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§ 02 · Moteur

L'accord de licence Wankel-NSU et les premiers records sur cyclomoteur (1951-1958)

NSU Ro 80 · 1967–1977 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

L'accord industriel entre Felix Wankel et NSU (voir Felix Wankel — biographie de l'inventeur du moteur rotatif) ne débouche pas immédiatement sur un moteur automobile. Dans un premier temps, Wankel travaille comme simple consultant pour le constructeur de Neckarsulm, sur deux applications bien plus modestes : l'adaptation de son principe de soupape rotative aux moteurs de motocyclette, puis la conception d'un compresseur rotatif original destiné à suralimenter des petits moteurs. C'est cette seconde piste qui fournit, dès 1954, la toute première démonstration publique et spectaculaire du génie de Wankel : NSU installe l'un de ses compresseurs rotatifs sur un cyclomoteur Quickly de 49 cm³ (à l'origine crédité de 1,4 PS), portant sa puissance à environ 13 PS sous 2,8 bars de suralimentation, et bat avec cette machine modifiée plusieurs records de vitesse sur le lac salé de Bonneville, aux États-Unis.

Convaincre un conseil d'administration prudent

Tout au long de cette collaboration, Wankel presse la direction de NSU — en particulier le directeur général Gerd Stieler von Heydekampf — de financer le développement d'un authentique moteur rotatif à combustion interne, et non plus seulement des applications dérivées comme le compresseur. NSU n'étant pas alors une entreprise en excédent de capitaux, il faut trois années entières et une insistance soutenue avant que le conseil n'accepte enfin de franchir le pas.

Wankel GmbH : la structure qui organise les redevances

L'accord finalement conclu passe par une société de portefeuille, Wankel GmbH, montée par Wankel avec son associé en affaires Ernst Hutzenlaub. Cette structure garantit à Wankel et Hutzenlaub une part substantielle — 40 % dans un premier temps — de l'ensemble des revenus tirés par NSU de l'exploitation du moteur rotatif, qu'il s'agisse des ventes de moteurs NSU elle-même ou des redevances versées par les licenciés extérieurs (voir Les licenciés du moteur Wankel dans le monde — NSU au centre d'un réseau industriel mondial). Ce montage se révélera déterminant pour la suite : les redevances de licence deviendront, tout au long des années 1960, l'une des ressources financières les plus solides d'une entreprise par ailleurs de taille modeste — au point de financer une bonne part du développement de la future Ro 80.

Deux visions techniques qui s'affrontent déjà

Dès les tout premiers essais du prototype de Wankel — le DKM 54 (Drehkolbenmotor, moteur à piston tournant), où rotor et carter tournent tous deux autour d'un axe fixe —, l'équipe de recherche de NSU dirigée par Walter Fröde juge la conception impraticable pour un usage automobile, hormis peut-être pour des applications fixes. Fröde développe alors une architecture alternative jugée bien plus exploitable industriellement : le désaccord technique qui oppose Wankel lui-même à cette réorientation — et la solution finalement adoptée — sont détaillés dans DKM contre KKM — la querelle technique qui a façonné le moteur Wankel industriel.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com (+ recoupements ro80club.org)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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