Le Japon sous licence — 45 ans de Jeep Mitsubishi (1953-1998)
Un accord de licence pour concurrencer Nissan et Toyota
En juillet 1953, après accord de Willys, Mitsubishi Motors lance sur le marché japonais sa propre version de la CJ-3B sous le nom de Jeep J3 — un véhicule destiné à concurrencer directement le Nissan Patrol et, déjà, le Toyota Land Cruiser naissant. Contrairement à ce que son nom pourrait suggérer, la désignation « J3 » ne renvoie pas à la « CJ-3 » américaine mais découle de deux commandes antérieures : 53 exemplaires « J1 » (CJ-3A à électricité 6 volts) livrés à l'office forestier régional japonais, et environ 500 « J2 » (CJ-3A 12 volts) livrés aux Forces nationales de sécurité, ancêtres des forces d'autodéfense japonaises. Ce parc de J2 pourrait avoir son importance dans un débat encore ouvert ailleurs dans ce corpus : le dossier toyota-land-cruiser/ documente une divergence non tranchée entre Wikipédia anglais (289 BJ Toyota commandés par cette même force en 1951) et Wikipédia français (la force aurait finalement préféré la Jeep Mitsubishi, forte d'un « bilan plus vaste ») — voir la fiche correspondante, qui cite précisément ces ~500 J2 comme élément de contexte appuyant, sans la trancher, la version francophone.
Un moteur « Hurricane » francisé... en japonais
Mitsubishi produit localement, à partir de 1955, sa propre version du moteur F-head Willys sous la désignation JH4 (« Japanese Hurricane 4-cylinder »), initialement crédité de 70 ch à 4 000 tr/min, puis porté à 76 ch au début des années 1960 (voir Du Go Devil au "Hurricane" : l'évolution du 4-cylindres civil (1953-1972)). Une version diesel locale, la KE31, apparaît dès 1958 pour la déclinaison JC3 (56 puis 61 ch), suivie plus tard de blocs diesel 2,7 litres à soupapes en tête (4DR5, puis 4DR6 turbocompressé sur le J23). La toute dernière version militaire, la J24A, développe 135 ch grâce à un moteur 4DR5 amélioré et suralimenté par un échangeur air-air monté à l'avant.
Une gamme qui s'étoffe sans jamais rompre avec ses origines
Le J3 d'origine, dépourvu de portières et de toit, reste étonnamment monté en conduite à gauche malgré la circulation à gauche en vigueur au Japon — il faudra attendre près de huit ans pour voir apparaître les premières versions à conduite à droite (J3R, J11R). La gamme s'étoffe ensuite progressivement : le J10 (1955), à empattement plus long et six places ; le J11 (1956), un « break de livraison » à carrosserie métallique intégrale nettement plus long (433 cm contre 339 cm pour le J3) ; puis le J20 (1960), doté d'un pare-brise fixe plus classique, de portières métalliques en série et de petites jupes latérales à l'avant des ailes — dernière retouche esthétique notable de toute la carrière du modèle, inchangée jusqu'à l'arrêt de la production en 1998.
Une production locale, un réseau de vente dédié
Au Japon, ces Jeep Mitsubishi étaient commercialisées via une chaîne de concession spécifique baptisée « Galant Shop », et leur version militaire est aujourd'hui encore désignée par les forces d'autodéfense terrestres japonaises sous l'appellation officielle de « camion léger Type 73 ». Au total, Mitsubishi aura produit environ 200 000 exemplaires de cette lignée en quarante-cinq années de fabrication ininterrompue — le renforcement continu des normes d'émissions et de sécurité japonaises rendant finalement, à la toute fin des années 1990, la formule technique héritée des années 1950 définitivement obsolète.
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Jeep_CJ ↗
- De la CJ-3B au Wrangler moderne : quarante ans d'une même silhouetteJeep Willys / CJ · Histoire et genèse
- Une jeep sur chaque continent — panorama des fabrications sous licence dans le mondeJeep Willys / CJ · Culture documentation
- Du Go Devil au \"Hurricane\" : l'évolution du 4-cylindres civil (1953-1972)Jeep Willys / CJ · Moteur