Le V6 PRV sur les 504 Coupé et Cabriolet
Pour le millésime 1975, les 504 Coupé et Cabriolet reçoivent, aux côtés de la Volvo 260, l'honneur d'inaugurer un moteur qui fera une longue et controversée carrière dans l'industrie automobile européenne : le V6 PRV, né de la coopération entre Peugeot, Renault et Volvo.
Un lancement décevant
La première version de ce V6 à 90 degrés — un angle hérité du V8 avorté qui devait initialement l'accompagner — développe seulement 136 ch pour une cylindrée de 2664 cm³, soit un rendement jugé décevant à l'époque (51 ch au litre) par rapport aux moteurs allemands comparables. Alimenté par une carburation jugée peu aboutie par les essayeurs de l'époque, gourmand en carburant et affligé d'une irrégularité de fonctionnement souvent commentée par la presse spécialisée, ce V6 d'origine confère aux 504 coupé et cabriolet des performances seulement moyennes, nettement inférieures par exemple à celles d'une Citroën SM pourtant alors en fin de carrière.
Une décision commerciale hasardeuse
Peugeot va pourtant décider d'imposer ce V6 à sa clientèle en supprimant purement et simplement, pendant trois ans, les versions 4 cylindres du catalogue coupé/cabriolet — une décision d'autant plus risquée que l'Europe traverse alors les conséquences du premier choc pétrolier (1973). La réaction du marché est immédiate : les ventes s'effondrent, et seuls 974 cabriolets V6 seront construits durant cette période où le 4 cylindres reste absent du catalogue (voir Les 504 Coupé et Cabriolet — trois séries signées Pininfarina pour le détail des trois séries stylistiques).
L'injection Bosch K-Jetronic et le repli sur le coupé
En octobre 1977, le V6 reçoit enfin une injection mécanique Bosch K-Jetronic, qui porte sa puissance à 144 ch. Mais dans le même mouvement, Peugeot réintroduit le 4 cylindres 2,0 litres sur les deux carrosseries et réserve désormais le V6 au seul coupé, exclusivement associé à une boîte mécanique à 5 rapports (seule 504 à en bénéficier). Ce choix, difficilement compréhensible à l'époque, contribue rétrospectivement à la grande rareté — et donc à la cote actuelle élevée — du cabriolet V6, aujourd'hui considéré comme la plus désirable des séries 504 à carrosserie Pininfarina.
Un moteur qui s'est bonifié avec le temps
Le V6 PRV, longtemps vilipendé par la presse spécialisée de son époque, a connu une carrière bien plus longue et plus large que sa réputation initiale ne le laissait présager, équipant par la suite de nombreux autres modèles du groupe (dont la Peugeot 604, qui le partage directement avec le coupé et le cabriolet 504) ainsi que des Renault et des Volvo. Sur la 504, il reste associé aux deux dernières et plus rares déclinaisons du duo Pininfarina — un chapitre à part dans l'histoire mécanique du modèle, autrement dominée par la sobriété des 4 cylindres essence et Diesel (voir Les moteurs essence de la 504 — vue d'ensemble et Le Diesel Indenor — la légende du moteur increvable de la 504).
Voir aussi
- Site source
- carjager.com
- Auteur du site
- Nicolas Fourny (carjager.com)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- La Peugeot 504 Riviera — le break de chasse jamais produitPeugeot 504 · Histoire et modèles
- Guide d'achat, identification et cote de la Peugeot 504Peugeot 504 · Achat administratif
- Les moteurs essence de la 504 — vue d'ensemblePeugeot 504 · Moteur
- Les 504 Coupé et Cabriolet — trois séries signées PininfarinaPeugeot 504 · Histoire et modèles
- Le Diesel Indenor — la légende du moteur increvable de la 504Peugeot 504 · Moteur
- Histoire générale de la Peugeot 504 (1968-1983 et au-delà)Peugeot 504
- Chronologie détaillée de l'évolution de la Peugeot 504 (1968-1983)Peugeot 504
- Trains roulants, suspension et freinage de la 504Peugeot 504
- Les moteurs essence de la 504 — vue d'ensemblePeugeot 504
- La gamme berline 504 — de la L à la TiPeugeot 504
- Les 504 Coupé et Cabriolet — trois séries signées PininfarinaPeugeot 504