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§ 12 · Culture documentation

États-Unis et Canada (1982-1985) — un succès d'estime plutôt qu'un succès commercial, documenté précisément

Renault Fuego · 1980–1986 · 4 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un réseau de distribution hérité de l'alliance industrielle avec AMC

Les premières Fuego, fabriquées à l'usine MCA de Maubeuge, arrivent aux États-Unis au printemps 1982, importées et commercialisées par American Motors Corporation (AMC) — un accès direct au marché nord-américain rendu possible par la montée progressive de Renault au capital d'AMC entamée en 1979 et achevée en 1983 (voir La French Connection : de l'accord de 1979 à la prise de contrôle Renault, dossier amc-gremlin-pacer/, non repris davantage ici). Selon Wikipédia en français, cette progression des ventes Renault aux États-Unis au début des années 1980 doit cependant l'essentiel de son volume à la Renault 5, commercialisée sous le nom « Le Car », plutôt qu'à la Fuego elle-même — un rappel utile de la place relativement modeste qu'occupait le coupé au sein du catalogue Renault vendu par le réseau AMC, aux côtés des futures Alliance, Encore, Medallion et Premier (voir Les fruits de l'alliance, dossier amc-gremlin-pacer/).

Une gamme moteur américaine distincte de l'offre européenne

Le marché américain reçoit une gamme mécanique spécifique, plus resserrée que l'offre européenne : en 1982 et 1983, un choix entre le bloc 1,6 litre à injection (81 ch, atmosphérique) et la version turbocompressée (107 ch selon Wikipédia en anglais, une puissance légèrement inférieure aux 132 ch de la version européenne ultérieure du fait des normes antipollution locales) — la Turbo américaine étant d'ailleurs commercialisée dès 1982, soit un an avant son lancement sur le marché français. En 1984 et 1985, l'offre bascule vers un bloc 2,2 litres à injection (associable à une boîte manuelle ou automatique), la version turbo restant disponible en parallèle jusqu'en 1985. Toutes les versions américaines sont catalysées, ce qui explique leurs puissances systématiquement inférieures aux versions européennes équivalentes. Extérieurement, ces modèles se reconnaissent à leurs pare-chocs renforcés intégrant des amortisseurs de choc (la longueur totale passant de 4 358 à 4 540 mm), à leurs phares rectangulaires à réflecteur scellé plus profondément logés, et à leurs feux de position latéraux imposés par la réglementation locale.

Un accueil critique favorable qui ne se traduit pas en volumes de vente

L'émission MotorWeek loue le modèle 1982 pour son style, son équipement de série (toit ouvrant électrique notamment) et son rapport consommation-puissance — voir L'accueil de la presse — un plébiscite au lancement, des réserves techniques persistantes pour le détail de cette critique, qui relève aussi certaines limites techniques (freinage, sous-virage). Malgré cette réception globalement positive, les ventes déclinent rapidement d'année en année. Dès 1984, selon Wikipédia en anglais, les concessionnaires AMC doivent consentir des remises pouvant atteindre 1 000 dollars pour écouler leurs stocks. En 1985, dernière année de commercialisation, seuls environ 7 200 Renault de fabrication française sont vendues aux États-Unis toutes gammes confondues, réparties entre la Fuego et la 18i (alors rebaptisée « SportWagon ») — un volume extrêmement modeste qui illustre l'ampleur de l'échec commercial, malgré un accueil critique qui n'avait pourtant rien d'un désaveu.

Le Québec : un succès d'estime freiné par la corrosion

Wikipédia en français relève une nuance géographique intéressante à l'intérieur même de ce marché nord-américain globalement décevant : au Canada, et plus particulièrement au Québec, la Fuego bénéficie d'un accueil plus chaleureux, qualifié de « succès d'estime » — une appréciation également reprise sans plus de détail par lautomobileancienne.com pour l'ensemble du marché canado-américain. Ce succès reste cependant sévèrement contrarié par un facteur purement climatique et structurel : l'ensemble de la gamme Renault commercialisée localement souffre d'une vulnérabilité marquée à la corrosion, aggravée par l'usage massif du sel de voirie sur les routes québécoises en hiver — un problème documenté ailleurs dans ce corpus pour d'autres modèles Renault vendus sur le même marché (voir notamment, pour la Renault 5 « Le Car » canadienne, le dossier renault-5/, non repris ici).

Une importation qui s'arrête en 1985, sans successeur nord-américain

L'importation de la Fuego aux États-Unis et au Canada cesse à la fin du millésime 1985, en même temps que sa production s'achève en France — voir 1985-1986 — la fin de la carrière européenne, sans successeur direct. Aucun modèle Renault comparable, à l'exception ponctuelle et tardive de l'Alpine GTA vendue en très petit nombre par le réseau AMC, ne viendra directement lui succéder sur ce marché avant le retrait complet de Renault des États-Unis lors de la revente d'AMC à Chrysler en 1987.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0), fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0), lautomobileancienne.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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