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§ 01 · Histoire et fondation

Le rachat de Delage par Delahaye en 1935 — une fusion industrielle plus qu'une absorption pure

Delahaye et Delage (135, 165, D8) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le mot « rachat », employé par la quasi-totalité des sources pour résumer l'événement de 1935, masque en réalité un montage plus subtil que la simple disparition d'une marque dans les caisses d'une autre. Comprendre ce montage éclaire pourquoi le nom Delage continue, dix-huit années durant, à orner des automobiles distinctes de celles vendues sous le badge Delahaye.

Une reprise en deux temps

En juillet 1935, quelques mois seulement après la liquidation volontaire de l'usine de Courbevoie (voir Delage dans la tourmente — de la crise de 1929 à la liquidation de Courbevoie (avril 1935)), Delahaye reprend la marque Delage. Mais l'usine elle-même ferme et son outillage est dispersé : ce n'est donc pas un site de production que Delahaye rachète, mais un nom, une clientèle et une réputation.

Refusant de s'avouer vaincu, Louis Delâge explore plusieurs pistes pour sauver le nom qui a fait sa fierté. La solution vient de l'homme d'affaires britannique Walter Watney, qui crée la « Société Nouvelle des Automobiles Delage » — également désignée sous le sigle SAFAD dans les sources anglophones — pour commercialiser des Delage fabriquées à partir de la production Delahaye. Watney négocie à cet effet une licence de marque avec Delahaye et reste à la tête de cette structure commerciale jusqu'en 1940.

Des Delage construites sur des châssis Delahaye

Le montage technique se met en place progressivement entre 1935 et 1938 : plutôt que de reconstruire une chaîne de production Delage indépendante, l'arrangement retenu consiste à continuer de produire les moteurs et éléments mécaniques propres à Delage, mais à les installer sur des châssis Delahaye existants, assemblés dans l'usine parisienne de la rue du Banquier. Au Salon 1935, la gamme ainsi recomposée s'échelonne de la 4-cylindres DI-12 (2 151 cm³) à la majestueuse D8-120, en passant par la 6-cylindres D6-70, qui rencontre un grand succès commercial — voir DI-12 et D6-70 — la gamme Delage renée chez Delahaye après 1935 pour le détail de cette gamme. Selon l'article anglophone consacré au D8, Delage devient ainsi, de fait, une filiale de Delahaye dès 1938 — tout en restant, sur le plan commercial, la vitrine la plus haut de gamme du groupe : le D8, à la différence des Delahaye elles-mêmes qui ne dépassent pas le 6-cylindres, demeure le modèle le plus prestigieux vendu sous l'une ou l'autre des deux marques.

Les carrossiers qui avaient façonné la réputation esthétique de Delage durant son indépendance — Letourneur & Marchand et sa filiale Autobineau en particulier — continuent de l'habiller après 1935, aux côtés des carrossiers plus étroitement associés à Delahaye comme Figoni & Falaschi et Saoutchik.

Une survie de dix-huit ans, puis l'extinction commune

Le nom Delage continue d'exister commercialement jusqu'au Salon de l'automobile 1953, dernière année où une gamme porte encore ce badge — essentiellement la D6 6-cylindres 3 litres d'après-guerre, dernière héritière d'une lignée entamée en 1905. Walter Watney conserve les droits sur la marque Delage jusqu'à sa propre mort en 1970, bien après la disparition commerciale de la voiture elle-même. Le sort ultérieur des deux marques, unies dans une même absorption par Hotchkiss en 1954, fait l'objet d'une fiche dédiée : 1954 — l'absorption par Hotchkiss met fin à Delahaye et Delage.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org, en.wikipedia.org (CC BY-SA)
Auteur du site
contributeurs Wikipédia
Date d'extraction
12 sept. 2026
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