Le record de Nardò (août 1983) — trois records du monde avant même la présentation officielle
Une opération de démonstration avant même le lancement commercial
Avant même sa présentation officielle au Salon de Francfort de septembre 1983, la future 190 E 2.3-16 doit faire ses preuves de fiabilité — un enjeu crucial pour Mercedes-Benz, qui aborde pour la première fois le segment des berlines compactes et ne peut se permettre le moindre doute sur la robustesse de sa version la plus sportive. La marque loue à cet effet l'anneau de vitesse de Nardò, dans les Pouilles (Italie), un circuit de 12,64 km de circonférence dont le profil légèrement incliné permet de rouler à plus de 240 km/h quasiment sans effort latéral sur le volant.
Huit jours et huit nuits sans interruption
Du 13 au 21 août 1983, sous la supervision stricte de 102 commissaires sportifs de la FIA, trois Mercedes 190 E 2.3-16 identifiées par couleur (verte, rouge et blanche) s'élancent pour un marathon de 50 000 km. Les voitures ne sont que légèrement modifiées par rapport à la version de série à venir : caisse abaissée de 15 mm, bavette avant rallongée de 20 mm, ventilateur de refroidissement supprimé, direction assistée remplacée par une direction mécanique, suspension autonivelante à l'avant, cinquième rapport de boîte allongé pour atteindre 250 km/h à 6 000 tr/min, marche arrière supprimée (jugée inutile et coûtant, selon les calculs des ingénieurs, 0,4 km/h de vitesse de pointe), réservoirs portés à 160 litres contre 70 en série. Dix-huit pilotes se relaient à raison de six par voiture, changeant toutes les deux heures et demie lors d'arrêts au stand chronométrés à 20 secondes — au total, 243 arrêts sont nécessaires sur l'ensemble du marathon, incluant changements de pneus (tous les 8 500 km à l'arrière, 17 000 km à l'avant), vidanges et contrôle du jeu aux soupapes. Aucune des pièces de rechange embarquées, comme l'exigeait le règlement, n'aura finalement été nécessaire — à l'exception d'un axe de rotor de distributeur cassé sur l'une des trois voitures (une pièce de quelques centimes), immobilisée trois heures le temps d'une réparation sur place, la règlementation interdisant son remplacement pur et simple.
Trois records du monde, un chiffre de records internationaux qui varie selon les sources
Après 201 heures, 39 minutes et 43 secondes d'effort (la source francophone Wikipédia avance 49 secondes, écart mineur non résolu), deux des trois voitures ont bouclé les 50 000 km à une vitesse moyenne de 247,9 km/h (154,06 mph selon la conversion anglo-saxonne), établissant ainsi trois records du monde de vitesse et d'endurance. Le nombre de records internationaux de catégorie obtenus en complément varie selon les sources consultées : neuf selon le site spécialisé mb190e16v.com, douze selon Wikipédia anglophone — une divergence non résolue à ce stade, consignée dans sources/verification-croisee.md. L'une des trois voitures de ce record est aujourd'hui visible au musée Mercedes-Benz de Stuttgart.
Une manœuvre de communication redoutablement efficace
Ce marathon n'a rien d'un accident de parcours : il s'agit d'une opération de communication délibérée, destinée à établir la réputation de fiabilité du modèle avant même que le grand public ne le découvre. Le pari est réussi — lorsque la 190 E 2.3-16 est officiellement dévoilée au Salon de Francfort le mois suivant, sa réputation de robustesse extrême la précède déjà. Le magazine britannique Top Gear résume plus tard l'exploit sur un ton badin en notant que l'équivalent de plusieurs vidanges réglementaires a défilé en une seule semaine sans la moindre anicroche mécanique majeure. Point de vigilance méthodologique : contrairement à une confusion parfois répandue, ce marathon d'endurance ne doit pas être confondu avec un second événement, bien distinct, qui associera l'année suivante une brochette de champions du monde de Formule 1 sur des 190 E identiques — non pas à Nardò, mais au Nürburgring, et non pour battre un record d'endurance, mais dans le cadre d'une course de démonstration. Voir La course des champions du Nürburgring (12 mai 1984) : la victoire fondatrice d'Ayrton Senna pour le détail de ce second événement et sources/verification-croisee.md pour l'analyse complète de cette distinction.
Voir aussi
- Pourquoi Cosworth ? La genèse de la 190 E 2.3-16, du rallye-Groupe B au tarmac du DTM · Le lancement de la 190 E 2.3-16 — de Francfort 1983 à la production de série en 1984 · La course des champions du Nürburgring (12 mai 1984) : la victoire fondatrice d'Ayrton Senna · Le « taxi de Stuttgart » : enquête sur un surnom, et la vraie légende de fiabilité qui l'entoure
- Site source
- mb190e16v.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://mb190e16v.com/history/ ↗
- Pourquoi Cosworth ? La genèse de la 190 E 2.3-16, du rallye-Groupe B au tarmac du DTMMercedes-Benz 190 E 2.3-16 / 2.5-16 « Cosworth » · Histoire et modèles
- La course des champions du Nürburgring (12 mai 1984) : la victoire fondatrice d'Ayrton SennaMercedes-Benz 190 E 2.3-16 / 2.5-16 « Cosworth » · Histoire et modèles
- Le « taxi de Stuttgart » : enquête sur un surnom, et la vraie légende de fiabilité qui l'entoureMercedes-Benz 190 E 2.3-16 / 2.5-16 « Cosworth » · Histoire et modèles
- Le lancement de la 190 E 2.3-16 — de Francfort 1983 à la production de série en 1984Mercedes-Benz 190 E 2.3-16 / 2.5-16 « Cosworth » · Histoire et modèles
- Pourquoi Cosworth ? La genèse de la 190 E 2.3-16, du rallye-Groupe B au tarmac du DTMMercedes-Benz 190 E 2.3-16 / 2.5-16 « Cosworth »
- La course des champions du Nürburgring (12 mai 1984) : la victoire fondatrice d'Ayrton SennaMercedes-Benz 190 E 2.3-16 / 2.5-16 « Cosworth »
- Le « taxi de Stuttgart » : enquête sur un surnom, et la vraie légende de fiabilité qui l'entoureMercedes-Benz 190 E 2.3-16 / 2.5-16 « Cosworth »
- Le lancement de la 190 E 2.3-16 — de Francfort 1983 à la production de série en 1984Mercedes-Benz 190 E 2.3-16 / 2.5-16 « Cosworth »