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§ 01 · Histoire et modèles

La Delta S4 Stradale — 200 exemplaires produits pour le seul règlement

Lancia Rally 037 et Lancia Delta S4 · 1982–1983 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une chaîne de fabrication éclatée entre trois sites

La version routière de la Delta S4, indispensable pour obtenir l'homologation en Groupe B (200 exemplaires minimum exigés par la FIA), suit un parcours de fabrication en trois étapes bien distinctes. Les structures tubulaires en acier sont d'abord préassemblées et soudées chez Cecomp, sous-traitant spécialisé. Les coques ainsi obtenues partent ensuite chez le carrossier Savio, chargé de la construction des éléments de carrosserie en résine composite et de la peinture. Les voitures ainsi préassemblées rejoignent enfin l'usine Lancia de Borgo San Paolo, à Turin, pour le montage final des organes mécaniques et de l'habillage intérieur. Chaque moteur, quant à lui, est construit et banc-testé séparément par les techniciens de l'Officina Abarth de Corso Marche — une chaîne à quatre intervenants qui illustre à quel point la S4 reste, malgré son nom commercial, un produit d'atelier de compétition plutôt qu'un modèle de série classique.

Une mécanique très éloignée de la voiture de course, mais pas dénaturée

Contrairement à d'autres homologations spéciales de l'époque parfois fortement bridées, la Delta S4 Stradale conserve l'architecture complète de la voiture de compétition : moteur 1 759 cm³ central arrière à double suralimentation (turbocompresseur KKK et compresseur volumétrique Abarth Volumex, voir Le moteur twincharger de la Delta S4 — turbo et compresseur volumétrique sur le même bloc), transmission intégrale, châssis tubulaire habillé de panneaux composites. La puissance est toutefois ramenée à environ 250 ch, contre 450 ch et plus en configuration course — un écart qui reste néanmoins très généreux pour une voiture de route homologuée au milieu des années 1980, la masse à vide se situant selon les sources entre 1 197 et 1 200 kg.

Un accueil commercial d'abord tiède

À sa présentation, la S4 Stradale peine à trouver preneur : sa vocation est avant tout réglementaire, et son prix élevé, sa position de conduite peu pratique et son comportement proche de celui d'une voiture de course en dissuadent plus d'un acheteur potentiel malgré la notoriété sportive de la voiture. Les 200 exemplaires ne s'écoulent donc pas immédiatement sur le marché.

L'interdiction du Groupe B, un paradoxe commercial favorable

L'annonce de la suppression du Groupe B fin 1986 change immédiatement la donne commerciale : selon Wikipédia, une bonne partie du stock encore invendu — jusqu'à 140 exemplaires selon les sources consultées — trouve alors preneur, la voiture basculant du statut de simple curiosité d'homologation à celui d'objet de collection appelé à ne plus jamais être reproduit. Ce paradoxe (une décision qui met fin à la carrière sportive de la voiture tout en dopant sa désirabilité commerciale immédiate) explique en partie pourquoi la S4 Stradale figure aujourd'hui parmi les Groupe B routières les plus cotées, loin devant sa cadette technique la 037 Stradale, pourtant plus nombreuse (voir La cote de la 037 et de la Delta S4 — deux trajectoires de marché bien distinctes).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
it.wikipedia.org + fr.wikipedia.org + bonhams.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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