Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

Le rachat d'Opel et Vauxhall par PSA en 2017 — la fin de 88 ans sous pavillon General Motors

Opel Corsa · depuis 1982 · 4 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une annonce en mars, une signature effective en août

L'opération qui fait basculer Opel et sa filiale britannique Vauxhall hors du giron General Motors se déroule en deux temps bien distincts. L'annonce et la confirmation de l'accord interviennent le 6 mars 2017 : le groupe français PSA (Peugeot-Citroën, à l'époque déjà propriétaire de la marque DS Automobiles) confirme le rachat pour un montant de 1,3 milliard d'euros, soit environ 1,13 milliard de livres sterling au taux de change de l'époque, selon les chiffres publiés par la presse professionnelle britannique du secteur automobile. Certaines synthèses de presse ultérieures évoquent un montant total légèrement supérieur, de l'ordre de 1,8 milliard d'euros, en intégrant à l'opération la reprise d'une participation de 50 % dans les activités européennes de financement automobile de GM (GM Financial) — un volet financier distinct de la seule acquisition industrielle d'Opel/Vauxhall, à traiter avec prudence faute de source primaire directement consultée pour ce chiffre composite.

La transaction n'est juridiquement finalisée que plusieurs mois plus tard, le 1ᵉʳ août 2017 — une date confirmée de façon indépendante par le dossier consacré à l'usine d'Eisenach dans ce corpus (voir reconversion-opel-eisenach-1990-aujourdhui). C'est ce jour-là que le PDG d'Opel de l'époque, Michael Lohscheller, qualifie l'événement de « jour historique » et évoque l'ouverture d'un nouveau chapitre après 88 années passées sous propriété General Motors — une déclaration qui, arithmétiquement, situe l'acquisition initiale d'Opel par GM en 1929. Le président du conseil d'administration de PSA, Carlos Tavares, insiste de son côté sur la préservation des identités nationales des deux marques rachetées : Opel doit rester allemande, Vauxhall doit rester britannique, les deux venant compléter un portefeuille jusque-là composé des seules marques françaises Peugeot, Citroën et DS Automobiles. Les droits de codétermination des salariés allemands (Mitbestimmung), un mécanisme de gouvernance protégé par le droit du travail outre-Rhin, sont explicitement maintenus dans l'accord.

Une coopération industrielle largement antérieure à l'acquisition elle-même

Contrairement à une idée reçue qui voudrait que cette bascule capitalistique ait été brutale, PSA et Opel/Vauxhall travaillaient déjà ensemble depuis 2012 — soit cinq ans avant le rachat complet. Au moment de la finalisation de la vente en août 2017, cette coopération a déjà donné naissance à un premier véhicule commun disponible chez les concessionnaires depuis juin de la même année, le SUV Opel/Vauxhall Crossland X, suivi de près par le Grandland X (prévu début 2018) et par la remplaçante du utilitaire Combo (prévue en 2018). Un article de presse professionnelle daté du jour même de la finalisation confirme, fait notable pour ce dossier, qu'« à partir de 2019 » la génération suivante de Corsa doit également voir le jour dans le cadre de cette coopération élargie — confirmation contemporaine et directe que le basculement de la Corsa vers une base technique PSA (voir Corsa F (2019-) — la première Corsa sous plateforme PSA, et la fin du hayon trois portes) était déjà planifié dès l'été 2017, et non décidé après coup.

Autre nuance utile à consigner : la rupture avec General Motors n'est pas immédiate sur le plan industriel. Au-delà de la coopération électrique à venir, plusieurs usines Opel/Vauxhall continuent, pour un temps, de produire des véhicules pour deux marques encore liées à General Motors, Buick et Holden — signe que la transition s'opère de façon progressive plutôt que par une rupture nette du jour au lendemain.

D'une alliance industrielle passée avec Fiat à une union corporative avec ses héritiers

Un rapprochement industriel plus ancien mérite d'être signalé pour mesurer toute l'ironie de cette histoire : General Motors avait déjà détenu, entre 2000 et 2005, une participation au capital de Fiat — une alliance dont est directement issue la plateforme SCCS utilisée par les Corsa D et E (voir Meriva, MiTo, Bipper, Nemo, Sirion — la toile de cousins industriels de la Corsa, bien avant PSA). Or, en janvier 2021, PSA fusionne à son tour avec Fiat Chrysler Automobiles (FCA) pour former le groupe Stellantis — de sorte que l'ancien partenaire industriel de General Motors du début des années 2000 devient, deux décennies plus tard, un frère de groupe d'Opel au sein d'un tout autre ensemble capitalistique. Depuis cette fusion, Opel, Peugeot, Citroën, DS Automobiles, Fiat, Chrysler et Jeep appartiennent ainsi au même groupe Stellantis, dont la Corsa F représente, du côté de la marque allemande, l'un des tout premiers modèles nés entièrement dans ce nouveau cadre.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fleetnews.co.uk, en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci