La suspension hydropneumatique de la CX — principe de fonctionnement et place dans la lignée Citroën
Une technologie héritée de la DS, pas une « rupture » de deuxième génération
Contrairement à une idée parfois répandue, la CX n'introduit pas une suspension hydropneumatique fondamentalement nouvelle : elle hérite et affine le système inventé par Paul Magès, ingénieur du bureau d'études Citroën, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Le tout premier véhicule à en bénéficier fut la Traction 15-Six H, en mai 1954 (train arrière uniquement), suivie l'année suivante par la DS 19 (quatre roues), qui en généralise l'usage à l'ensemble de la gamme haut de gamme Citroën jusqu'à l'arrêt définitif de la technologie en 2015. La véritable rupture technique de « seconde génération » — l'Hydractive, suspension électronique à fermeté variable — n'arrivera qu'après la CX, sur sa remplaçante la XM en 1989 (voir Fin de carrière et héritage — de la XM aux concept-cars Eole, C6 et CXperience).
Principe de fonctionnement
Chaque roue est équipée d'un vérin de suspension (un cylindre dans lequel coulisse un piston relié à l'essieu) surmonté d'une sphère compartimentée par une membrane en élastomère : au-dessus de la membrane se trouve de l'azote sous pression (gaz neutre), en dessous circule le liquide hydraulique qui communique avec le vérin. Lorsque la roue rencontre un obstacle, le piston comprime le liquide, qui à son tour comprime l'azote à travers la membrane — c'est ce coussin de gaz qui joue le rôle de ressort. Le passage du liquide entre le vérin et la sphère, à travers un orifice calibré, assure simultanément la fonction d'amortissement par laminage.
Une pompe haute pression, entraînée par le moteur, alimente l'ensemble du circuit à plus de 170 bars. Un régulateur (le « conjoncteur-disjoncteur »), associé à une sphère accumulatrice, maintient la pression de service entre 130 et 175 bars selon les versions. Cette même source de pression est partagée, selon un ordre de priorité strict, entre plusieurs circuits : le freinage (prioritaire), la direction assistée, et enfin la suspension proprement dite, réglée à environ 80 bars en position normale statique. Des correcteurs de hauteur mécaniques, fixés sur les barres antiroulis avant et arrière, ajustent en permanence la pression envoyée aux vérins en fonction de la charge réelle du véhicule, garantissant une hauteur de caisse constante quel que soit le chargement.
Le liquide LHM
Depuis septembre 1966, l'ensemble des Citroën à hydropneumatique — CX comprise pendant toute sa carrière — utilise le LHM (Liquide Hydraulique Minéral), un fluide de couleur verte qui remplace le LHS puis le LHS2 des générations précédentes (DS et ID des années 1950-1960), moins corrosif et plus stable dans le temps. Ce même liquide restera en usage chez Citroën jusqu'à l'apparition du LDS synthétique sur la C5, en 2000 — soit bien après l'arrêt de la CX.
Les spécificités techniques de la CX
Sur la CX, la caisse repose sur un faux châssis (« cadre d'essieux ») reliant les trains avant et arrière, lui-même fixé à la carrosserie par des liaisons élastiques qui atténuent les vibrations à haute fréquence — un dispositif que Paul Magès qualifiait lui-même d'« effet de suspension horizontale », contribuant significativement au confort de roulement caractéristique du modèle. Contrairement à la DS, la CX ne reprend en revanche pas la commande hydraulique de boîte de vitesses (passage des rapports sans pédale d'embrayage) — un choix technique propre à la DS qui ne survit pas dans l'architecture CX (voir Les boîtes de vitesses de la CX — mécanique, C-Matic et automatique ZF).
Comme la GS et la SM avant elle, la CX est équipée en série sur toutes ses versions de quatre freins à disques alimentés par ce même circuit haute pression — une caractéristique encore peu répandue dans sa catégorie à l'époque de son lancement (voir Le freinage haute pression de la CX — quatre disques et doseur hydraulique).
Voir aussi
- Le freinage haute pression de la CX — quatre disques et doseur hydraulique · La direction DIRAVI — héritage de la SM, particularités d'usage · Pannes et points faibles classiques du circuit hydraulique de la CX · La CX, voiture de « sécurité globale » — sécurité active et passive · Fin de carrière et héritage — de la XM aux concept-cars Eole, C6 et CXperience
- Site source
- fr.wikipedia.org (+ recoupements fr.wikipedia.org/Citroën_CX)
- Date d'extraction
- 11 sept. 2026
- Les boîtes de vitesses de la CX — mécanique, C-Matic et automatique ZFCitroën CX · Transmission
- La direction DIRAVI — héritage de la SM, particularités d'usageCitroën CX · Hydraulique suspension direction
- Le freinage haute pression de la CX — quatre disques et doseur hydrauliqueCitroën CX · Hydraulique suspension direction
- Pannes et points faibles classiques du circuit hydraulique de la CXCitroën CX · Hydraulique suspension direction
- La CX, voiture de « sécurité globale » — sécurité active et passiveCitroën CX · Hydraulique suspension direction
- Fin de carrière et héritage — de la XM aux concept-cars Eole, C6 et CXperienceCitroën CX · Histoire et modèles
- Fin de carrière et héritage — de la XM aux concept-cars Eole, C6 et CXperienceCitroën CX
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