Aller au contenu
§ 12 · Culture documentation

Une jeep sur chaque continent — panorama des fabrications sous licence dans le monde

Jeep Willys / CJ · 1941–1945 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Au-delà des cas les mieux documentés dans ce corpus — le Japon avec Mitsubishi (voir Le Japon sous licence — 45 ans de Jeep Mitsubishi (1953-1998)) et la France avec Hotchkiss (voir La jeep militaire française : la Hotchkiss M201 (1955-1966, service jusqu'en 2000) et Les Jeep civiles françaises : JH, HWL et le réseau SOFIA) —, la Jeep a été fabriquée ou assemblée sous licence dans une trentaine de pays, souvent pendant plusieurs décennies. En voici les principaux jalons.

Amérique latine

En Argentine, IKA (Industrias Kaiser Argentina) fabrique des Jeep dès 1956, une activité qui se poursuit sous administration Chrysler aujourd'hui encore. Au Brésil, Willys-Overland do Brasil assemble la CJ-5 à partir de 1957 (marché fermé aux importations depuis 1954), avec dès 1958 un moteur 6-cylindres de 2,6 L d'origine locale ; en 1961 apparaît une version longue à quatre portes, la Willys Jeep 101 — surnommée « Bernardão » — dérivée du break Rural local. Ford rachète la filiale brésilienne le 9 octobre 1967 et poursuit la production sans changement majeur jusqu'en 1983, hormis l'adoption en 1976 d'un 4-cylindres Ford Pinto local, y compris en version à l'éthanol pur à partir de 1980. La marque Troller, rachetée par Ford do Brasil en 2007, perpétue aujourd'hui l'esprit du modèle avec son T4 à carrosserie en fibre de verre. Le Mexique voit de son côté VAM (Vehículos Automotores Mexicanos) fabriquer des Jeep de 1946 à 1987.

Europe (hors France)

En Espagne, la Compañía Auxiliar de Ferrocarriles, via sa filiale VIASA (Vehículos Industriales y Agrícolas), lance dès 1960 sa propre production dans son usine de Saragosse — une version longue de la CJ-3B, très proche de la Hotchkiss JH-101 française, sans qu'il y ait eu pour autant de transfert direct de chaîne de production entre les deux pays comme on l'a parfois affirmé à tort. Ses pièces sont marquées « WOE » (Willys Overland España), par distinction avec le marquage « WOF » des Hotchkiss françaises. Aux Pays-Bas, Nekaf (puis Kemper & Van Twist) assemble des Jeep de 1954 à 1962. Au Portugal, la société lisboète Bravia Sarl assemble dans les années 1960-1980 environ 500 exemplaires de type Kaiser M-201, à partir de pièces espagnoles EBRO et VIASA, pour équiper les bases aériennes américaines et l'armée américaine alors stationnées dans le pays. En Turquie, Türk Willys Overland Ltd ouvre dès 1954, à Tuzla, la toute première usine de véhicules tout-terrain du pays.

Asie, Moyen-Orient et Océanie

En Inde, Mahindra & Mahindra fabrique des Jeep sous licence depuis les années 1960 — d'abord dérivées de la CJ-3B, jusqu'à sa propre « Mahindra Major » qui clôt en 2010 la carrière mondiale de cette architecture. Deux versions locales notables, la CJ 340 (quatre places) et la CJ 540 (six places), sont motorisées par des blocs Peugeot. En Iran, Pars Khodro décline plusieurs modèles (ShahBaaz sur base DJ, Sahra sur base Wrangler/CJ, Ahoo sur base Wagoneer). En Israël, la société Automotive Industries (AIL) construit aujourd'hui encore des dérivés du Wrangler sous l'appellation Storm/Sufa. En Corée du Sud, plusieurs constructeurs locaux (Asia Motors, SsangYong, Kia) produisent des véhicules dérivés sans jamais utiliser la marque « Jeep » elle-même. En Australie, l'usine Willys Motors Australia de Rocklea (Queensland) équipe dans les années 1960 ses propres CJ-5/CJ-6 locales de moteurs 6-cylindres Ford Falcon australiens, sous l'appellation « Combat 6 » — une adaptation si spécifique et si mal documentée que l'identification d'un exemplaire aujourd'hui repose surtout sur l'historique de son ancien propriétaire.

Un cas à part : l'influence indirecte sur la Chine

Un partenariat industriel plus tardif, en 1984, donne naissance à Beijing Jeep Corporation, coentreprise sino-américaine qui assemble la Jeep Cherokee (XJ) — un jalon souvent cité comme la toute première coentreprise automobile occidentale en Chine populaire, bien en dehors du strict périmètre historique de ce corpus centré sur la MB et la CJ.

Deux influences à ne pas confondre avec une licence

Deux véhicules célèbres, directement inspirés de la jeep sans qu'il s'agisse pour autant d'une fabrication sous licence à proprement parler, méritent d'être distingués de ce panorama : le Land Rover britannique, dont le tout premier prototype de 1947 est littéralement construit sur un châssis de Willys MB de surplus (voir Land Rover : la postérité britannique la plus directe de la Jeep), et la GAZ-64/67 soviétique, dont la conception de 1941 s'inspire du concept général de la Bantam sans jamais avoir eu accès à ses plans (voir Du prototype à la série — les Bantam BRC-60 et BRC-40 (1940-1943)).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci