Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

De la 1200 à la 13/60 — dix ans d'évolution continue de la Herald (1961-1971)

Triumph Herald & Triumph Vitesse · 1959–1971 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Plutôt que de connaître des générations tranchées comme la plupart de ses contemporaines, la Herald évolue par paliers continus pendant toute sa carrière, chaque étape étant désignée par un nouveau nom commercial reflétant la cylindrée et parfois la puissance du moteur.

1961 : la 1200, portée par l'argent frais de Leyland

Standard-Triumph traverse au tout début des années 1960 une passe financière difficile qui aboutit, fin 1960-1961, au rachat de l'entreprise par Leyland Motors (voir Des bicyclettes à Leyland — l'histoire de Standard-Triumph avant la Spitfire et la TR6, dossier triumph-spitfire/). Les ressources ainsi débloquées permettent de relancer la Herald dès avril 1961 sous une forme sensiblement améliorée : moteur porté à 1 147 cm³ (39 ch revendiqués contre 34,5 ch pour le 948 cm³), pare-chocs à revêtement caoutchouc, tableau de bord en placage bois, sellerie améliorée et contrôle qualité resserré. Le double carburateur, jusque-là proposé de série sur certaines versions, devient une option facturée en plus d'un simple carburateur Solex à corps inversé désormais standard. Un break trois portes rejoint la gamme un mois après le lancement de la 1200, et les freins à disque à l'avant deviennent disponibles en option dès 1962 — une avancée notable pour une voiture de ce segment tarifaire (voir Des tambours aux disques — l'évolution du freinage sur la Herald et la Vitesse). La 1200 reste commercialisée jusqu'en 1970, avec une puissance ultérieurement portée à 48 ch.

1963 : la 12/50, une berline plus cossue

La Herald 12/50 (1963-1967) reprend la base 1200 mais y ajoute un moteur retravaillé revendiquant 51 ch, une calandre spécifique en aluminium à fines barres, une garniture plus soignée et surtout un toit ouvrant coulissant en vinyle (« Weathershield ») proposé de série — une rareté sur une voiture de ce prix au Royaume-Uni du début des années 1960. Les freins à disque à l'avant y sont également de série. Elle n'est proposée qu'en carrosserie berline. C'est également sur la 12/50 — et, plus tôt encore, sur la Vitesse elle-même — qu'apparaît un châssis renforcé, ensuite généralisé à l'ensemble des Herald 1200 (voir La genèse de la Vitesse — un projet de six-cylindres interne, né presque par hasard sur un châssis de Herald) : un exemple assez rare d'une amélioration technique redescendant de la version sportive haut de gamme vers la version d'entrée de gamme, plutôt que l'inverse.

1967 : la 13/60, dernière étape avant la fin

Présentée au Salon de Londres en octobre 1967, la Herald 13/60 constitue la dernière évolution majeure du modèle. Elle reprend un becquet avant restylé directement inspiré de celui de la Vitesse (à un seul phare par côté plutôt que les quatre phares obliques de la Vitesse elle-même), un intérieur largement revu tout en conservant la planche de bord en bois, et surtout un moteur porté à 1 296 cm³ — essentiellement celui déjà en service depuis 1965 sur la Triumph 1300 et bientôt partagé avec la Spitfire Mark III (voir Le quatre-cylindres Standard SC de la Herald — la souche commune à toute la famille Herald/Spitfire) — alimenté par un carburateur Stromberg CD150 et développant 61 ch, avec une boîte désormais entièrement synchronisée. La 13/60 est proposée en berline, cabriolet et break, remplaçant toutes les autres configurations de Herald à l'exception de la 1200 berline, maintenue en parallèle jusqu'à fin 1970 pour capter l'entrée de gamme.

Une fin de carrière qui se vend à perte

Malgré des ventes de la 13/60 qui restent honorables un temps, l'architecture de la Herald — construction en panneaux boulonnés, main-d'œuvre d'assemblage nettement plus importante qu'une caisse monocoque soudée en continu — finit par coûter plus cher à produire qu'elle ne rapporte : plusieurs sources s'accordent sur le fait que Standard-Triumph vend ses derniers exemplaires de Herald à perte, un facteur qui pèse directement dans la décision de ne pas reconduire l'architecture séparée sur le modèle qui lui succède (voir 1970-1971 — la fin de la Herald et de la Vitesse, remplacées par une architecture bien plus conventionnelle). La berline 13/60 s'arrête en décembre 1970, suivie par le cabriolet et le break en mai 1971 — la 1200 berline ayant pour sa part déjà disparu en mai 1970.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci