Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

Les 504 Coupé et Cabriolet — trois séries signées Pininfarina

Peugeot 504 · 1968–1983 · 6 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Présentés au Salon de Genève en mars 1969, les 504 Coupé et Cabriolet occupent le sommet de la gamme Peugeot de l'époque — la 604 n'arrivera que sept ans plus tard. Contrairement aux 404 coupé et cabriolet dont le dessin restait proche de la berline, la direction de Peugeot exige cette fois une rupture totale : les deux carrosseries, entièrement dessinées et en partie fabriquées par Pininfarina, ne partagent aucun embouti avec la berline 504 et ne cultivent, à dessein, aucune ressemblance avec elle (ni les phares « Sophia Loren », ni la cassure de malle — voir La genèse du style de la 504 — le duel Pininfarina / Bureau du Style Peugeot). Le dessin, signé Franco Martinengo chez Pininfarina, se distingue par une ligne de caisse basse, un vitrage généreux et une poupe très travaillée marquée par des feux en « griffe de lion » — un motif auquel Peugeot rendra hommage bien plus tard, jusque sur la 3008 de deuxième génération. Certains observateurs de l'époque n'hésitent pas à rapprocher la silhouette de la Chevrolet Camaro, dévoilée deux ans plus tôt.

Sur toute la carrière du modèle, le coupé aura été produit en plus grand nombre que le cabriolet : 26 476 coupés au total. La production s'échelonne sur trois grandes générations stylistiques et mécaniques, couramment désignées série 1, série 2 et série 3.

Identification

L'identification d'un coupé ou d'un cabriolet 504 se fait par une frappe à froid, située près de la fixation supérieure de l'amortisseur avant droit, et/ou par deux plaques fixées sous le capot sur la joue de l'aile avant droite : la plaque constructeur, qui permet de connaître la série, la motorisation et l'année de production grâce à la mention du type ; et une seconde plaque propre à Pininfarina, comprenant un code à 5 chiffres précédé d'une lettre correspondant au numéro de caisse.

Série 1 (mars 1969 - octobre 1974)

La première génération, considérée comme la plus pure dans son dessin, se reconnaît à ses doubles optiques avant, sa calandre à trois barrettes chromées, ses pare-chocs en inox et ses feux arrière en « griffes » à trois barrettes inclinées. Elle n'est disponible qu'avec le 4 cylindres, en 1,8 litre à injection (97 ch, de mars 1969 à septembre 1970) puis en 2,0 litres (d'octobre 1970 à septembre 1974), ce dernier pouvant être associé à une boîte automatique à trois rapports (seulement 292 cabriolets et 2 163 coupés ainsi équipés — l'automatique ne fait qu'ajouter à un tempérament déjà peu vif).

Les tout premiers exemplaires 1,8 litre sont aujourd'hui les plus recherchés en 4 cylindres, en particulier le cabriolet (1 114 exemplaires seulement en 1,8 litre), nettement plus prisé et plus rare que le coupé de la même génération. Le tout premier cabriolet commercialisé en France, un modèle de 1969, a été adjugé 28 608 € par la maison Artcurial en 2018.

Repères de la série 1 : octobre 1970, le 2,0 litres remplace le 1,8 litre, avec compte-tours et montre au tableau de bord, frein à main déplacé entre les sièges avant (au lieu d'être sous la planche de bord à gauche du volant) et platine de compteurs noire. Octobre 1972 : la boîte automatique n'est plus proposée que sur le coupé.

Série 2 (octobre 1974 - octobre 1979)

Commercialisée en octobre 1974, cette génération cultive plusieurs paradoxes. Elle gagne en caractère mécanique avec l'arrivée du V6 PRV (voir Le V6 PRV sur les 504 Coupé et Cabriolet) mais perd en personnalité esthétique avec l'abandon des quatre phares et des feux arrière « griffes » au profit d'optiques plus classiques (bloc de phares unique, calandre nouvelle, feux arrière rectangulaires, poignées de porte encastrées, roues en tôle à 16 trous, appuie-têtes avant, ceintures à enrouleur). Les freins avant deviennent des disques ventilés et la direction assistée fait son apparition.

Autre paradoxe : alors que le premier choc pétrolier vient de renchérir considérablement le prix de l'essence, Peugeot ne propose plus, pendant trois ans, que le seul V6 à carburateur — assez peu performant et plutôt gourmand, associé à une boîte 4 rapports. Cette impasse commerciale se traduit par une chute de production sur la période : seuls 974 cabriolets V6 sont construits durant ces trois années, ce qui en fait aujourd'hui une pièce de collection très recherchée, en particulier dans des teintes exotiques comme le jaune tulipe.

Troisième paradoxe, en octobre 1977 : le V6 reçoit enfin l'injection Bosch K-Jetronic (144 ch), mais n'est plus disponible que sur le coupé, exclusivement associé à une boîte mécanique 5 rapports (la seule 504 à en bénéficier). Le 4 cylindres 2,0 litres fait dans le même temps son retour sur les deux carrosseries (106 ch), mais sans la boîte 5 rapports, et la direction assistée devient de série sur toute la gamme. La boîte automatique, elle, disparaît de l'offre V6 et ne subsiste qu'en option sur le seul coupé 2,0 litres.

Pour cette génération, mieux vaut privilégier, sur le coupé V6, la version à injection — plus performante, plus fiable, plus sobre. Elle se distingue aussi par des jantes au diamètre métrique, chaussées de pneus Michelin TRX 190/65 HR 390, aujourd'hui rares et coûteux (environ 1 400 euros le train de pneus).

Série 3 (octobre 1979 - mai 1983)

Dernière génération, parfois qualifiée de « chant du cygne » du duo coupé/cabriolet : la boîte 5 rapports arrive enfin sur les moteurs 4 cylindres, mais un second restylage, moins heureux que le premier, équipe la voiture de pare-chocs en polyuréthane (teintés carrosserie sur les versions en peinture métallisée, ou noirs sur les autres). Ce choix esthétique ne séduit pas la clientèle et l'érosion commerciale devient nette : 508 coupés et 273 cabriolets vendus en 1980, contre seulement 78 coupés et 123 cabriolets en 1983, dernière année de production. Un nouveau tableau de bord, agrémenté de placages en loupe d'orme puis, à partir d'octobre 1981, d'un nouveau bloc de cinq cadrans, tente sans grand succès de relancer l'intérêt — les coupés V6 ainsi équipés de ce dernier tableau de bord ne sont qu'une petite centaine.

La production s'arrête définitivement en mai 1983. Fait notable, c'est la seule des trois générations où l'écart de production entre coupé et cabriolet est le plus faible, à l'avantage cette fois du cabriolet — mais c'est aussi la génération la moins recherchée en collection, la plus adaptée en revanche à un usage quotidien.

Le choix d'un connaisseur (L'argus Classic)

  • Le collector : cabriolet série 2, moteur V6
  • L'authentique : cabriolet série 1, moteur 4 cylindres 1,8 litre
  • Le bon plan : coupé série 2, V6 injection, boîte manuelle 5 rapports
  • Celle pour rouler tous les jours : coupé série 3, 4 cylindres 2,0 litres, boîte manuelle 5 rapports

Une devancière oubliée : le concept-car Riviera

Deux ans après le lancement du duo, Pininfarina propose à Peugeot une troisième carrosserie, un break de chasse resté à l'état de concept-car : voir La Peugeot 504 Riviera — le break de chasse jamais produit.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
largus.fr
Auteur du site
Jean-Luc Moreau (L'argus)
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci