Aller au contenu
§ 02 · Moteur

Genèse du V6 Dino : Jano, Rocchi, Lampredi et le rôle exact de chacun

Ferrari Dino 206/246 GT/GTS · 1967–1974 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Trois ingénieurs, trois étapes

Contrairement à l'image d'un moteur unique conçu d'un seul tenant, le V6 « Dino » est le produit de trois phases de développement échelonnées sur plus d'une décennie, portées par trois ingénieurs différents dont les rôles sont souvent confondus dans la vulgate.

Étape 1 (1955-1957) : Vittorio Jano et la course

Fin 1955, Alfredo « Dino » Ferrari suggère à son père le développement d'un V6 DOHC de 1,5 litre pour la Formule 2 (voir Alfredo « Dino » Ferrari : biographie et rôle réel dans la genèse du V6). C'est l'ingénieur Vittorio Jano, transfuge d'Alfa Romeo puis de Lancia tout juste recruté par Ferrari, qui prend en charge la conception technique proprement dite, discutant des détails avec Dino jusqu'aux derniers jours de la vie de celui-ci. Jano privilégiait initialement une configuration classique à 60°, inspirée de ses propres travaux sur la Lancia Aurelia ; c'est finalement une architecture à 65° qui est retenue (voir L'architecture V6 à 65° : une singularité mondiale). Le premier moteur, construit et testé dès la fin de 1956, débute en compétition en avril 1957 sur la Dino 156 F2, troisième de sa première course au Grand Prix de Naples.

Étape 2 (1965) : Franco Rocchi et l'agrandissement pour la Formule 2

Lorsque la Dino 166 P évolue vers la 206 SP, prototype sport destiné aux hillclimbs et à l'endurance, c'est l'ingénieur Ferrari Franco Rocchi qui est chargé du réalésage du V6 à 1 986,60 cm³ pour exploiter pleinement la catégorie des deux litres — cylindrée qui sera reprise telle quelle sur la Dino 206 S, puis sur les Fiat Dino et Dino 206 GT routières.

Étape 3 (1966-1967) : Aurelio Lampredi et la conversion en version routière

La transformation du moteur de compétition en version civile fiable, destinée à équiper à la fois les Fiat Dino et la Dino 206 GT, est confiée par Fiat à un troisième ingénieur, Aurelio Lampredi — lui-même auteur, plus tôt dans sa carrière, de nombreux moteurs Ferrari de légende. Interviewé au début des années 1980, Lampredi résumera cette collaboration industrielle d'une formule restée célèbre : « les choses ne se sont pas passées exactement comme Ferrari l'avait prévu ». Ferrari espérait en effet fabriquer les moteurs à Maranello ; c'est finalement Fiat qui en garde la maîtrise industrielle complète, imposant sa propre chaîne de production turinoise.

Une paternité de façade, une paternité technique

Cette généalogie en trois temps éclaire la question, documentée dans Alfredo « Dino » Ferrari : biographie et rôle réel dans la genèse du V6, du rôle réel d'Alfredo Ferrari : son apport se situe essentiellement à l'origine du projet (le choix de la configuration V6 pour la F2, fin 1955) et dans la dimension symbolique que son père a choisi d'y attacher après sa mort, plutôt que dans la réalisation technique proprement dite, assurée successivement par Jano, Rocchi et Lampredi.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci