Corsa B (1993-2000) — la rupture stylistique et l'abandon définitif du nom Nova
Dévoilée en avril 1993 (code interne General Motors S93), la Corsa B marque une rupture volontaire avec la ligne anguleuse de la Corsa A. C'est aussi à l'occasion de ce lancement que le Royaume-Uni abandonne définitivement le nom Vauxhall Nova au profit de « Vauxhall Corsa » (voir Pourquoi la Corsa s'est appelée Vauxhall Nova au Royaume-Uni (1983-1993) pour le détail de ce changement).
Une gamme resserrée en Europe, mais démultipliée hors d'Europe
Contrairement à la Corsa A, la Corsa B n'est proposée en version à malle sur aucun marché européen : seuls des hayons trois et cinq portes figurent au catalogue continental. Une berline tricorps est en revanche spécialement dessinée au Brésil pour le marché sud-américain, où ce type de carrosserie reste largement préféré au hayon — elle sera ensuite également commercialisée en Afrique du Sud et en Inde. Un break, un fourgon et même un pick-up complètent l'offre sur certains marchés d'exportation, ainsi qu'un cabriolet réservé au marché australien (Holden Barina Cabrio). Cette diversification internationale considérable de la Corsa B, la plus poussée de toute l'histoire du modèle, est traitée en détail dans Une même voiture sous dix badges — le tour du monde industriel de la Corsa chez General Motors plutôt que reprise ici.
Sécurité et motorisations : des progrès mesurés
Par rapport à la Corsa A, la Corsa B introduit des barres de protection latérale de série, ainsi qu'un airbag conducteur et un système ABS disponibles en option — des évolutions notables pour une citadine d'entrée de gamme au milieu des années 1990. Le moteur d'entrée de gamme reste un 1,2 litre de la famille « Family I », complété par des 1,4 et 1,6 litre essence ainsi qu'un 1,5 litre turbodiesel économique. La boîte manuelle à cinq rapports devient la norme, même si une ancienne boîte à quatre rapports subsiste un temps sur les versions les plus modestes ; une boîte automatique à quatre rapports Aisin figure au catalogue sur certaines motorisations. En 1997, une gamme de moteurs plus modernes dite « Family 0 » fait son apparition (1,0 litre trois cylindres et 1,2 litre quatre cylindres), accompagnée d'un réglage de suspension confié au spécialiste britannique Lotus et d'un léger rajeunissement esthétique marqué par une nouvelle calandre en V.
Une version GSi qui ne convainc pas
Dès le lancement, Vauxhall propose une version sportive badgée GSi, équipée d'un 1,6 litre 16 soupapes de 105 ch (9,2 s au 0-100 km/h, 195 km/h de vitesse de pointe), assortie d'une suspension sport, de freins agrandis et de pneus plus larges. Malgré ces efforts, la presse comme le public restent tièdes : la GSi ne parvient pas à séduire les amateurs de conduite sportive et Vauxhall la retire du catalogue dès la fin de l'année 1994 — un échec relatif qui contraste avec le succès de la génération suivante et qui s'inscrit dans la lignée sportive Opel détaillée dans GSi, OPC, VXR, GSE — la lignée sportive Opel de la Corsa, une identité distincte de la GTI.
Une campagne publicitaire people et une première historique
Le lancement britannique de la Corsa B s'appuie sur une campagne publicitaire résolument haut de gamme pour une citadine, mettant en scène des mannequins internationales de premier plan (Naomi Campbell, Kate Moss, Linda Evangelista, Christy Turlington). Ce choix marketing spectaculaire contraste avec l'accueil plus réservé de la presse automobile britannique, qui juge la voiture solide et spacieuse mais en retrait, sur le plan des sensations de conduite, par rapport à la Ford Fiesta contemporaine — voir « Un peu plus ordinaire sous le capot » — l'accueil de la presse au fil des générations, toujours mesuré à l'aune de la Fiesta.
Un peu plus tard dans la carrière du modèle, une édition spéciale « .com » de 1999 est directement associée à un jalon numérique inédit : le 1ᵉʳ novembre 1999, une acheteuse britannique nommée Joan Tabner devient la première personne au monde à acquérir une voiture neuve directement par Internet, précisément une Corsa .com — un « premier » documenté qui trouve sa place naturelle dans De la première voiture achetée sur Internet aux chaussettes de collection — séries spéciales et « premières » de la Corsa. Une déclinaison Corsavan (utilitaire dérivé, dans la continuité de la Nova Van) et un coupé dérivé, l'Opel/Vauxhall Tigra (1994-2001, plus de 250 000 exemplaires vendus, également sur base Corsa mais avec une carrosserie et un habitacle entièrement spécifiques), complètent la gamme sans être développés davantage dans ce dossier consacré à la seule Corsa.
Fin de carrière
La production européenne de la Corsa B s'achève en 2000, remplacée par la Corsa C. Rien qu'au Royaume-Uni, plus de 600 000 exemplaires ont trouvé preneur sur les sept années de commercialisation — un chiffre à mettre en perspective avec les rivalités du segment qui s'intensifient sur cette période.
Voir aussi
- Pourquoi la Corsa s'est appelée Vauxhall Nova au Royaume-Uni (1983-1993)
- Corsa A (1982-1993) — onze ans de carrière pour une première génération, carrosseries et motorisations
- Corsa C (2000-2006) — la plateforme Gamma, le duel avec la Fiesta et le conflit de nom au Japon
- Une même voiture sous dix badges — le tour du monde industriel de la Corsa chez General Motors
- GSi, OPC, VXR, GSE — la lignée sportive Opel de la Corsa, une identité distincte de la GTI
- De la première voiture achetée sur Internet aux chaussettes de collection — séries spéciales et « premières » de la Corsa
- Site source
- en.wikipedia.org, fr.wikipedia.org, motoringresearch.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Opel_Corsa ↗
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