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§ 01 · Histoire et modèles

La BMW 600, grande sœur ratée, et la fin de carrière de l'Isetta (1957-1962)

BMW Isetta · 1955–1962 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Agrandir la formule plutôt que la remplacer

Face au succès de l'Isetta, BMW tente d'étendre la formule vers le haut de gamme plutôt que de la remplacer d'un coup : la BMW 600, présentée en 1957, conserve l'intégralité de la face avant de l'Isetta — porte unique, volant articulé compris — mais allonge l'empattement pour loger quatre places sur deux rangs, avec une véritable portière latérale à l'arrière pour y accéder. Un essieu arrière conventionnel remplace le train étroit sans différentiel de l'Isetta, et surtout, BMW y introduit pour la première fois une suspension arrière à bras obliques (semi-trailing arm) — une solution technique qui équipera ensuite la quasi-totalité des nouveaux modèles BMW pendant les quatre décennies suivantes, faisant de cette petite voiture familiale méconnue un jalon technique bien plus important que sa carrière commerciale ne le suggère. La propulsion est confiée au bicylindre à plat de 582 cm³ emprunté à la moto BMW R67, pour une vitesse de pointe de 103 km/h.

Un positionnement qui ne trouve pas son public

Commercialement, la BMW 600 est un échec relatif : seuls 34 000 exemplaires sont construits en deux ans de production. Positionnée face à la Volkswagen Coccinelle sur le même segment tarifaire, elle pâtit directement de la comparaison avec un modèle déjà installé et à la réputation bien supérieure. Ses ventes bénéficient malgré tout d'un concours de circonstances : la crise du canal de Suez de 1956-1957, qui fait grimper le prix du carburant et redonne temporairement un avantage compétitif aux petites cylindrées économiques.

Le crépuscule de la gamme bulle

À la fin des années 1950, le contexte change durablement : la croissance économique ouest-allemande (le Wirtschaftswunder) permet à une clientèle de plus en plus large d'accéder à de « vraies » voitures à quatre places conventionnelles, neuves ou d'occasion, et l'appétit du public pour les micro-voitures s'étiole rapidement. BMW tente de répondre avec la BMW 700 (1959), à la silhouette bien plus classique, qui rencontre un succès nettement supérieur à celui de la 600. Deux rumeurs contemporaines, rapportées par une unique source secondaire et à traiter avec prudence méthodologique, circulaient alors pour expliquer un ralentissement perçu de l'Isetta : l'une évoquait un concurrent s'apprêtant à lancer une gamme de petites voitures plus grandes à rapport qualité-prix équivalent, l'autre prétendait à tort que la production de l'Isetta avait déjà cessé dès 1956, six ans avant la réalité.

La fin, en mai 1962

La production de la BMW Isetta s'arrête officiellement en mai 1962, trois ans après le lancement de la 700 à la ligne bien plus conventionnelle qui a fini par la rendre commercialement obsolète. Le total cumulé (Isetta 250 et 300, toutes carrosseries confondues, production allemande) atteint 161 728 exemplaires selon le chiffre le plus généralement cité — voir Combien de BMW Isetta ont vraiment été produites ? Une enquête chiffrée pour le détail des variations selon les sources et les pays de fabrication. Le repère technique laissé par la BMW 600 — la suspension à bras obliques — survivra, lui, bien plus longtemps que la voiturette elle-même dans la gamme BMW à venir, notamment la Neue Klasse (voir Genèse de la Neue Klasse — la BMW 1500 et l'équipe qui a sauvé la marque, dossier bmw-2002/).

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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