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§ 03 · Hydraulique suspension direction

La CX, voiture de « sécurité globale » — sécurité active et passive

Citroën CX · 1974–1991 · 5 min de lecture · extraite le 11 sept. 2026

À sa sortie, la CX est conçue et commercialisée comme une voiture de sécurité globale, combinant sécurité active (éviter l'accident) et sécurité passive (limiter les blessures en cas de choc) — une approche qui lui vaut d'ailleurs le prix de la sécurité dès son année de lancement, en janvier 1975 (voir Le lancement de la CX — 28 août 1974, Voiture Européenne de l'Année 1975). Cette ambition répondait directement à une faiblesse identifiée sur la devancière DS, réputée pour sa tenue de route et sa sécurité active exemplaires, mais dont la tenue en cas de choc (sécurité passive) restait un point faible reconnu.

La sécurité active : éviter l'accident

La panoplie de sécurité active de la CX combine plusieurs éléments déjà détaillés par ailleurs dans ce dossier, mais dont l'association forme un ensemble cohérent unique dans sa catégorie à l'époque :

Cette combinaison procure à la CX, selon le club generationcx.chez.com, une insensibilité remarquable au vent latéral, aux ornières et à l'éclatement d'un pneumatique, sans le moindre recours à une aide électronique — la voiture « pardonne presque tout ».

La sécurité passive : limiter les conséquences d'un choc

La sécurité passive de la CX marque une rupture nette avec la DS, dont la caisse avait la réputation d'« éclater comme une pastèque » lors d'un accident sérieux :

Architecture générale. La caisse monocoque en tôle d'acier est fixée par liaisons élastiques sur le cadre d'essieux, composé d'un ensemble avant et d'un ensemble arrière reliés par deux longerons. Ce cadre offre une sécurité accrue en cas de choc frontal ou arrière, en absorbant une part importante de l'énergie à dissiper. Le groupe motopropulseur, disposé transversalement à l'avant, laisse une distance d'écrasement maximale avant d'atteindre l'habitacle, le cadre d'essieux formant lui-même un véritable bouclier contre toute intrusion du moteur dans l'habitacle.

Déformation programmée. La partie avant du cadre a fait l'objet d'études approfondies pour hiérarchiser précisément l'ordre et la nature des déformations en cas de choc (dessin des pièces, épaisseurs variables, position calculée des points de soudure) ; la partie supérieure des passages de roue avant a elle aussi été étudiée pour ne pas trop solliciter le panneau de custode, élément clé du maintien de l'habitacle. Des butoirs de sécurité, situés sous le pare-chocs avant, imposent la direction de ces déformations.

Résultats de crash-test. Après un choc simulé à 50 km/h contre un mur de béton, sous une incidence de 60° — un essai qui correspond à un choc frontal entre deux véhicules roulant chacun à 100 km/h l'un vers l'autre — au moins trois des quatre portes de la CX peuvent encore s'ouvrir normalement, alors que les normes en vigueur à l'époque n'en exigeaient qu'une seule.

Habitacle. Planche de bord moussée sans arête agressive côté passager ; boîte à gants dont la structure en tôle mince joue un rôle d'amortisseur pour limiter les efforts sur les fémurs en cas de choc aux genoux ; volant monobranche gainé mousse à large moyeu central pour répartir la pression sur le thorax ; colonne de direction sectionnée en trois éléments ; sièges avant étudiés médicalement pour maintenir le bassin des occupants et limiter le phénomène de « sous-marinage » (glissement sous la ceinture) en cas de choc ; poignées de porte intérieures encastrées et dessinées pour ne pas blesser en cas de choc secondaire ; enrouleur de ceinture de sécurité encastré et protégé à la base du pied milieu ; pare-brise en Super-Triplex, plus résistant que le verre feuilleté standard.

Un détail révélateur : les clignotants

Autre particularité relevée par le club generationcx.chez.com au chapitre de la sécurité : la CX fait partie des rares voitures de son époque à positionner ses clignotants à bonne distance des blocs optiques principaux, ce qui les rend clairement visibles de nuit même à distance — contrairement à la majorité des voitures dont les clignotants, intégrés ou accolés aux phares, sont rendus peu visibles par l'intensité lumineuse de ces derniers.

Le compteur à lecture directe

Le tableau de bord de la CX (voir L'habitacle signé Michel Harmand — la lunule, les satellites et le levier au plancher) adopte un principe de lecture directe de la vitesse — un tambour gradué éclairé par l'arrière derrière une loupe, plutôt qu'une aiguille classique. Selon l'argumentaire du club de marque, ce principe réduit de trois à deux le nombre d'étapes mentales nécessaires pour lire sa vitesse (quitter la route des yeux, localiser puis interpréter l'information, contre quitter la route des yeux puis lire directement l'information), un gain de sécurité d'autant plus pertinent à l'ère de la surveillance radar généralisée.

Les limites pratiques de cette conception

Cette sécurité poussée n'est pas sans inconvénients pratiques, relevés eux aussi par le club de marque : le cadre d'essieux ou les ailes soudées sont coûteux à remplacer en cas de dommage, la tôle de protection au fond du coffre empêche de rabattre la banquette arrière (rendant impossible le transport d'objets longs dans une berline CX), et les panneaux de portes moussés résistent mal au temps (voir Quelle CX acheter ? Modèles recherchés, fiabilité mécanique et points de finition).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
generationcx.chez.com (+ recoupements fr.wikipedia.org)
Date d'extraction
11 sept. 2026
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