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§ 01 · Histoire et modèles

Septembre 1978 — le lancement de la Visa et la controverse du « groin »

Citroën Visa · 1978–1988 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une date de lancement à préciser

La Citroën Visa est présentée au public en septembre 1978, avec un slogan publicitaire — « Ça, c'est une auto ! » — dont la tonalité presque défensive trahit déjà l'incertitude qui entoure le lancement d'un modèle né dans la douleur (voir sa genèse complète dans Des accords Fiat au rachat par Peugeot — la genèse mouvementée de la Visa (projets Y, TA, VD)). Au catalogue dès le premier jour : les versions bicylindre Spécial et Club, animées par l'ultime évolution du flat-twin refroidi par air inauguré sur la 2 CV trente ans plus tôt (voir Le bicylindre 652 cm³ de la Visa — dernière évolution du flat-twin, seul moteur 100 % Citroën du modèle), et la version Super, dotée du quatre-cylindres 1 124 cm³ « moteur X » de 57 ch hérité de la Peugeot 104 (voir Les moteurs Peugeot de la Visa — familles X, XU et XUD, de la Super à la GTI).

Une réception technique favorable, une réception esthétique très rude

Sur le plan technique, l'accueil de la presse est plutôt positif : la Visa est saluée comme un signe encourageant du renouvellement de l'entrée de gamme Citroën, avec une suspension à roues indépendantes (McPherson à l'avant, bras tirés à l'arrière) volontairement assouplie par rapport à celle de la 104 dont elle dérive pourtant, afin de retrouver un moelleux plus proche de l'esprit maison — un compromis technique assumé entre l'héritage Citroën et la rationalisation industrielle PSA. Mais l'accueil esthétique, lui, est unanimement sévère. La face avant — un bouclier proéminent qui englobe la calandre trapézoïdale en une masse plastique unique, conçu à l'origine pour encaisser sans dommage les petits chocs urbains — est immédiatement surnommée par les observateurs les plus indulgents un « groin », une comparaison à laquelle s'ajoutent des évocations de lèvres boursouflées ou de « chien battu ». De l'avis de plusieurs commentateurs recoupés pour cette fiche, cette controverse ne relève pas d'un débat esthétique classique comme celui qui avait entouré l'Ami 6 vingt ans plus tôt (voir Un débat esthétique qui n'a jamais vraiment cessé) : la Visa n'est pas perçue comme clivante mais comme franchement disgracieuse, y compris par ses propres admirateurs mécaniques.

Un tableau de bord tout aussi déroutant

L'habitacle prolonge la même logique de rupture, avec un tableau de bord organisé autour de deux « satellites » de commande entourant le volant monobranche — un concept déjà exploré sur la CX et développé ici par le designer Citroën Michel Harmand (voir le détail complet dans Le tableau de bord « avion » — les satellites PRN de Michel Harmand). Le concept divise sévèrement : certains propriétaires y voient un aboutissement ergonomique brillant, d'autres une source de confusion permanente pour quiconque n'a pas grandi avec les habitudes maison.

Des débuts commerciaux sans éclat face à la Renault 5

Sur le marché français, la Visa trouve un peu plus de 90 000 acquéreurs en 1979 — un résultat honorable mais très loin des 212 900 exemplaires écoulés la même année par la Renault 5, alors la référence incontestée du segment. La situation s'aggrave dès 1980 : dopée par le lancement de ses propres versions cinq portes en juillet 1979, la R5 s'envole au-delà des 300 000 ventes annuelles tandis que la Visa retombe sous les 65 000 unités, sans même parvenir à inquiéter une Peugeot 104 pourtant vieillissante. Cette contre-performance commerciale, conjuguée à une image durablement écornée par la controverse esthétique, pousse Citroën à engager dans l'urgence un restylage complet dès 1981 — la Visa II (voir Mars 1981 — le sauvetage de la Visa par Heuliez et Gérard Godfroy) — moins de trois ans après un lancement pourtant présenté, sur le strict plan technique, comme une réussite.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org, curbsideclassic.com, citroenvie.com, carjager.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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