Monte-Carlo favorise nettement les Alpine, plus légères que leurs rivales. Bernard Darniche, parti avec un numéro élevé, percute une Lancia qu'il rattrape dans la neige ; sa voiture accidentée rejoint le parc fermé. Jean-Claude Andruet perd son casque (remplacé au pied levé par un prêt de l'écurie DAF) puis le contrôle de sa voiture, devant parcourir une longue distance en marche arrière.

Ove Andersson, en tête dès le classement initial, ne la lâche plus : menacé un temps par Thérier puis par Andruet, il résiste jusqu'au bout — y compris à une tentative de bluff du responsable Porsche Larousse, qui annonce à Radio Monte-Carlo un faux risque de brouillard givrant pour pousser Waldegaard à monter des pneus cloutés inadaptés. Les mécaniciens français, eux, suivent les conseils avisés de Jacques Féret. Andersson boucle le rallye avec 8 secondes d'avance sur Thérier, offrant à Alpine un triplé (Andersson, Thérier, puis égalité Waldegaard-Andruet pour la 3ᵉ place).

Une postérité disproportionnée

Conscient très tôt de la valeur commerciale de cet exploit, Jean Rédélé fait reproduire à l'identique la voiture n°28 victorieuse, jusque dans le détail des autocollants et des traces de boue, en plusieurs exemplaires — au point qu'il est aujourd'hui difficile de certifier avoir vu, à l'époque, la véritable voiture gagnante du Monte-Carlo 1971. Cette même Alpine reste, encore aujourd'hui, l'une des plus reproduites en modèle réduit de toute l'histoire de la marque, toutes échelles confondues (Tamiya au 1/10, Bburago, 1/43).

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Provenance de cette fiche
Site source
lesalpinistes.com (auteur Fabien Cuvillier)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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