La suspension hydropneumatique de la SM — ce qu'elle a de spécifique
Le principe général de la suspension hydropneumatique Citroën (sphères, azote, liquide LHM, correcteurs de hauteur) est déjà détaillé de façon générique côté citroen-cx/, voir La suspension hydropneumatique de la CX — principe de fonctionnement et place dans la lignée Citroën — un système que la SM utilise dans la même filiation directe depuis la Traction 15-Six H (1954) et la DS (1955). Cette fiche se concentre sur ce que l'application à la SM a de propre.
Un circuit hydraulique unique pour trois fonctions
Sur la SM, un unique réservoir haute capacité (5,4 litres), une pompe haute pression à sept pistons (entraînée par l'arbre intermédiaire du moteur) et un accumulateur hydropneumatique (0,38 litre, pression maximale de service 175 bars) alimentent simultanément trois circuits : la suspension à correction d'assiette automatique, le freinage assisté à double circuit et répartition automatique en fonction de la charge, et la direction DIRAVI à assistance variable en fonction de la vitesse et de l'angle de braquage (voir La direction DIRAVI — née sur la SM, l'invention de Paul Magès et Le freinage à 4 disques assistés haute pression). Un même dispositif hydraulique indépendant assure également le réglage automatique de l'assiette des phares (voir Les six phares sous verrière — deux directionnels, et la guerre réglementaire américaine).
Une garde au sol constante et très basse
La SM affiche une garde au sol constante de 15,5 cm, maintenue quelle que soit la charge grâce aux correcteurs automatiques — une caractéristique qui, si elle contribue directement à l'aérodynamique et à la stabilité à haute vitesse (voir Le design de Robert Opron — une carrosserie sculptée par le vent), se révélera ironiquement être l'obstacle technique déterminant empêchant l'homologation du modèle aux États-Unis à partir de 1974, la réglementation américaine sur la hauteur des pare-chocs ne pouvant s'accommoder d'une garde au sol variable par construction (voir La SM aux États-Unis — un accueil triomphal, un retrait précipité (1970-1974)).
Une géométrie de train avant inversée depuis la DS
Le train avant de la SM dérive directement de celui de la DS, mais retourné : il reprend la particularité géométrique, alors rare, du pivot dans l'axe de la roue — la ligne fictive joignant les pivots inférieur et supérieur du moyeu croise le centre de l'aire d'appui du pneu au sol. Cette disposition rend la suspension et la direction quasiment insensibles aux inégalités de la route comme aux conséquences d'une crevaison, en évitant tout mouvement de braquage parasite provoqué par les efforts subis par la roue.
Une répartition des masses héritée de la Traction et de la DS
Le moteur, disposé longitudinalement en position centrale-avant, avec la boîte de vitesses placée devant lui (voir La boîte mécanique 5 vitesses maison), procure à la SM une répartition des masses jugée exemplaire pour l'époque : 900 kg à l'avant et 550 kg à l'arrière en ordre de marche (poids total DIN de 1 450 kg), soit une répartition proche de 62/38 assumée plutôt que corrigée, cohérente avec la philosophie traction avant du constructeur depuis les années 1930.
Réduire encore les masses non suspendues
Pour optimiser la tenue de route, les freins avant sont implantés en sortie de boîte de vitesses plutôt que dans les roues elles-mêmes (voir Le freinage à 4 disques assistés haute pression), ce qui réduit le poids non suspendu et permet précisément d'implanter les pivots de direction dans l'axe de rotation des roues. En option, des jantes en résine composite « RR », plus légères que des roues en alliage, réduisent encore ces masses non suspendues (voir Les pneumatiques Michelin et les jantes en résine « RR »).
Voir aussi
- La suspension hydropneumatique de la CX — principe de fonctionnement et place dans la lignée Citroën (principe général du système, non répété ici) · La direction DIRAVI — née sur la SM, l'invention de Paul Magès · Le freinage à 4 disques assistés haute pression · La SM aux États-Unis — un accueil triomphal, un retrait précipité (1970-1974)
- Site source
- projet-s.fr ; fr.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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