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§ 04 · Compétition

Bugatti aux 24 Heures du Mans — des pionnières de 1923 aux deux victoires de 1937 et 1939

Bugatti (Type 35, Type 41 Royale, Type 57) · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Créées en 1923, les 24 Heures du Mans voient Bugatti engagé dès leur toute première édition — bien avant que la marque ne décroche ses deux victoires les plus célèbres, en 1937 et 1939, dans le contexte assombri de la fin de l'entre-deux-guerres.

Des débuts précoces mais discrets (1923-1933)

Dès 1923, deux Type 13 Brescia sont engagées au Mans sans porter de nom d'équipe officiel ; l'une termine dixième. En 1930, une Type 40 pilotée par un équipage entièrement féminin — Marguerite Mareuse et Odette Siko — termine septième, un fait suffisamment rare à l'époque pour être resté dans les mémoires. En 1931, l'écurie Bugatti aligne pas moins de trois Type 50S pour Achille Varzi et Louis Chiron, Guy Bouriat et Albert Divo, Maurice Rost et Caberto Conelli — les trois voitures abandonnent. En 1932, de nouvelles tentatives sur Type 55 et Type 40 se soldent également, pour la plupart, par des abandons, à l'exception d'une sixième place. En 1933, deux Type 50S et Type 51A supplémentaires abandonnent à nouveau. Cette première décennie mancelle de Bugatti, davantage marquée par les abandons que par les podiums, contraste nettement avec la domination affichée par la marque sur d'autres épreuves de la même période, comme la Targa Florio (voir Cinq Targa Florio consécutives — la domination sicilienne de la Type 35 (1925-1929)) — signe que l'endurance pure, sur vingt-quatre heures, sollicite différemment une mécanique surtout taillée pour la vitesse pure et l'agilité.

1937 : la première victoire, sur Type 57G

C'est finalement en 1937 que Bugatti décroche sa première victoire mancelle, au volant d'une Type 57G portant le numéro 2, engagée par Roger Labric. À son volant : Jean-Pierre Wimille et Robert Benoist (voir Robert Benoist — champion de Grand Prix devenu chef de réseau de la Résistance, mort à Buchenwald), qui s'imposent en catégorie 5.0 litres et remportent la course dans son ensemble. Cette victoire, obtenue avec la version « Tank » profilée et allégée du châssis Type 57 (voir Type 57 — la stratégie du modèle unique déclinée en variantes, signée Jean Bugatti), valide sur la plus longue et la plus exigeante des épreuves d'endurance le travail accompli par Jean Bugatti sur l'aérodynamique et la fiabilité mécanique de sa gamme.

Quelques semaines à peine après cette victoire, en juillet 1939, ce sont Jean Bugatti lui-même et le pilote vainqueur Jean-Pierre Wimille qui se déplacent en personne à Prescott, dans les Cotswolds anglais, pour le tout premier événement international du Bugatti Owners' Club (voir Prescott — le club et le trust britanniques gardiens de la mémoire Bugatti depuis 1929) — l'une des dernières apparitions publiques documentées de Jean Bugatti avant sa mort accidentelle, le 11 août de la même année (voir 11 août 1939 — la mort de Jean Bugatti, chronique d'un accident annoncé).

1939 : une seconde victoire, avec une seule voiture et des moyens limités

La seconde victoire de Bugatti au Mans, en 1939, revêt un caractère presque héroïque au regard des moyens engagés : c'est une équipe réduite à une seule voiture, une Type 57C portant le numéro 1, engagée par Jean-Pierre Wimille lui-même, qui l'emporte avec à son volant Wimille et Pierre Veyron. Ce succès, obtenu quelques mois à peine avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et la mort de Jean Bugatti, reste dans la mémoire de la marque comme la dernière grande victoire de l'ère Bugatti indépendante en compétition d'endurance — la marque ne renouera avec une participation mancelle qu'en 1994, avec une EB110 GT1 de l'écurie du Groupe Michel Hommell, sans succès cette fois (voir 1991 — la première renaissance de Bugatti, l'EB110 de Romano Artioli).

Une victoire au nom prémonitoire

Il n'échappera à aucun lecteur attentif que l'un des deux pilotes vainqueurs de 1939, Pierre Veyron, donnera près de soixante-dix ans plus tard son nom à la première hypercar Bugatti de l'ère Volkswagen, la Veyron 16.4 (voir 1998-2026 — de Volkswagen à Rimac, l'ère moderne de Bugatti en bref) — un hommage direct à cette victoire obtenue dans les circonstances les plus précaires de l'histoire de la marque.

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Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org
Auteur du site
contributeurs Wikipédia
Date d'extraction
12 sept. 2026
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