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§ 02 · Moteur

Les V8 M116 et M117 de la R107 : du 3,5 litres inaugural au 5,6 litres final

Mercedes-Benz SL R107 / R129 · 1971–1989 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un premier V8 emprunté à une berline

La R107 innove dès son lancement en avril 1971 en devenant la première SL de série propulsée par un V8. Ce moteur, le M116 de 3,5 litres, n'est pas une création dédiée : il équipe déjà la grande berline 300 SEL depuis 1969, et son implantation dans le châssis plus compact et plus léger de la nouvelle SL relève, selon The SLSHOP, de la même logique qu'un vieux tour de main du préparateur américain — glisser le moteur d'une plus grosse voiture dans un châssis plus léger pour un gain de performance immédiat. Le résultat, une 350 SL de 197 ch capable de dépasser les 210 km/h et d'abattre le 0 à 100 km/h en 8,8 secondes, confirme la pertinence du calcul. Dès l'automne 1971, un second V8 plus gros, le M117, rejoint la gamme sur le marché américain sous une appellation commerciale trompeuse (« 350 SL » puis, dès 1973, 450 SL) avant son introduction officielle sur le reste du monde en mars 1973.

La montée en cylindrée des années 1980

En 1980, une refonte de gamme fait passer le V8 d'entrée de gamme de 3,5 à 3,8 litres (380 SL, M116) tandis que le haut de gamme troque le 4,5 litres contre un tout nouveau V8 cinq litres en alliage léger, le M117 utilisé en 500 SL — un moteur d'abord homologué en compétition sur la SLC 450 SLC 5.0 (voir La SLC en rallye (1977-1980) : le retour de Mercedes-Benz en compétition officielle) avant de rejoindre le roadster de série. Cette architecture en alliage léger permet un gain de poids appréciable mais impose, en cas de réparation après alésage, un traitement de surface spécifique pour exposer les cristaux de silicium du revêtement Alusil sans lesquels le bloc s'userait prématurément.

Le 560 SL : la plus grosse cylindrée jamais montée sur une R107 de série

Lors du restylage de septembre 1985, un dernier V8, exclusivement réservé aux marchés d'exportation (États-Unis, Australie, Japon) et jamais commercialisé officiellement en Europe, complète la gamme : le 560 SL, porté à 5 547 cm³ pour une puissance encadrée par les normes antipollution américaines mais généreuse en couple. Contrairement à une idée reçue rapportée par Wikipédia francophone, ce moteur n'est pas particulièrement bridé par la mauvaise qualité de l'essence américaine du début des années 1980 : dès 1985, l'amélioration des carburants disponibles aux États-Unis lui permet de talonner de très près, en puissance réelle, le haut de gamme européen 500 SL alors non catalysé (245 ch), que l'Europe seule pouvait se procurer. Un rapport de pont plus court que celui du 420 SL compense partiellement l'écart de performance. Le 560 SL rencontre un grand succès commercial aux États-Unis jusqu'à l'arrêt de production du modèle en août 1989 — voir Chronologie détaillée de la R107 (1971-1989).

Un moteur modulaire, jusqu'à l'excès

La conception modulaire de la gamme R107 autorise, en théorie, le montage de n'importe quel moteur disponible sur les berlines contemporaines de la même architecture — de sorte que des conversions non standard ont été réalisées au fil des décennies, allant du diesel cinq-cylindres OM 617 de 80 ch jusqu'au V8 6,9 litres M100 de la 450 SEL 6.9. Ces conversions demeurent des cas individuels et ne reflètent jamais la production d'origine.

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Provenance de cette fiche
Date d'extraction
13 sept. 2026
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