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§ 01 · Histoire et modèles

Genèse du projet : Rudolf Hruska, Domenico Chirico et la commande de Giuseppe Luraghi

Alfa Romeo Alfasud · 1971–1989 · 4 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une précision de nom qui a son importance

L'ingénieur qui dirige la conception de l'Alfasud se nomme Rudolf Hruska (parfois transcrit « Hruschka » dans certaines sources italiennes) — et non « Hruber », un nom qu'aucune des sources italiennes, anglaises ou françaises consultées pour ce dossier ne permet de corroborer. Cette clarification n'est pas un détail : Hruska est déjà une figure documentée de ce corpus, puisqu'il a piloté quelques années plus tôt l'industrialisation de l'usine du Portello pour la Giulietta (voir genese-industrialisation-portello-hruska.md dans le dossier alfa-romeo-giulietta/) — l'Alfasud n'est donc pas son premier passage chez Alfa Romeo, mais son retour.

Un parcours international hors norme

Né à Vienne en 1915, formé à l'École polytechnique de Vienne, Hruska entame sa carrière chez Magirus à Ulm (1935-1938) avant de rejoindre le bureau d'études de Ferdinand Porsche à Stuttgart (1938-1945), où il participe au développement de la future Coccinelle (KdF-Wagen, 1939) puis, pendant la guerre, à un projet de char lourd (VK 4501 (P), 1943). Après-guerre, installé en Italie, il fonde avec Carlo Abarth une concession Porsche à Merano (1945) avant de rejoindre le projet de voitures de course Cisitalia à Turin (1946-1949) aux côtés de Piero Dusio. Il passe ensuite par Finmeccanica (1951-1954) comme consultant sur l'Alfa Romeo 1900, puis par Alfa Romeo elle-même (1954-1959) où il assiste Orazio Satta Puglia sur la Giulietta, avant un détour chez Simca puis Fiat (1960-1967) où il travaille notamment sur la Simca 1000 et... la Fiat 128 — future rivale directe de l'Alfasud sur le marché (voir le dossier fiat-128/). C'est ce même homme, retour chez Alfa Romeo, qui conçoit ensuite la voiture appelée à concurrencer la Fiat qu'il venait de contribuer à dessiner.

La commande de Giuseppe Luraghi

À la fin des années 1960, le président d'Alfa Romeo Giuseppe Luraghi — déjà artisan de l'industrialisation de la Giulietta une décennie plus tôt — rappelle Hruska au Portello. Il s'agit cette fois de concevoir, en parallèle, un tout nouveau modèle et l'usine entièrement neuve destinée à le fabriquer près de Naples (voir L'usine de Pomigliano d'Arco : d'un centre aéronautique bombardé à l'usine Alfasud inaugurée par Aldo Moro). Selon le site du club Alfasud Club Italia, Hruska « avait déjà collaboré avec Luraghi de 1954 à 1959 » — une continuité de confiance qui explique en partie ce rappel. La conception de la voiture et celle de l'usine débutent simultanément en 1967, toutes deux placées sous la responsabilité technique de Hruska.

Domenico Chirico, le chef de projet qui dessine réellement la voiture

Si Hruska porte la responsabilité générale du projet — architecture technique, création de l'usine, autonomie de gestion vis-à-vis d'Arese —, la direction opérationnelle de la conception revient à un autre ingénieur, entré chez Alfa Romeo dès 1952 : Domenico Chirico. D'abord affecté plus de dix ans à l'étude des véhicules industriels (camions, autobus) puis au Centre Expérimental de la marque, Chirico est nommé en 1966 ingénieur en chef du projet Alfasud, avec la responsabilité complète de la conception de la nouvelle voiture. Il constitue en peu de temps une équipe jeune et soudée, capable de tester les pièces individuelles puis la voiture complète bien avant l'achèvement de l'usine elle-même. Le moteur boxer est ainsi allumé pour la première fois sur banc d'essai en juillet 1968, et le tout premier prototype complet testé sur la piste d'essai de Balocco dès novembre de la même année. Chirico restera ensuite responsable de l'ensemble des organes mécaniques des Alfa Romeo produites à Pomigliano et à Arese, dirigeant la conception des 33, 75, 90 et 164.

Une structure autonome, symbole d'un pari industriel

La gestion de l'opération, placée sous l'autorité de Hruska, est rendue totalement autonome par la création, le 17 janvier 1968 (18 janvier selon Wikipédia anglais — divergence mineure d'un jour), d'une société ad hoc : l'Industria Napoletana Costruzione Autoveicoli Alfa Romeo (INCA) – Alfasud S.p.A., basée à Pomigliano d'Arco et opérant de manière formellement indépendante de l'usine milanaise d'Arese (surnommée en interne « Alfanord » — un miroir amusant du nom « Alfasud »). Son capital est détenu très majoritairement par Alfa Romeo elle-même (88 % selon Wikipédia italien, avec 10 % pour Finmeccanica et 2 % pour l'IRI directement ; 90 %/10 % Alfa Romeo/Finmeccanica selon Wikipédia anglais), preuve que l'entreprise reste maîtresse du projet malgré son financement public (voir Une voiture d'État : Alfa Romeo, l'IRI et la décision politique de fabriquer dans le Sud).

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Provenance de cette fiche
Site source
it.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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