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§ 11 · Compétition

L'interdiction de course de l'AMA (1957) — un ban officiel jamais vraiment respecté

Chevrolet Corvette (C1-C3) · 1953–1962 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une décision collective de l'industrie américaine

En 1957, l'Automobile Manufacturers Association (AMA), organisation regroupant l'ensemble des grands constructeurs automobiles américains, adopte une résolution volontaire interdisant à ses membres de promouvoir directement la compétition automobile ou d'en faire un argument commercial explicite — une réaction, selon les sources consultées, aux inquiétudes croissantes de l'opinion publique et des autorités face à la vitesse et à la puissance croissantes des automobiles de série. Le programme de course déjà engagé par Chevrolet autour du Corvette SS en est la première victime directe (voir Le Corvette SS de 1957 — la première Corvette de course, testée par Fangio et Moss).

Un ban de façade plus qu'une réalité opérationnelle

Dans les faits, ce ban n'empêche jamais totalement Chevrolet de continuer à alimenter la compétition Corvette : General Motors ne peut plus proposer ouvertement à ses clients des voitures « prêtes à courir », mais continue de proposer, via son système de codes d'options régulières de production (RPO), des combinaisons d'équipements strictement identiques à ce qu'aurait exigé un usage compétitif — à condition que l'acheteur sache exactement quoi commander. Zora Arkus-Duntov, déjà actif dans l'amélioration continue de la Corvette depuis 1955 (voir Zora Arkus-Duntov — de la lettre à Ed Cole à l'ingénieur en chef de la Corvette), devient la cheville ouvrière officieuse de ce contournement, orientant systématiquement les clients intéressés vers les bonnes combinaisons d'options tout au long de la carrière de la première génération.

Une lignée continue de projets « non officiels »

Cette tension entre interdiction affichée et soutien technique discret traverse toute l'histoire de la Corvette couverte par ce dossier : la Stingray Special de Bill Mitchell (1959-1961), financée sur ses fonds personnels plutôt que sur le budget de General Motors (voir La genèse de la Sting Ray — du Corvette SS de 1957 au prototype XP-720) ; la Corvette Grand Sport de 1963, dont le programme d'homologation est stoppé net par une nouvelle directive interne mais dont les cinq exemplaires achevés sont malgré tout confiés à des écuries privées (voir La Corvette Grand Sport de 1963 — l'homologation avortée qui a créé une légende) ; et les moteurs L88 puis ZL1, officiellement réservés à des « groupes de compétition qualifiés » mais commercialisés via le réseau de concessionnaires Chevrolet ordinaire (voir L88, L89 et ZL1 — les 427 d'exception, du « Mystery Motor » à l'aluminium intégral et Le palmarès du L88 en compétition — Sebring, Le Mans et la domination SCCA).

Une fin progressive plutôt qu'un terme précis

Le ban de l'AMA perd progressivement toute portée réelle à mesure que les années 1960 avancent, sans qu'aucune date officielle de levée ne fasse consensus dans les sources consultées pour ce dossier — l'essor de la compétition Corvette portée par les écuries privées (Cunningham, puis les frères Greenwood au tournant des années 1970, voir Les frères Greenwood et la Corvette ZL1 record de vitesse au Mans (1971-1972)) illustre à quel point le soutien informel de Chevrolet à la course automobile n'a, dans les faits, jamais vraiment cessé entre 1957 et le début des années 1970.

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Provenance de cette fiche
Site source
corvsport.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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