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§ 01 · Histoire et modèles

Espace II (1991-1997) — la « berlinisation » du monospace sous le crayon d'Aimé Saugues

Renault Espace · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Corriger « l'effet camionnette »

Présentée en 1991, la deuxième génération de l'Espace — codée P36 chez Matra et J63 chez Renault — répond à une critique récurrente adressée à la première génération : son allure jugée trop proche de celle d'un véhicule utilitaire. Selon Motorlegend, l'objectif assumé de cette génération est de « berliniser » la voiture dans son design comme dans ses formes, sans pour autant céder à la mode du bio-design alors envahissante sur le marché automobile généraliste (Ford Sierra, Renault 19 puis Twingo…).

Le dessin, réalisé chez Matra par le styliste Aimé Saugues, assouplit les lignes de la première génération dans un sens plus dynamique et plus moderne : montants de pare-brise d'une extrême finesse recouverts par les vitres latérales, rétroviseurs intégrés dans des excroissances de carrosserie plutôt que rapportés en saillie. La caisse continue de reposer sur des panneaux de carrosserie composites, mais le procédé de fabrication évolue significativement à cette occasion (voir L'évolution du composite — du stratifié artisanal au SMC pressé à chaud sur l'Espace II).

Une base technique reconduite, une gamme étoffée

Sur le plan mécanique, l'Espace II reprend les solutions éprouvées de la première génération : trains roulants et éléments mécaniques hérités de la Renault 25 (voir Un monospace sans plate-forme à lui — quatre générations de mécaniques d'emprunt), transmission intégrale Quadra disponible en option. Les ingénieurs développent en parallèle une motorisation V6 et une boîte automatique, deux évolutions destinées à répondre à une demande particulièrement marquée en Europe du Nord — voir Le V6 PRV de l'Espace — de l'Espace II (2,8 L) à l'Espace III (Z7X puis L7X) pour le détail de cette motorisation.

La finition progresse nettement, de même que l'ergonomie : les sièges arrière montés sur rails apparaissent sur les finitions haut de gamme. L'adjonction du V6 et de la boîte automatique installe définitivement l'Espace dans un positionnement haut de gamme, loin de son image initiale de véhicule utilitaire déguisé.

Un jalon symbolique franchi en 1996

Le cap des 500 000 exemplaires d'Espace toutes générations confondues (Espace I incluse, à hauteur d'environ 190 000 unités) est franchi en juillet 1996, en toute fin de carrière de l'Espace II. Celle-ci totalise, selon l'encadré technique de Wikipédia, 317 225 exemplaires produits à Romorantin — un chiffre légèrement différent (316 518) mentionné dans le corps du même article, écart mineur non résolu ici.

De nouveaux concurrents structurés

Contrairement à l'Espace I qui n'avait affronté de rivaux directs que tardivement (voir L'essor commercial (1986-1990) et l'invention du segment monospace en Europe), l'Espace II doit composer dès le début des années 1990 avec une concurrence organisée : le Pontiac Trans Sport de General Motors et le Toyota Previa d'abord, puis en 1994 la vague des clones PSA-Fiat (Peugeot 806, Citroën Évasion, Fiat Ulysse, Lancia Zêta) et enfin, en 1995, le trio Ford Galaxy/Volkswagen Sharan/Seat Alhambra — signe que le segment inventé par l'Espace dix ans plus tôt s'est désormais structuré à l'échelle de toute l'industrie européenne.

L'Espace F1, clin d'œil sportif pour les dix ans du modèle

C'est sur la base de l'Espace II, en 1994, que Renault, Matra et Williams conçoivent conjointement l'Espace F1, concept-car dévoilé pour fêter les dix ans de la collaboration Renault-Matra — voir L'Espace F1 (1994) — un moteur de Formule 1 dans un monospace, pour les dix ans du modèle pour le détail complet de ce projet à part.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0), motorlegend.com (Saga Matra, Gilles Bonnafous)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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