L'Evolution II (1990) : quand la Mercedes la plus sage devient la plus extrême
Une rupture visuelle totale avec l'image Mercedes
Présentée au Salon de Genève de mars 1990, un an tout juste après l'Evolution I, la 190 E 2.5-16 Evolution II pousse la logique de l'homologation sportive jusqu'à son terme le plus spectaculaire. L'Evolution I ayant déjà exploité l'essentiel des marges disponibles en matière de préparation mécanique, d'allégement et de rigidification, il ne reste plus aux ingénieurs que les pneumatiques, les freins et surtout l'aérodynamique pour continuer à progresser. Le résultat visuel — bas de caisse profilés, ailes élargies, becquet de custode, et surtout un immense aileron arrière réglable manuellement, le plus grand jamais monté sur une berline Mercedes-Benz de série — tranche radicalement avec l'image sobre et discrète que la marque a toujours cultivée, y compris sur ses versions sportives. Mercedes-Benz assume pleinement ce choix : la carrosserie, aussi inhabituelle soit-elle pour la marque, résulte d'un travail purement fonctionnel mené en soufflerie par le professeur Richard Eppler, de l'université de Stuttgart.
Un travail de soufflerie qui a fait forte impression
Le kit carrosserie, entièrement en fibre de verre, permet de réduire le coefficient de traînée (Cx) à 0,29 tout en augmentant l'appui aérodynamique — une performance remarquable pour une carrosserie affublée d'un tel aileron. L'anecdote la plus célèbre associée à ce kit concerne le directeur du développement de BMW, Wolfgang Reitzle, qui aurait ironisé à l'annonce de la voiture : « Les lois de l'aérodynamique doivent être différentes entre Munich et Stuttgart — si cet aileron fonctionne vraiment, il va falloir reconstruire notre soufflerie. » Selon plusieurs sources concordantes reprenant cette anecdote (Wikipédia anglophone, autoevolution, mb190e16v.com), BMW aurait effectivement fini par moderniser ses installations. Cette anecdote, largement reprise dans la presse automobile anglophone, n'a pas pu être recoupée auprès d'une source primaire directement attribuable à Wolfgang Reitzle lui-même ; elle est ici rapportée comme telle, au conditionnel.
Un moteur culminant à 235 ch en version route
Techniquement, l'Evolution II reprend le même moteur court-course de 2 463 cm³ que l'Evolution I, mais équipé de série du kit AMG Power Pack (optionnel sur l'Evo I) : la puissance atteint 235 ch à 7 200 tr/min pour un couple de 245 Nm à 5 000 tr/min. La suspension à hauteur pilotable électroniquement (SLS) est également généralisée. Comme sa devancière, l'Evolution II est produite à très exactement 502 exemplaires : 500 en bleu-noir métallique, les deux derniers (numéros 501 et 502) en argent Astral, ce qui en fait les versions les plus rares de toute la lignée Evolution. Le prix de vente en 1990 s'élevait à 136 720 DM. C'est la version de la lignée 190 E 16 soupapes qui aura la carrière la plus courte : produite uniquement sur 1990-1991.
L'aboutissement esthétique et sportif de la lignée
Sur le plan sportif, c'est bien la 2.5-16 Evolution II, engagée en version course très fortement préparée par AMG (puissance largement supérieure à 300 ch, voir Le moteur de compétition DTM — de 240 à plus de 370 ch sur la même base 2,3/2,5 litres), qui offrira à Mercedes-Benz ses meilleurs résultats en DTM, dont le titre pilotes 1992 de Klaus Ludwig — voir Le DTM 1985-1993 : de l'outsider privé au double titre constructeurs Mercedes-Benz. Aujourd'hui reconnue comme l'un des sommets de la lignée W201 et l'une des Mercedes-Benz les plus recherchées par les collectionneurs, l'Evolution II atteint des enchères dépassant fréquemment plusieurs centaines de milliers d'euros — voir La cote de la 190 E 16 soupapes — de la youngtimer abordable au record d'enchères à six chiffres.
Voir aussi
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- Site source
- en.wikipedia.org / mb190e16v.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Mercedes-Benz_W201 ↗
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