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§ 01 · Histoire et modèles

Des side-cars Swallow à la vitrine du moteur XK — origines de la XK120

Jaguar XK120 · XK140 · XK150 · 1948–1954 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

De la Swallow Sidecar Company à SS Jaguar

Tout part d'un atelier de side-cars. En 1922, à Blackpool, William Lyons, alors jeune passionné de moto, s'associe à son voisin William Walmsley, qui bricolait des side-cars stylés sous le nom de « Swallow ». Leur association, la Swallow Sidecar Company, se diversifie rapidement dans la carrosserie sur mesure (Austin Seven notamment), déménage à Coventry en 1928 sous le nom SS Cars Ltd, puis lance sa première voiture complète, la SS I, en 1931. Faute d'ambition industrielle suffisante chez Walmsley, Lyons rachète sa part en 1934 et prend seul la direction de la société, qu'il oriente vers une gamme de voitures sportives haut de gamme baptisées « SS Jaguar ».

Le pari Weslake et la SS100

Ne disposant pas encore de moteur maison, Lyons fait appel à l'ingénieur Harry Weslake, qu'il rémunère au forfait par cheval supplémentaire arraché au 6-cylindres Standard de 2 664 cm³ alors utilisé sous licence. Weslake livre une nouvelle culasse à soupapes en tête bien plus efficace, gagnant près de 50 % de puissance — fabriquée par Standard selon les plans de Lyons pour éviter à SS d'investir dans son propre outillage moteur. Cette mécanique regonflée donne naissance à la SS 90 puis à la SS100, portée à 3 485 cm³, capable de moins de 11 secondes du 0 à 60 mph et de 100 mph en pointe pour environ 445 £ — une performance largement inédite à ce tarif.

La guerre, le renoncement au nom SS et la promesse d'un moteur maison

Le conflit interrompt la production automobile : l'usine de Foleshill à Coventry bascule sur la réparation de bombardiers Whitley et la fabrication de matériel militaire. C'est durant cette période, selon la biographie officielle de William Lyons, que Lyons et son ingénieur en chef William Heynes — recrutés en interne au fil des années 1930 pour combler le manque d'expertise technique de Lyons, davantage styliste que motoriste — décident qu'en cas de victoire, Jaguar produira enfin ses propres moteurs plutôt que d'en acheter à Standard. En février 1945, la société abandonne le sigle « SS », devenu du fait du contexte de guerre chargé d'une connotation qu'il n'était plus question de porter, au profit du nom « Jaguar » — déjà utilisé comme appellation commerciale depuis 1934.

La XK120, née d'un problème de calendrier industriel

À la sortie de la guerre, l'ambition première de Lyons n'est pas une voiture de sport mais une berline sportive capable de 100 mph pour moins de 1 000 £ — projet qui deviendra la Mark VII. Le nouveau moteur maison, le XK (voir sa genèse technique détaillée dans La genèse du moteur XK — du guet anti-incendie de 1943 aux prototypes XF, XG puis XK), est prêt dès 1948, mais pas la carrosserie de la Mark VII : selon plusieurs sources concordantes, le carrossier Pressed Steel ne pouvait fournir les caisses de la future berline sans un investissement d'outillage préalable que Jaguar n'était pas encore en mesure de financer. Pour faire rouler et faire connaître son nouveau moteur en attendant, Lyons décide de l'habiller d'une carrosserie de sport provisoire, dessinée par ses soins en à peine quatre semaines, montée sur un châssis de Mark V raccourci d'environ 46 cm et allégé d'environ 270 kg par rapport à la berline. Le choix d'une construction légère en aluminium sur cadre de bois (plutôt qu'en acier embouti) répond à deux logiques convergentes signalées par les sources : éviter les frais d'outillage d'une caisse en acier, et le fait que Lyons n'envisageait au départ qu'une production confidentielle d'environ 200 exemplaires — cette voiture n'étant conçue, à l'origine, que comme banc d'essai roulant et vitrine commerciale pour le moteur XK avant son arrivée sur la Mark VII.

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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