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§ 09 · Culture et documentation

« Faster », de Neal Bascomb — l'enquête qui a exhumé la tentative nazie d'effacer une défaite

Delahaye et Delage (135, 165, D8) · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Au-delà du seul récit sportif du Grand Prix de Pau 1938, un ouvrage entier a été consacré à la reconstitution historique de cet épisode et de ses suites : Faster: How a Jewish Driver, an American Heiress and a Legendary Car Beat Hitler's Best, de l'auteur américain à succès Neal Bascomb (Houghton Mifflin Harcourt, Boston, 2020) — la référence bibliographique la plus complète identifiée par ce corpus sur la dimension politique de cette rivalité sportive.

« Nous allons écrire l'histoire maintenant »

L'anecdote d'ouverture de cette recherche historique est saisissante : en mai 1940, peu après l'invasion et l'occupation de la France par l'armée allemande, un officier de la Gestapo se présente au siège de l'Automobile Club de France, place de la Concorde à Paris, et exige que la bibliothécaire du club lui remette l'ensemble des archives des courses homologuées par l'organisation. Alors que ses subordonnés emportent les registres, il congédie la bibliothécaire avec cette phrase, rapportée par Bascomb : « Nous allons écrire l'histoire maintenant. » Le consensus historique veut que les nazis aient cherché à réécrire un épisode précis et embarrassant : la rupture, en 1938, de la domination des écuries allemandes officiellement soutenues par l'État — Mercedes-Benz et Auto Union — sur le Grand Prix automobile européen.

Une rumeur de destruction, jamais totalement confirmée

⚠️ Selon une rumeur documentée par Bascomb et reprise indépendamment par la biographie Wikipédia de Lucy O'Reilly Schell, la Gestapo n'aurait pas cherché à détruire uniquement les archives papier de cette défaite, mais également les automobiles elles-mêmes — et Hitler en personne aurait ordonné la saisie du châssis victorieux de Pau, le numéro 48771. Aucune des deux sources ne présente cette rumeur comme une certitude absolue, mais toutes deux s'accordent sur le fait que la communauté automobile française de l'époque y croyait suffisamment pour agir en conséquence.

Une dissimulation bien réelle, quelle qu'en soit la cause exacte

Que la menace ait été réelle ou simplement redoutée, ses conséquences pratiques, elles, sont bien documentées : les quatre Delahaye Type 145 de l'Écurie Bleue, vendues par Lucy Schell via Charles Weiffenbach, sont recueillies par le carrossier Henri Chapron, qui en disperse deux loin de Paris, cachées dans des granges et des grottes pendant toute la durée de l'Occupation, et démonte les deux autres en éparpillant leurs pièces détachées dans son propre atelier — une précaution qui permet à ces automobiles de traverser la guerre et de connaître, après-guerre, la seconde vie documentée dans L'odyssée de la Delahaye 165 — huit ans de douane, un V8 Cadillac, puis Peter Mullin et Le Mullin Automotive Museum — un sanctuaire californien pour l'automobile française d'avant-guerre.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
hagerty.com, en.wikipedia.org
Auteur du site
Ronnie Schreiber (Hagerty), citant Neal Bascomb ; contributeurs Wikipédia
Date d'extraction
12 sept. 2026
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