Aller au contenu
§ 04 · Carrosserie et carrossiers

Henri Chapron — le carrossier qui a caché l'Écurie Bleue sous l'Occupation

Delahaye et Delage (135, 165, D8) · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Parmi la constellation de carrossiers indépendants qui ont habillé les châssis Delahaye et Delage, Henri Chapron occupe une place singulière : associé au grand public à des cabriolets élégants, il devient aussi, le temps de la guerre, le gardien discret de quatre voitures de course qu'un occupant en colère cherchait peut-être à faire disparaître.

Un habitué des châssis Delahaye depuis les années 1930

L'atelier Chapron figure, dès les années 1930, parmi les carrossiers les plus réguliers de la Type 135, aux côtés de Figoni & Falaschi, de Saoutchik ou de Pourtout — voir Saoutchik, Pourtout, Letourneur & Marchand — la constellation des carrossiers indépendants pour l'ensemble de cette constellation de carrossiers indépendants parisiens.

Cacher les quatre Type 145 de Lucy Schell

Lorsque Lucy O'Reilly Schell cesse ses activités de course à l'approche de la guerre, elle vend ses quatre exemplaires de la Delahaye Type 145 — la vente étant gérée par Charles Weiffenbach lui-même. Les quatre voitures finissent dans l'atelier d'Henri Chapron. Craignant, comme une partie de la communauté automobile française de l'époque, que l'occupant ne cherche à détruire ces automobiles ayant publiquement humilié les Silver Arrows allemandes à Pau en 1938 (voir Grand Prix de Pau 1938 — Delahaye bat Mercedes, une victoire française à la portée politique ambiguë et « Faster », de Neal Bascomb — l'enquête qui a exhumé la tentative nazie d'effacer une défaite), Chapron expédie deux des châssis loin de Paris, où ils sont dissimulés dans des granges et des grottes pendant toute la durée de la guerre. Il démonte les deux autres, en dispersant les pièces détachées dans son propre atelier.

La reconstruction d'après-guerre

Après la Libération, Chapron réassemble et recarrossse ces deux derniers châssis dans un esprit Art déco, avant qu'ils ne changent plusieurs fois de mains et finissent tous deux dans l'exceptionnelle collection de l'Américain Peter Mullin — voir L'odyssée de la Delahaye 165 — huit ans de douane, un V8 Cadillac, puis Peter Mullin pour un autre exemple, plus documenté encore, de ce type de parcours mouvementé sur une Delahaye de cette période.

Le dernier carrossier « intégré » de la marque

Deux décennies plus tard, c'est de nouveau Chapron qui accompagne la toute fin de l'aventure automobile Delahaye : en 1953, alors que les ventes de la Type 235 stagnent et que l'entreprise elle-même n'a jamais outillé ses propres locaux pour fabriquer des carrosseries en série, c'est une carrosserie « d'usine » standardisée signée Chapron qui est proposée comme option économique — près de 30 % moins chère qu'une carrosserie sur mesure — dans une tentative, finalement vaine, de sauver le modèle.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
hagerty.com, fr.wikipedia.org, en.wikipedia.org
Auteur du site
Ronnie Schreiber (Hagerty), citant Neal Bascomb ; contributeurs Wikipédia
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci