La carrosserie en acier inoxydable — un choix né d'un problème de peinture
Une silhouette héritée d'un concept-car Porsche
Le dessin de la DeLorean est signé Giorgetto Giugiaro, chez Italdesign (le contrat est signé en mars 1975, voir La fondation de la DeLorean Motor Company (1973-1976) et le choix de Giugiaro). Pour construire la silhouette en coin très tendue de la voiture, Giugiaro réutilise et affine l'une de ses propres créations antérieures : la Porsche Tapiro, un concept-car qu'il avait dessiné en 1970 pour le carrossier turinois. Cette filiation stylistique, documentée par Wikipédia, explique la parenté visuelle évidente entre les deux voitures, malgré une décennie d'écart et un tout autre constructeur.
L'inox, solution de repli face à un problème de peinture non résolu
Le choix le plus emblématique de la DeLorean — sa carrosserie en acier inoxydable brut, jamais peinte — trouve son origine non pas dans une recherche esthétique de départ, mais dans un problème technique. Le procédé composite initialement envisagé pour la caisse, l'ERM (Elastic Reservoir Molding, abandonné par ailleurs pour d'autres raisons — voir L'odyssée moteur d'avant Lotus et l'inventaire des prototypes DeLorean (1976-1980)), posait un problème de qualité de finition à la peinture. Plutôt que de chercher à résoudre ce problème de peinture, John DeLorean choisit de s'en affranchir entièrement en habillant la voiture d'une peau en acier inoxydable, dont le surcoût de matière est compensé, dans le calcul économique de DMC, par l'économie du coût normal de mise en peinture d'un véhicule. Le choix technique entre l'aluminium et l'acier inoxydable revient à DeLorean lui-même et à son ingénieur en chef Bill Collins, en s'appuyant sur les véhicules promotionnels que le sidérurgiste américain Allegheny Ludlum avait fait construire pour Ford dans les années 1970 en acier inoxydable — un précédent industriel qui démontrait la faisabilité du procédé à plus grande échelle.
Un acier de grade 304, brossé, jamais peint en sortie d'usine
Les panneaux extérieurs de la DeLorean sont réalisés en acier inoxydable austénitique SAE 304, à fini brossé. À l'exception de trois exemplaires plaqués or 24 carats (voir Combien de DeLorean ont vraiment été construites ? Une question sans réponse définitive), la totalité des DeLorean sorties d'usine sont livrées sans aucune peinture ni vernis de protection — ce qui a pour conséquence directe que toutes les DeLorean de série se ressemblent visuellement, aucune option de couleur de carrosserie n'existant au catalogue. DMC a testé, en interne, des peintures translucides destinées à laisser transparaître le grain de l'acier tout en apportant une teinte, mais aucune voiture n'a jamais quitté l'usine avec une carrosserie peinte en usine. Les DeLorean peintes que l'on peut rencontrer aujourd'hui l'ont toutes été après leur achat, par des concessionnaires ou des propriétaires en quête de différenciation — certains concessionnaires de l'époque, confrontés à un catalogue où toutes les voitures se ressemblaient, allant jusqu'à faire peindre leurs propres exemplaires d'exposition pour se démarquer.
Un revers pratique : les traces de doigts
Le revers de cette signature esthétique est purement pratique : la surface brillante de l'inox brossé marque facilement les traces de doigts, un défaut mineur mais récurrent que relèvent aujourd'hui encore les propriétaires et les guides d'entretien (voir La corrosion par piqûres de l'acier inoxydable — un mal méconnu de la DeLorean pour les enjeux de corrosion, distincts de ce simple problème d'aspect).
Voir aussi
- La fondation de la DeLorean Motor Company (1973-1976) et le choix de Giugiaro
- Les portes papillon de la DeLorean — un mécanisme signé Grumman Aerospace
- La corrosion par piqûres de l'acier inoxydable — un mal méconnu de la DeLorean
- Le châssis-poutre dorsale et le soubassement en fibre de verre de la DeLorean
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/DMC_DeLorean ↗
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