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§ 01 · Histoire et modèles

La Luce Rotary Coupé / Mazda R130 (1969-1972) — la première Mazda à traction avant

Mazda Cosmo Sport / Familia Rotary-R100 · 1967–1972 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Aux côtés de la Cosmo Sport et de la Familia Rotary/R100, un troisième modèle fondateur complète la première génération de voitures particulières rotatives de Toyo Kogyo : la Luce Rotary Coupé, badgée R130 sur les rares exemplaires ayant quitté le Japon. Moins connue que ses deux compagnes, elle mérite une place dans ce dossier pour une raison précise : c'est la toute première Mazda à roues avant motrices.

Une carrosserie signée Bertone, un moteur inédit

Présentée en avant-première au Salon de l'automobile de Tokyo à l'automne 1967 sous le nom de code RX-87, aux côtés du RX-85 qui deviendra la Familia Rotary (voir Familia Rotary Coupé / Mazda R100 (1968-1973) — fiche véhicule complète), la voiture reprend la carrosserie de la berline Luce 1500, dessinée par le carrossier italien Bertone et dévoilée dès août 1966 — une attribution de design ici solidement établie, contrairement à l'incertitude qui entoure la Familia de seconde génération (voir Qui a dessiné la carrosserie du R100 ? Un débat non tranché autour de Bertone). La ligne du coupé RX-87, avec sa poupe tronquée et ses lignes tendues, rappelle tour à tour l'Alfa Romeo Giulia coupé et la Chevrolet Corvair de deuxième génération.

Un moteur 13A distinct de la lignée 10A/12A/13B

Sous le capot, la Luce Rotary Coupé abandonne le quatre-cylindres 1 490 cm³ de la berline Luce pour un birotor inédit, le 13A, de 1 310 cm³ — un moteur dont les cotes internes n'ont aucun rapport avec le 13B qui héritera plus tard du même préfixe numérique dans la nomenclature Mazda. Monté longitudinalement à l'avant et attaquant une boîte-pont à quatre rapports, ce moteur fait de la Luce Rotary Coupé la première traction avant de l'histoire de Toyo Kogyo — un choix d'architecture qui restera longtemps sans suite : la marque ne proposera plus aucune autre Mazda de série à moteur rotatif et traction avant par la suite, y compris après avoir généralisé la traction avant sur ses modèles à pistons à partir de 1980.

Un coupé de luxe plutôt qu'une sportive

Lancée en octobre 1969 sous le nom commercial Luce Rotary Coupé (ou R130), la voiture développe 126 ch à 6 000 tr/min et 172 N·m de couple à 3 500 tr/min — moins de puissance que le moteur de la Cosmo Sport Série II contemporaine, mais nettement plus de couple. Sa suspension avant à double triangulation utilise des ressorts à lame de torsion en caoutchouc plutôt que des ressorts hélicoïdaux classiques, tandis que l'arrière, à roues avant motrices oblige, adopte des bras semi-tirés avec ressorts hélicoïdaux. Toyo Kogyo positionne délibérément la voiture comme un coupé de luxe personnel plutôt que comme une sportive, avec une insonorisation soignée et une présentation intérieure cossue, vendue entre 1 450 000 et 1 750 000 yens selon la finition (la version « Super Deluxe » incluant la climatisation). Le coupé, dépourvu de montant central, est un authentique « hardtop » à quatre glaces sans encadrement.

Une confidentialité assumée

Avec 4 585 mm de long pour un empattement de 2 580 mm et près de 1 285 kg en finition Super Deluxe, la Luce Rotary Coupé est la plus grande voiture particulière construite par Toyo Kogyo à cette date. Elle n'est proposée qu'en conduite à droite et, à la connaissance des historiens spécialisés, jamais officiellement exportée — même si quelques exemplaires isolés ont fini par rejoindre des marchés comme l'Australie ou l'Afrique du Sud par des voies commerciales parallèles. Sa taille, sa consommation et son prix élevé en font une voiture rare jusque sur son propre marché domestique : seuls 976 exemplaires sont construits avant l'arrêt de la production en 1971, faisant d'elle l'un des modèles rotatifs les plus confidentiels de toute l'histoire de la marque.

Une remplaçante plus sage

En octobre 1972, la place de la Luce Rotary Coupé dans la gamme est reprise par un coupé à propulsion classique (roues arrière motrices), dérivé de la génération suivante de la Luce et commercialisé sur certains marchés sous le nom RX-4 — un retrait discret de l'expérience de traction avant, qui referme cette parenthèse technique — Toyo Kogyo ne la rouvrira jamais sur un modèle rotatif ultérieur.

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com + recoupements Classic Motorsports (commentaires de lecteurs propriétaires)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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