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§ 06 · Carrosserie

Le tableau de bord « avion » — les satellites PRN de Michel Harmand

Citroën Visa · 1978–1988 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une philosophie héritée de la CX

Dès son lancement en 1978, la Visa reprend un principe ergonomique déjà expérimenté par Citroën sur la CX : regrouper la quasi-totalité des commandes secondaires à portée de doigts, sans que le conducteur n'ait jamais à lâcher le volant. Ce concept, cette fois dessiné et adapté à la Visa par le designer Citroën Michel Harmand, prend la forme de deux « satellites » de commande disposés de part et d'autre du volant monobranche.

Le satellite PRN : un seul cylindre pour tout gérer

À gauche du volant, un gros cylindre baptisé PRN — pour Pluie/Route/Nuit — concentre, de haut en bas, un bouton de lave-glace avant, une bague pour l'essuie-glace (fonction « Pluie »), les clignotants et l'avertisseur sonore (fonction « Route »), une seconde bague à deux positions (ville/route) pour l'éclairage, et enfin un inverseur pour l'appel de phares (fonction « Nuit »). À droite du volant, un second satellite plat regroupe la commande centralisée du chauffage et de la ventilation. L'ensemble élimine les commodos classiques montés en colonne de direction, au profit d'un empilement de commandes rotatives directement sous la main.

Un dispositif qui divise, du lancement à aujourd'hui

Ce parti pris ergonomique, aussi radical que caractéristique de l'esprit Citroën des années 1970, ne fait pas l'unanimité. De nombreux témoignages de propriétaires, recoupés pour cette fiche, décrivent des réactions diamétralement opposées : certains saluent un système d'une logique redoutable une fois l'habitude prise (« il suffit de quelques minutes pour s'y adapter », selon un témoignage cité par un article rétrospectif consacré au modèle), d'autres n'y voient qu'une source de confusion permanente, en particulier pour un public habitué aux commodos traditionnels. Le combiné d'instruments qui surmonte l'ensemble, de forme atypique, participe de la même logique de rupture — et de la même controverse.

Un détail d'ingénierie moins connu : les astuces de rangement

Au-delà de la seule instrumentation, l'habitacle de la Visa comporte plusieurs idées pratiques bien pensées, documentées par la version anglophone de Wikipédia : la tablette de coffre est composée de deux parties articulées indépendamment (une côté carrosserie, une côté hayon), permettant de transporter des objets légèrement trop hauts sans avoir à retirer complètement la tablette ; le système de chauffage et ventilation, bien que reposant sur une simple vanne d'eau plutôt que sur un mélange d'air chaud et froid, parvient à souffler de l'air frais au visage tout en réchauffant l'habitacle, et les aérateurs centraux orientables peuvent être dirigés directement vers le pare-brise pour lutter contre la buée.

Repris par la GSA — dans l'autre sens que ce que l'on pourrait croire

Fait révélateur de la place de la Visa dans la chronologie technique Citroën de la fin des années 1970 : lorsque la GSA est présentée en juillet 1979 avec son propre restylage de planche de bord, c'est le satellite gauche PRN de la Visa qui est repris directement, sans changement de principe, pour équiper la nouvelle familiale — la GS/GSA n'étant alors dotée jusque-là que de commandes plus classiques (voir L'habitacle et la planche de bord — du compteur « pèse-personne » aux commodes satellites et Juillet 1979 — la GSA et l'arrivée (enfin) du hayon, déjà documentées côté citroen-gs-gsa/). La Visa, souvent perçue comme la Citroën la moins assurée de son identité de cette période, se révèle ainsi être, sur ce point précis, la source d'inspiration ergonomique d'un modèle Citroën plus haut de gamme et bien mieux considéré — une nuance qui mérite d'être rappelée face à l'image parfois trop uniformément négative attachée à la Visa d'origine.

Une comparaison éclairante peut enfin être faite avec l'Oltcit/Axel, cousine technique éloignée née du même projet Y originel (voir Des accords Fiat au rachat par Peugeot — la genèse mouvementée de la Visa (projets Y, TA, VD)) : selon le témoignage d'un propriétaire ayant comparé les deux véhicules en détail, le tableau de bord de l'Oltcit, mis au point en parallèle mais resté plus proche dans son principe de celui de la CX (commandes symétriques de part et d'autre du volant, sans regroupement en un seul cylindre), pourrait constituer un stade intermédiaire dans l'évolution qui mène de la CX au PRN définitif de la Visa et de la GSA — une piste de recherche intéressante, mais qui repose sur une seule source et n'a pas été recoupée davantage.

Le remplacement de 1984 : la fin de l'expérience

À l'automne 1984 (millésime 1985), Citroën renonce finalement à ce dispositif : un nouveau tableau de bord, plus sobre, adopte des commodos classiques puisés dans la banque d'organes PSA, tandis que les commandes de chauffage et de ventilation migrent vers une position plus conventionnelle au centre de la console. Le volant monobranche, lui, est conservé.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org, en.wikipedia.org, curbsideclassic.com, citroenvie.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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