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§ 12 · Culture documentation

L'Espace F1 (1994) — un moteur de Formule 1 dans un monospace, pour les dix ans du modèle

Renault Espace · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un projet conjoint Matra-Renault-Williams

L'Espace F1 est un prototype conçu en partenariat entre Matra, Renault et l'écurie Williams, présenté au Mondial de l'automobile de Paris en 1994 pour célébrer les dix ans de commercialisation de l'Espace. Construit sur la base des formes générales de l'Espace II (voir Espace II (1991-1997) — la « berlinisation » du monospace sous le crayon d'Aimé Saugues), il reçoit un moteur de Formule 1 : le Renault RS5, V10 atmosphérique à 67° de 3 500 cm³ et 40 soupapes, identique à celui de la Williams FW15C, développant selon les sources entre 780 et 820 ch. Le design du véhicule est signé Thierry Métroz (voir Trois générations, trois styles — Volanis, Saugues puis Métroz au dessin de l'Espace), qui dessinera deux ans plus tard l'Espace III de série. Deux exemplaires seulement sont produits : un modèle roulant et une maquette statique.

Une mise au point menée par des passionnés

Le projet démarre en avril 1994 avec un objectif calendaire de finalisation en septembre. L'équipe technique réunit Jean-Louis Caussin comme architecte, Gérard Ducarouge comme chef de projet et Éric Bernard comme pilote d'essai ; la réalisation des prototypes est confiée à l'entreprise MOC Composites, dirigée par Philipp Moch.

Le projet Senna, abandonné après le drame de Imola

L'idée marketing initiale prévoyait qu'Ayrton Senna arrive au volant de l'Espace F1 sur la ligne de départ du Grand Prix de France 1994, avant d'en sortir pour rejoindre sa Williams FW16 — mise en scène abandonnée après la mort du pilote brésilien en mai 1994. Renault envisage alors une reconversion en voiture de sécurité (safety car) de Formule 1, projet qui échoue à son tour en raison de contraintes techniques liées au démarrage et à l'endurance du moteur V10 sur ce type d'usage. Le véhicule est finalement présenté sous forme de maquette statique au Mondial de Paris 1994.

Des essais rares mais spectaculaires

C'est Alain Prost, en compagnie de Louis Schweitzer (président de Renault en 1995), qui prend le volant du modèle roulant pour ses premiers tours de roues sur le circuit de Nevers Magny-Cours. Le véhicule ne sera piloté qu'à de rares occasions : par Prost et Éric Bernard lors d'une présentation presse au circuit Paul-Ricard en 1995 (où Prost déclarera : « J'ai toujours rêvé d'emmener les journalistes que je n'aimais pas dans une F1 pour leur faire un peu peur et me venger »), en ouverture des Grands Prix de Silverstone et de Magny-Cours, puis en 2002 sur la piste d'essais de Mortefontaine à l'occasion du retour de Renault en Formule 1, et au festival de vitesse de Goodwood la même année — ces deux dernières apparitions étant assurées par Jean Ragnotti.

Une architecture technique hybride

Le châssis est majoritairement en carbone avec une structure en nid d'abeilles d'aluminium, la partie avant conservant la structure acier d'origine de l'Espace II. Le train avant, création originale de MOC Composites montée sur cette base acier, reprend des porte-moyeux de Venturi Atlantique 500 LM et des suspensions Penske Racing ; le train arrière provient directement de la Williams FW14 avec suspensions Eibach. Le freinage est assuré par quatre disques carbone ventilés Carbone Industrie. Le moteur, en position centrale arrière, est associé à une boîte semi-automatique Williams TG3 à six rapports avec commandes au volant, les échappements soufflant directement dans le diffuseur arrière — une sophistication mécanique sans commune mesure avec le reste de la gamme Espace, y compris sa version Quadra à transmission intégrale (voir L'Espace Quadra (1988) — la transmission intégrale et son différend avec Audi).

Des performances de voiture de course

L'Espace F1 accélère de 0 à 100 km/h en 2,8 secondes, de 0 à 200 km/h en 6,9 secondes, pour une vitesse de pointe supérieure à 300 km/h (jusqu'à 310 km/h selon l'encadré technique) — au prix d'une consommation de 60 l/100 km. Le système de freinage permet de passer de 300 à 70 km/h en seulement 80 mètres. En raison de son centre de gravité élevé, hérité de sa base monospace, le véhicule ne peut cependant pas encaisser plus de 2 G d'accélération latérale sans risquer de se retourner.

Une seconde vie dans les jeux vidéo

Le modèle roulant est aujourd'hui conservé au musée Matra de Romorantin (voir L'Espace automobiles Matra, musée officiel de Romorantin-Lanthenay), tandis que la maquette statique figure dans la collection Renault de Flins. L'Espace F1 est également pilotable dans les jeux vidéo Gran Turismo 2 (1999) et Gran Turismo 7 depuis une mise à jour de décembre 2025.

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Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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