L'étymologie du nom Méhari : le dromadaire du désert, pas l'antilope
Ce que dit Citroën elle-même
Le communiqué officiel diffusé par Citroën pour les 55 ans du modèle est explicite sur l'origine du nom, et cette explication mérite d'être citée en priorité car elle règle une possible confusion : « Le nom de la Méhari provient du nom masculin méhari qui est celui donné aux dromadaires en Afrique du Nord et au Sahara. Ce sont des animaux reconnus pour leur capacité de franchissement tout-terrain, leur résistance et leur sobriété. Le méhari est capable de transporter aussi bien des marchandises que des passagers, le tout sur de longues distances. »
Un « méhari » (ou mahari en arabe, terme également rattaché au vocabulaire touareg) désigne donc précisément une race de dromadaire de selle, plus véloce et plus endurant que le dromadaire de bât ordinaire — la monture des nomades sahariens (Touaregs, Châambas) et des célèbres méharistes, ces unités de l'armée française à dos de dromadaire qui patrouillaient les confins sahariens durant la période coloniale. C'est cette capacité à porter à la fois hommes et charges sur de longues distances, dans un terrain hostile, tout en restant économe en ressources, qui a valu au mot d'être choisi pour ce véhicule.
Aucune des sources consultées pour cette fiche — communiqué officiel du constructeur, article encyclopédique de référence, articles historiques spécialisés — ne fait le moindre lien entre le nom « Méhari » et l'oryx algazelle (une antilope, et non un camélidé). Si une telle association circule de manière anecdotique dans certains résumés informels, elle ne repose sur aucune source identifiée ici et doit être considérée comme une confusion à écarter : l'étymologie retenue par Citroën elle-même est sans ambiguïté celle du dromadaire rapide.
Une confirmation dès la présentation d'origine
Une source consacrée en détail au lancement de 1968 confirme que cette explication n'est pas une reconstruction tardive : dès la présentation à Deauville, Citroën justifiait le choix du nom en évoquant « le dromadaire qui portait ce nom dans le nord de l'Afrique et qui pouvait transporter à travers le désert tout aussi bien hommes et marchandises » — une formulation en tout point cohérente avec le communiqué de 2023 cité plus haut, à 55 ans de distance.
Un rapprochement supplémentaire, relevé par le site mecanicus.com, mérite d'être signalé : le méhari des Touaregs est réputé pouvoir porter tout le nécessaire d'un bivouac — et la documentation commerciale d'époque de la Citroën Méhari met précisément en avant une charge utile de 400 kg, présentée comme l'un de ses arguments de vente. Le nom n'est donc pas un simple habillage exotique : il fait écho, de façon assez précise, aux qualités utilitaires réellement recherchées par Citroën pour ce véhicule — voir Police, douanes, aéroports, hippodromes — les usages professionnels méconnus de la Méhari pour le détail de ces usages utilitaires, longtemps antérieurs à l'image de « voiture de plage » qui s'imposera plus tard.
L'anecdote du nom provisoire : « Donkey »
Avant de devenir « Méhari », le projet porté par Roland de La Poype et la S.E.A.B. avait été provisoirement baptisé Donkey (« âne » en anglais), dans la perspective d'une commercialisation en kit à monter soi-même indépendante de Citroën (voir La genèse de la Méhari — un projet né en dehors de Citroën). C'est Pierre Bercot, président de Citroën convaincu d'intégrer le véhicule à sa gamme, qui aurait préféré substituer à ce nom sans relief le nom « Méhari », nettement plus évocateur du tempérament du véhicule. Le contraste entre les deux noms — de l'âne de somme au dromadaire véloce du désert — est d'ailleurs resté suffisamment marquant pour être repris comme titre par plusieurs articles rétrospectifs consacrés au modèle.
Un nom d'abord accolé à celui de la Dyane
Fait à noter : lors de sa présentation officielle en mai 1968, le véhicule n'est pas commercialisé sous le seul nom « Méhari », mais sous l'appellation complète « Dyane 6 Méhari », Citroën tenant à rappeler explicitely sa filiation mécanique avec la Dyane (voir dyane-citroen.md dans citroen-2cv/). Le nom se simplifiera en simple « Méhari » dans l'usage courant dès les premières années de commercialisation, la référence à la Dyane s'estompant progressivement du discours commercial.
Voir aussi
- La genèse de la Méhari — un projet né en dehors de Citroën · Le lancement de la Méhari à Deauville — mise en scène, homologation et accueil réel · Le nuancier de la Méhari — des noms de régions désertiques, sauf pour l'Azur (les teintes de la Méhari portent elles aussi des noms de régions désertiques)
- Site source
- media.stellantis.com (communiqué officiel Citroën) ; fr.wikipedia.org ; mecanicus.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- Le nuancier de la Méhari — des noms de régions désertiques, sauf pour l'AzurCitroën Méhari · Carrosserie plastique
- Le lancement de la Méhari à Deauville — mise en scène, homologation et accueil réelCitroën Méhari · Histoire et modèles
- Police, douanes, aéroports, hippodromes — les usages professionnels méconnus de la MéhariCitroën Méhari · Usages civils loisirs
- La genèse de la Méhari — un projet né en dehors de CitroënCitroën Méhari · Histoire et modèles
- La Méhari en rallye-raid — de Liège-Dakar-Liège au Paris-DakarCitroën Méhari
- Renault Rodéo et Mini Moke — les deux seuls concurrents directs de la MéhariCitroën Méhari
- La genèse de la Méhari — un projet né en dehors de CitroënCitroën Méhari
- Le lancement de la Méhari à Deauville — mise en scène, homologation et accueil réelCitroën Méhari
- Police, douanes, aéroports, hippodromes — les usages professionnels méconnus de la MéhariCitroën Méhari
- Le nuancier de la Méhari — des noms de régions désertiques, sauf pour l'AzurCitroën Méhari
- Roland de La Poype — de l'escadrille Normandie-Niémen à la carrosserie de la MéhariCitroën Méhari