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§ 01 · Histoire et modèles

BMW Isetta — vue d'ensemble (1955-1962)

BMW Isetta · 1955–1962 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une voiturette allemande... qui ne l'est pas vraiment

La BMW Isetta est sans doute la plus célèbre des « voitures-bulles » (bubble cars) de l'Europe d'après-guerre : une carrosserie ovoïde vitrée, une porte unique occupant toute la face avant (volant et tableau de bord compris), un unique cylindre de moto à l'arrière. Contrairement à une idée largement répandue, ce n'est pourtant pas une conception allemande : le véhicule naît en Italie en 1953 chez le constructeur Iso, sous l'impulsion de l'industriel Renzo Rivolta, avant que BMW n'en rachète la licence de fabrication (outillage de carrosserie compris) en 1954-1955. Le détail de cette genèse italienne, largement traité dans le corpus au dossier iso-rivolta-grifo/, est résumé ici avec un lien vers l'enquête complète (voir L'Isetta est italienne : une origine souvent méconnue du grand public).

Une bouée de sauvetage pour une entreprise au bord du gouffre

Au milieu des années 1950, BMW n'a plus rien d'une entreprise florissante : ses grandes berlines de luxe (501, 502) et son coupé/roadster (503, 507) se vendent en volumes ridicules face à leurs coûts de développement, tandis que ses ventes de motos s'effondrent. C'est dans ce contexte de quasi-faillite, documenté en détail dans ce dossier (voir Une entreprise au bord du gouffre : le contexte financier de BMW avant l'Isetta), que la petite Isetta italienne devient une planche de salut inattendue. Le récit complet du sauvetage financier — déjà traité en profondeur ailleurs dans ce corpus — est disponible dans L'épisode BMW : comment la licence de l'Isetta italienne a aidé à sauver BMW de la faillite (1955-1962) (dossier iso-rivolta-grifo/) ; l'épisode actionnarial décisif de l'assemblée générale du 9 décembre 1959 est documenté dans Le sauvetage de BMW — l'assemblée générale du 9 décembre 1959 et l'entrée de Herbert Quandt (dossier bmw-2002/).

Une réingénierie complète, pas un simple badge

BMW ne se contente pas d'importer le dessin italien : les ingénieurs bavarois remplacent le deux-temps Iso par un monocylindre quatre-temps de leur propre conception, dérivé de la moto BMW R25/3 (247 cm³, 12 ch), livré dès avril 1955 sous le nom Isetta 250. Un changement réglementaire allemand impose dès 1956 une version agrandie à 297-298 cm³, l'Isetta 300 (voir L'Isetta 300 : quand la réglementation allemande impose une évolution technique (1956)). Aucune pièce mécanique n'est interchangeable entre la version italienne et la version allemande. Le détail technique complet du moteur, de la transmission et du châssis est traité dans les dossiers 02-moteur/, 05-transmission/ et 06-freins-trains-pneus/ de ce corpus.

Une carrière commerciale contrastée

Produite jusqu'en mai 1962, la BMW Isetta atteint le total cumulé de 161 728 exemplaires (250 et 300 confondues), ce qui en fait la voiture à un seul cylindre la plus vendue de l'histoire et la première voiture de série au monde à descendre sous les 3 l/100 km de consommation. Le modèle est complété par une version agrandie à quatre places et quatre roues, la BMW 600 (voir La BMW 600, grande sœur ratée, et la fin de carrière de l'Isetta (1957-1962)), et décliné sous licence jusqu'au Royaume-Uni, où une version à trois roues rencontre un franc succès fiscal (licence déjà traitée dans Les licences internationales de l'Isetta — France (VELAM), Brésil (Romi), Royaume-Uni, Argentine, dossier iso-rivolta-grifo/). Sa porte unique à l'avant, en cas de choc frontal, reste aujourd'hui un sujet de débat rétrospectif sur la sécurité (voir La porte unique à l'avant : un choix de sécurité discuté depuis toujours).

Une postérité qui dépasse largement sa carrière commerciale

Retirée du marché en 1962, l'Isetta connaît une seconde vie culturelle durable — de la série télévisée américaine Family Matters dans les années 1990 au clip du groupe Depeche Mode en 1987 (voir D'Elvis Presley à Depeche Mode : l'Isetta dans la culture populaire) — et inspire directement plusieurs microvoitures modernes, au premier rang desquelles le suisse Microlino (voir Les héritiers modernes de l'Isetta : du Microlino aux tentatives de BMW elle-même). Sur le marché de la collection, elle reste aujourd'hui une pièce recherchée, à la cote nettement plus élevée que sa réputation de « voiture jouet » ne le laisserait supposer (voir Combien coûte une BMW Isetta aujourd'hui ? Cote de collection et repères d'achat).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org, fr.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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