Le design de Robert Opron — une carrosserie sculptée par le vent
Sur la carrière plus large de Robert Opron chez Citroën puis chez Renault, voir déjà Le restylage de septembre 1967 — nouvelle face avant et phares directionnels (son restylage de la DS en 1967, réalisé en tant que successeur de Flaminio Bertoni) et Dessiner la CX — des esquisses tricorps à la ligne définitive d'Opron (son travail sur la CX, quatre ans après la SM). Cette fiche se concentre sur la SM elle-même, généralement considérée comme son chef-d'œuvre personnel.
Une forme pensée en soufflerie, pas dessinée sur le papier
Conçue par le service du style du bureau d'études Citroën sous la direction de Robert Opron — qui a succédé à Flaminio Bertoni à ce poste après le décès de ce dernier en 1964 — la carrosserie de la SM est explicitement présentée par Citroën comme une forme née d'abord de contraintes fonctionnelles : travaillée en soufflerie, débarrassée des arêtes vives et des surfaces planes qui pénalisent la pénétration dans l'air, dépourvue de calandre traditionnelle, dotée d'un carénage intégral dont les seules ouvertures servent au refroidissement du moteur et des freins à disques. Le résultat affiche un coefficient de traînée (Cx) de 0,339 — l'une des meilleures valeurs aérodynamiques de sa génération, rappelée jusque dans le nom de la future Citroën CX quelques années plus tard.
Des détails pensés jusqu'au bout
Plusieurs choix de détail témoignent de ce souci de cohérence aérodynamique : les glaces latérales sont bombées, comme la partie pleine des portes, pour améliorer la tenue au vent latéral ; le pare-brise est collé plutôt que serti sur un joint en caoutchouc, supprimant les bourrelets qui génèrent des turbulences à haute vitesse — une technique qui contribue en outre significativement à la rigidité de la caisse et qui constituerait une première mondiale sur une voiture de série ; même le profil du rétroviseur extérieur est optimisé sur le plan aérodynamique. Les six phares et la plaque minéralogique sont regroupés sous un unique carénage de verre intégré à la carrosserie, dont il épouse la forme (voir Les six phares sous verrière — deux directionnels, et la guerre réglementaire américaine).
Une silhouette entre fastback et hatchback
La poupe de la SM, à la fois fastback et hatchback (l'arrière s'ouvre en hayon, bien que la banquette arrière reste fixe), annonce par sa ligne tronquée en kammback une évolution stylistique que l'on retrouvera l'année suivante sur la GS, en rupture plus nette avec les lignes de la DS. Des jupes d'ailes arrière carénant partiellement les roues, un porte-à-faux avant marqué et un capot lisse sans aucun relief d'aile renforcent l'image, souvent décrite par la presse d'époque comme celle d'un « vaisseau spatial » ou d'un « avion sans les ailes ».
Un héritage stylistique qui traverse les décennies
Opron quittera Citroën après le rachat par Peugeot pour rejoindre la Régie Renault, où il signera notamment les Fuego, R9, R11 et R25 (voir Dessiner la CX — des esquisses tricorps à la ligne définitive d'Opron pour le contexte plus large de son passage chez Citroën jusqu'à la CX, dernière voiture Citroën à porter sa signature avant son départ). La SM reste toutefois, aux yeux de nombreux commentateurs spécialisés, la réalisation la plus personnelle et la plus radicale de sa carrière chez Citroën, celle où la contrainte fonctionnelle et l'audace stylistique se sont le mieux conjuguées.
Voir aussi
- Les six phares sous verrière — deux directionnels, et la guerre réglementaire américaine · L'habitacle et le tableau de bord ovoïde — un futurisme jusque dans les moindres détails · Le restylage de septembre 1967 — nouvelle face avant et phares directionnels · Dessiner la CX — des esquisses tricorps à la ligne définitive d'Opron
- Site source
- projet-s.fr ; fr.wikipedia.org ; newsdanciennes.com (Benjamin)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Dessiner la CX — des esquisses tricorps à la ligne définitive d'OpronCitroën CX · Carrosserie
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